Deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime de Bassirou Diomaye Faye, le secteur de l’éducation présente un bilan contrasté, marqué par des avancées notables mais aussi des insuffisances majeures. C’est l’analyse faite par Cheikh Mbow, directeur exécutif de la coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep). Dans son évaluation, il s’appuie sur trois axes : l’accès, la gouvernance et la qualité du système éducatif.
Des efforts dans l’accès, mais plus d’un million d’enfants toujours hors école
Sur la question de l’accès, Cheikh Mbow salue le renforcement des Daara et la promotion de la formation professionnelle, notamment à travers les ateliers d’apprentissage.
Cependant, il souligne un défi majeur : « Plus d’un million d’enfants restent toujours hors des structures éducatives ». Malgré les dispositions fortes de la loi d’orientation, visant à garantir l’éducation pour tous les enfants de 6 à 16 ans, le taux de scolarisation peine à dépasser les 85% ; de même, le taux de préscolarisation peine à atteindre les 20%. À cela s’ajoutent des déficits en enseignants, en salles de classe et en infrastructures adaptées.
Sur le plan de la gouvernance, le directeur Exécutif de la Cosydep salue l’ouverture du ministre de l’Éducation nationale. Il cite également la tentative de stabilisation du système à travers un pacte de stabilité sociale. Toutefois, ce processus reste peu inclusif, certains syndicats de l’enseignement n’y ayant pas adhéré.
En parallèle, les perturbations persistent avec des mouvements de grève récurrents qui font que plus de 150 heures de cours sont à ce jour perdues ; le système est jugé encore « fragile et instable ».
Autre faiblesse pointée : le manque de données actualisées, un frein majeur à la planification efficace des politiques éducatives.
Concernant la qualité, Cheikh Mbow relève comme point positif le développement des LYNAQES (Lycées Nation-Armée pour la qualité et l'équité), ainsi que les efforts de recrutement d’enseignants (2 000 en mode spécial, puis 4 000 cette année, 500 pour l'enseignement supérieur).
Mais ces mesures restent insuffisantes face aux besoins. Selon lui, il faudrait recruter environ 7 000 enseignants par an pour combler le déficit.
Les performances scolaires demeurent préoccupantes, avec une baisse des résultats au baccalauréat. « Sur 10 candidats, 5 échouent ». Sur ce, le nouveau régime doit multiplier les efforts.
Il insiste également sur les conditions d’apprentissage ou cadre d'apprentissage, souvent précaires avec des écoles sans eau ni électricité, l'absence de clôture et de sécurité, les infrastructures insuffisantes ou inadaptées, notamment dans les zones rurales et périphériques.
Un appel à une refondation en profondeur
Face à ces constats, la Cosydep appelle à une refondation globale du système éducatif, promesse phare du régime. Cette réforme devrait, selon Cheikh Mbow, revoir les curricula et les méthodes d’enseignement, repenser les mécanismes d’évaluation et d’orientation, mieux intégrer la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, et accélérer la transformation numérique du système.
Il plaide également pour une actualisation du cadre normatif, notamment la loi d’orientation de 1991, jugée obsolète face aux réalités actuelles. "Le contexte de 91 ne peut pas gouverner celui de 2026 ! De même un code de l'enfant doit être adopté. Vous avez suivi ce qui s'est passé avec les actes de pédocriminalité qui ont déclenché l’affaire en cours sur l’homosexualité et la transmission volontaire du SIDA dont les principales victimes sont les enfants : nos enfants sont très peu protégés !"
Des efforts dans l’accès, mais plus d’un million d’enfants toujours hors école
Sur la question de l’accès, Cheikh Mbow salue le renforcement des Daara et la promotion de la formation professionnelle, notamment à travers les ateliers d’apprentissage.
Cependant, il souligne un défi majeur : « Plus d’un million d’enfants restent toujours hors des structures éducatives ». Malgré les dispositions fortes de la loi d’orientation, visant à garantir l’éducation pour tous les enfants de 6 à 16 ans, le taux de scolarisation peine à dépasser les 85% ; de même, le taux de préscolarisation peine à atteindre les 20%. À cela s’ajoutent des déficits en enseignants, en salles de classe et en infrastructures adaptées.
Sur le plan de la gouvernance, le directeur Exécutif de la Cosydep salue l’ouverture du ministre de l’Éducation nationale. Il cite également la tentative de stabilisation du système à travers un pacte de stabilité sociale. Toutefois, ce processus reste peu inclusif, certains syndicats de l’enseignement n’y ayant pas adhéré.
En parallèle, les perturbations persistent avec des mouvements de grève récurrents qui font que plus de 150 heures de cours sont à ce jour perdues ; le système est jugé encore « fragile et instable ».
Autre faiblesse pointée : le manque de données actualisées, un frein majeur à la planification efficace des politiques éducatives.
Concernant la qualité, Cheikh Mbow relève comme point positif le développement des LYNAQES (Lycées Nation-Armée pour la qualité et l'équité), ainsi que les efforts de recrutement d’enseignants (2 000 en mode spécial, puis 4 000 cette année, 500 pour l'enseignement supérieur).
Mais ces mesures restent insuffisantes face aux besoins. Selon lui, il faudrait recruter environ 7 000 enseignants par an pour combler le déficit.
Les performances scolaires demeurent préoccupantes, avec une baisse des résultats au baccalauréat. « Sur 10 candidats, 5 échouent ». Sur ce, le nouveau régime doit multiplier les efforts.
Il insiste également sur les conditions d’apprentissage ou cadre d'apprentissage, souvent précaires avec des écoles sans eau ni électricité, l'absence de clôture et de sécurité, les infrastructures insuffisantes ou inadaptées, notamment dans les zones rurales et périphériques.
Un appel à une refondation en profondeur
Face à ces constats, la Cosydep appelle à une refondation globale du système éducatif, promesse phare du régime. Cette réforme devrait, selon Cheikh Mbow, revoir les curricula et les méthodes d’enseignement, repenser les mécanismes d’évaluation et d’orientation, mieux intégrer la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, et accélérer la transformation numérique du système.
Il plaide également pour une actualisation du cadre normatif, notamment la loi d’orientation de 1991, jugée obsolète face aux réalités actuelles. "Le contexte de 91 ne peut pas gouverner celui de 2026 ! De même un code de l'enfant doit être adopté. Vous avez suivi ce qui s'est passé avec les actes de pédocriminalité qui ont déclenché l’affaire en cours sur l’homosexualité et la transmission volontaire du SIDA dont les principales victimes sont les enfants : nos enfants sont très peu protégés !"
Passer d'une phase de diagnostic à une phase d'exécution rapide
Enfin, Cheikh Mbow insiste sur l’urgence de passer du diagnostic à l’action, en augmentant notamment les budgets de fonctionnement des établissements. « Le changement devant se faire dans et autour des écoles ».
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