Dans une chronique parue au lendemain du lancement des concertations nationales sur la lutte contre la vie chère tenu dans la salle des banquets du Palais de la République, j’écrivais ceci, « En ce lundi 27 Septembre 2022, jamais les murs de la salle des banquets du Palais de la République n’avaient autant entendu parler dans cette enceinte, de pomme de terre, d’oignons, de carotte, d’huile, de sucre, de poisson de ciment entre autres. Et pourtant Dieu sait qu’ils en ont entendus, depuis le temps que ce haut lieu de la République abrite les réunions ou se déclinent les grandes décisions qui engagent l’avenir du pays ».
L’objectif de ces propos à l’époque n’était pas non point de dire que des débats autour de légumes et autres produits de consommation courante n’avaient pas leur place dans ce haut lieu pendant six tours d’horloge en présence de la plus haute autorité du pays en l’occurrence M. Le Président de la République. Au contraire, le but visé était d’attirer l’attention de tous, pour qu’on saisisse le symbolisme de l’instant à travers cette entrée presque fracassante d’un débat de cette nature au cœur de la République, pour finalement prendre les bonnes résolutions.
En effet, l’essentiel des débats et travaux qui ont suivi le lancement de ces concertations nationales à travers les différentes commissions, ont tourné principalement sur les voies et moyens de freiner la hausse vertigineuse des prix des denrées de consommation courante. L’exercice de prime à bord était difficile surtout dans un contexte où l’État du Sénégal n’avait aucune emprise sur des faits et phénomènes exogènes tels que la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les changements climatiques avec leurs cortèges d’effets collatéraux sur les cours des marchés mondiaux particulièrement des céréales.
S’attaquer à la volatilité des prix, est un exercice noble pour tout État soucieux des conditions de vie de sa population dont l’essentiel subi les rigueurs d’un quotidien, dues en grande partie à un faible pouvoir d’achat. Et pour cela, la tentation est grande en urgence de subventionner à tours de bras pour bloquer les prix et mettre en place un dispositif de veille et d’alerte sur les pratiques illicites de certains commerçants.
Pour le cas du Sénégal, force est de reconnaitre que la volonté des autorités ne souffrait d’aucune contestation ; l’État y étant allé d’ailleurs pour ce qui est des subventions plus que de raison au point de devoir faire face à des remontrances de certaines institutions internationales sur des soi-disant limites qu’il ne fallait pas franchir. Par exemple, si le pain n’avait pas été subventionné, la baguette aurait couté 300 francs au lieu de 150 francs avait rappelé le Président de la République, pareil pour les engrais et autres intrants agricoles.
A l’heure du bilan s’il faut en tirer un, deux ans après ces débats, sans risque de se tromper on peut affirmer qu’il reste du chemin à faire et le combat n’est pas gagné d’avance car les facteurs exogènes cités plus haut risquent d’avoir raison de la seule bonne volonté de nos autorités.
Bâtir notre souveraineté alimentaire
Ce jour du lancement des concertations, premier contact du Président de la République avec la nouvelle équipe que venait de constituer son Premier Ministre Amadou Ba, la lueur d’espoir provenait de la nouvelle dénomination du ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural auquel on avait adjoint la Souveraineté alimentaire. C’était rassurant ; la preuve qu’au sommet de l’État, on avait compris qu’intervenir directement sur les prix pour soulager les ménages ne devrait pas nous détourner de la solution structurelle consistant à bâtir une vraie politique qui nous départisse de notre dépendance historique aux marchés mondiaux, principalement des céréales, singulièrement du riz. Mais à vrai dire, en être conscient ne suffit pas. Les actes doivent suivre et sur ce plan, aucune décision forte n’a été prise dans ce sens à notre connaissance. Cette semaine, un excellent reportage dans le JT du 20 heures de la RTS dans une boulangerie à Dakar intégrant des produits du terroir dans la fabrication du pain (mil, moringas) pourrait suffire à réorienter notre gouverne.
Sans nul doute, d’autres arguments scientifiques beaucoup plus convainquant existent à ce sujet.
