Au Sénégal, la migration irrégulière continue de faucher les espoirs de milliers de jeunes, prêts à affronter l’océan au péril de leur vie. Entre chômage, pression sociale et mirage de l’eldorado européen, l’exil clandestin s’impose comme un drame national. C’est dans ce contexte que la Commission Internationale des Droits de l’Homme, Fonds et Secours (IHRC-RFT) a organisé un séminaire de haut niveau ce 29 janvier 2025, placé sous le thème : « Jeunesse, Migration et Opportunités Locales au Sénégal : Rester et Bâtir un Avenir Résilient ». Face à cette urgence, autorités, experts et organisations internationales appellent à une réponse ferme, axée sur l’emploi, la formation et des opportunités locales crédibles.
Selon les données de la Gendarmerie nationale, plus de 47.000 migrants ont atteint les îles Canaries en 2024, dont 20 % de nationalité sénégalaise, 43 % de Malien, 8% de Mauritanien. Pour 2025, 17.970 migrants ont déjà été enregistrés, à bord de 266 embarcations, dont 15 pirogues en provenance du Sénégal transportant 1.920 personnes.
Intervenant lors du séminaire, l’honorable Moussa Diakhaté, Directeur Exécutif de l’IHRC-RFT bureau Sénégal, a dressé un diagnostic sans complaisance : « La frange la plus dynamique de notre population quitte le pays dans des conditions indignes. Il y a des facteurs économiques, sociaux et une forte pression sociale. Nous devons briser l’illusion selon laquelle il faut forcément partir pour réussir. ». Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une réponse collective, impliquant l’État, la société civile, les partenaires internationaux et la jeunesse elle-même. Pour clore son propos, l’honorable député estime que la migration irrégulière constitue un défi majeur pour la jeunesse sénégalaise.« Il est urgent de déconstruire l’illusion selon laquelle il faut quitter le pays pour réussir », a-t-il déclaré.
Le criminologue Dr Djiby Diallo, conseiller spécial de l’IHRC-RFT a, pour sa part, souligné que le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance figurent parmi les principales causes du phénomène, appelant à des réformes structurelles dans l’éducation et la formation professionnelle. « La mauvaise gouvernance, le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise répartition des ressources sont des causes majeures de la migration. » à t-il relevé
Il appelle à des réponses structurelles, notamment par la réforme des programmes éducatifs, la formation aux compétences dès le plus jeune âge et une meilleure inclusion sociale : « Les conflits naissent souvent de la frustration et du sous-emploi des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est prévenir l’instabilité. »
Alors que des milliers de jeunes continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, les intervenants ont insisté sur un message central : la migration irrégulière n’est pas seulement un défi sécuritaire, mais un enjeu de développement, de dignité et d’avenir national. Ils ont ainsi plaidé pour un renforcement de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Migration Irrégulière (SNLMI) et un meilleur accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat local.
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