Le Pr Oumar Gaye suite à la demande d’explications du Lancet aux auteurs de l’étude sur la Chloroquine : « Si les réponses des auteurs ne sont concluantes, le papier doit être retiré »


Les auteurs de l’étude publiée dans la revue The Lancet, remettant en question l’efficacité de la chloroquine dans le traitement de la Covid-19 semblent dans leurs derniers retranchements. Après la demande d’explications émise par The New England Journal of Medecine (EJNM) sur une autre étude, c’est au tour de The Lancet d’en faire de même.
 
« D'importantes questions scientifiques ont été soulevées au sujet des données rapportées dans l'article de Mandeep Mehra et al — Hydroxychloroquine ou chloroquine avec ou sans macrolide pour le traitement de COVID-19: une analyse du registre multinational’, publié dans The Lancet le 22 mai 2020. Bien qu'un audit indépendant de la provenance et de la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression de préoccupation pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention. Nous mettrons à jour cet avis dès que nous aurons de plus amples informations », font savoir les responsables du Lancet.
 
Comme mentionné, ils donnent ainsi une suite favorable à la saisine d’une centaine de scientifiques qui, suite à la publication de l’étude menée par le Dr Mandeep Mehra et son équipe, avaient relevé des biais d’ordre méthodologique et se posaient des questions sur l’origine des données exploitées dans l’analyse rétrospective. Ces données ont été fournies aux chercheurs par Surgisphere dont le Directeur Général est co-auteur de l’étude controversée.
 
Contacté par Dakaractu, le Dr Sapan Desai dont le propos a été rapporté par Quintin Maidment de Bliss Integrated affirmait être dans l’impossibilité d'identifier les 671 hôpitaux impliqués dans l’étude dont les conclusions ont pourtant décidé l’Organisation mondiale de la Santé à suspendre les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine.
 
Cette décision, parmi tant d’autres est l’une des raisons pour lesquelles les 120 scientifiques ont demandé à avoir accès aux données prétendument exploitées par Mehra et CIE. Cosignataire de la « Lettre Ouverte », le Pr Oumar Gaye salue les développements notés dans cette affaire que d'aucuns voient comme un scandale.
 
Dans un entretien téléphonique avec Dakaractu, l’ancien chef du service Parasitologie médicale de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar est d’avis que les auteurs sont maintenant dos au mur. « Des scientifiques ont identifié des soucis avec l’étude du Lancet et la revue a réagi comme elle devait le faire. Maintenant les auteurs doivent répondre », commente le Directeur du Malaria Research Capacity Development Consortium en Afrique de l’Ouest et du Centre (MARCAD). 

Selon lui, « si les réponses fournies ne sont pas concluantes, l’étude doit être retirée du Lancet ». Ni plus ni moins.

Quoi qu’il en soit, le discrédit semble déjà jeté sur cette analyse observationnelle menée par quatre cardiologues. Dans leurs conclusions, la chloroquine et l’hydroxychloroquine utilisée seule ou avec un antibiotique ne seraient pas bénéfiques dans le traitement des malades Covid-19 et augmenteraient les risques d’arythmie cardiaque et de décès.
Mercredi 3 Juin 2020
Dakaractu



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