Le théologien Kierkegaard disait que ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin. Faisons nôtre cette réflexion de ce célèbre théologien danois en nous engageant résolument sur le chemin de la souveraineté alimentaire, en produisant ce que nous mangeons et mangeant ce que nous produisons.
De toute façon, dans un avenir proche, nous n’aurons plus le choix.
L’objectif de ces propos à l’époque n’était pas non point de dire que des débats autour de légumes et autres produits de consommation courante n’avaient pas leur place dans ce haut lieu pendant six tours d’horloge en présence de la plus haute autorité du pays en l’occurrence M. Le Président de la République. Au contraire, le but visé était d’attirer l’attention de tous, pour qu’on saisisse le symbolisme de l’instant à travers cette entrée presque fracassante d’un débat de cette nature au cœur de la République, pour finalement prendre les bonnes résolutions.
En effet, l’essentiel des débats et travaux qui ont suivi le lancement de ces concertations nationales à travers les différentes commissions, ont tourné principalement sur les voies et moyens de freiner la hausse vertigineuse des prix des denrées de consommation courante. L’exercice de prime à bord était difficile surtout dans un contexte où l’État du Sénégal n’avait aucune emprise sur des faits et phénomènes exogènes tels que la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les changements climatiques avec leurs cortèges d’effets collatéraux sur les cours des marchés mondiaux particulièrement des céréales.
S’attaquer à la volatilité des prix, est un exercice noble pour tout État soucieux des conditions de vie de sa population dont l’essentiel subi les rigueurs d’un quotidien, dues en grande partie à un faible pouvoir d’achat. Et pour cela, la tentation est grande en urgence de subventionner à tours de bras pour bloquer les prix et mettre en place un dispositif de veille et d’alerte sur les pratiques illicites de certains commerçants.
Pour le cas du Sénégal, force est de reconnaitre que la volonté des autorités ne souffrait d’aucune contestation ; l’État y étant allé d’ailleurs pour ce qui est des subventions plus que de raison au point de devoir faire face à des remontrances de certaines institutions internationales sur des soi-disant limites qu’il ne fallait pas franchir. Par exemple, si le pain n’avait pas été subventionné, la baguette aurait couté 300 francs au lieu de 150 francs avait rappelé le Président de la République, pareil pour les engrais et autres intrants agricoles.
A l’heure du bilan s’il faut en tirer un, deux ans après ces débats, sans risque de se tromper on peut affirmer qu’il reste du chemin à faire et le combat n’est pas gagné d’avance car les facteurs exogènes cités plus haut risquent d’avoir raison de la seule bonne volonté de nos autorités.
Bâtir notre souveraineté alimentaire
Ce jour du lancement des concertations, premier contact du Président de la République avec la nouvelle équipe que venait de constituer son Premier Ministre Amadou Ba, la lueur d’espoir provenait de la nouvelle dénomination du ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural auquel on avait adjoint la Souveraineté alimentaire. C’était rassurant ; la preuve qu’au sommet de l’État, on avait compris qu’intervenir directement sur les prix pour soulager les ménages ne devrait pas nous détourner de la solution structurelle consistant à bâtir une vraie politique qui nous départisse de notre dépendance historique aux marchés mondiaux, principalement des céréales, singulièrement du riz. Mais à vrai dire, en être conscient ne suffit pas. Les actes doivent suivre et sur ce plan, aucune décision forte n’a été prise dans ce sens à notre connaissance. Cette semaine, un excellent reportage dans le JT du 20 heures de la RTS dans une boulangerie à Dakar intégrant des produits du terroir dans la fabrication du pain (mil, moringas) pourrait suffire à réorienter notre gouverne.
Sans nul doute, d’autres arguments scientifiques beaucoup plus convainquant existent à ce sujet.
Le théologien Kierkegaard disait que ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin. Faisons nôtre cette réflexion de ce célèbre théologien danois en nous engageant résolument sur le chemin de la souveraineté alimentaire, en produisant ce que nous mangeons et mangeant ce que nous produisons.
De toute façon, dans un avenir proche, nous n’aurons plus le choix.
Abdoulaye Sakou Faye journaliste
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