Militants de Madame Tall, Excusez le président.


Le statut d’homme ou de femme politique n’est pas incompatible avec une certaine élégance républicaine. Celle -ci commande tenue et retenue aux citoyens qui ont choisi de se sacrifier pour leurs concitoyens. La fonction politique revêt à certains égards un caractère sacerdotal. Donner et se donner sans rien attendre.
Et pourtant, l’entorse majeure à ces règles élémentaires de savoir-vivre politique rabaisse l’estime que doivent inspirer les personnes qui ont choisi de se mettre en tête de peloton.
Les partisans de Mme Aminata Tall, ci-devant présidente du conseil économique et social ne lui rendent guère service en l’obligeant à leur lancer un appel au calme. C’en était assez en effet de toutes ces sorties, discourtoises, irrespectueuses et fielleuses contre Celle qui va remplacer Mme Tall. Le choix porté sur Aminata Touré était même interprété comme la conséquence d’un complot orchestré et ourdi contre Mme Tall.De là à penser que ce décret de destitution /nomination a été rédigé par le président avec un pistolet posé sur la tempe…… Comme si le président était privé de toute capacité de discernement. Comme si une cécité circonstancielle empêchait de voir le profil idéal pour donner à cette institution l’impulsion nécessaire à son « Fast-track ». Une formule qui se traduirait tout bonnement par une « accélération de la cadence ». Cela ne vous rappelle rien ?
Et pourtant, en 2014, au lendemain des locales perdues par le pouvoir à Grand Yoff, Mimi Touré a été presque la seule à perdre son poste. Tous ses autres collègues du gouvernement avaient été recasés à l’époque. Trainée dans la boue et calomniée, l’a-ton entendue une seule fois dénoncer une décision qui à bien des égards pouvait être considérée comme injuste ? A-t-elle crié sur les toits, ameuté la galerie, ou brocardé son successeur ? Oh que non. Elle se contentait de reprendre place sagement dans les rangs, marquant à toutes les occasions sa fidélité à celui qui détient le pouvoir de nommer aux postes civils et militaires ?
Voilà une attitude qui devrait inspirer les militants qui se trompent de cible confondant l’ombre et la proie. Mimi Touré est surement d’une grande compétence te d’une intelligence remarquable, toutefois pas au point de procéder elle-même au choix de sa personne au poste de présidente du CESE. Les partisans de Mme Tall excuseront le président Sall d’avoir pensé qu’ils avaient chacun une profession et que l’éphémère fonction politique ne devait être qu’une parenthèse, qui une fois refermée, permettrait aux uns et aux autres de servir leur pays chacun dans son domaine d’activité. Il ne s’agit pas de perdre des privilèges mais tout au plus de les remettre entre les mains de celui qui nous les avait confiés.
La question qui taraude l’esprit est : que peut bien prouver encore Mme Tall qu’elle n’ait déjà fait en six ans ?
Ne devrait-elle pas s’enorgueillir plutôt d’avoir posé ses pas sur le sillon tracé par D’Arboussier, Magatte Lo, Famara Ibrahima Sagna ou Ousmane Masseck Ndiaye ? Même si ces illustres personnages ont su, à leur époque, faire du CES une institution respectable qui n’avait pas pour limite uniquement la remise annuelle d’un rapport au président en attendant l’année suivante.
S’il est indéniable que l’ex-président du Conseil économique social et environnemental est une républicaine aguerrie pour avoir occupé à plusieurs reprises des fonctions ministérielles ou tout simplement étatiques, il est loisible de s’interroger sur son apport à l’institution qu’elle a dirigée de 2013 à 2019.
                                                    

KABB MALICK MBODJI
 
 
Samedi 18 Mai 2019
Dakaractu



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