Gouvernement et groupes armés s’accordent à Addis-Abeba pour la paix en RCA


Lorsqu’ils se sont réunis en plénière pour la deuxième fois ce mercredi 20 mars, au Siege de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Ethiopie), c’est pour annoncer que le consensus a été trouvé entre les deux parties, gouvernement et groupes armés, pour avancer dans la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation en RCA.

Quelques heures auparavant, la même salle accueillait les mêmes interlocuteurs, mais pour permettre « aux parties centrafricaines de se retrouver en famille », comme le précise le Commissaire Paix et sécurité, Smail Chergui. Le moment était davantage dédié à l’exhortation des parties au dépassement de soi et à l’esprit de compromis…

 

Le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, y a pris part, entre autres pour rappeler que « la paix définitive et en RCA est à portée de votre main. Tout dépend de votre volonté ». Et d’ajouter : « ce que vous êtes en train de réaliser vous honore, honore votre peuple et le continent tout entier ».

 

Les consultations auront été longs et, a bien des égards, complexes. Trois jours d’intenses discussions durant lesquelles l’incertitude a peu à peu laissé place à l’optimisme. En effet, le mardi 9 mars, la délégation gouvernementale, conduite par le Premier ministre, Firmin Ngrebada, et les 14 groupes armés signataires de l’accord de paix semblent parvenus à d’importants points de convergence quant à la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord.


À l’annonce du consensus, l’émotion était palpable, le soulagement aussi : « Vous pouvez compter sur l’Union africaine sur ce dont nous avons convenu ensemble », dit l’ambassadeur Chergui à l’égard de ses hôtes, souhaitant par la même que « ces engagements soient réalisés rapidement », car, au final, nous sommes reliés par les mêmes engagements. 

Même satisfécit du côté de la CEEAC pour l’heureuse issue de la rencontre. « Ensemble, nous venons de démentir les oiseaux de mauvais augure. Avec la détermination de chacun de vous, nous avons tenu bon, nous venons, à la suite de Khartoum, d’offrir un cadeau amélioré à la Centrafrique. Sachez que la CEEAC sera toujours aux cotés de la RCA », fera valoir l’ambassadeur Adolphe Nahayo.

« Ces consultations ont été objectives et menées en mains de maître par l’ambassadeur Chergui que je tiens à féliciter pour sa détermination et son engagement personnel, ainsi que ceux du gouvernement centrafricain et des groupes armés. Les Nations Unies vont continuer à travailler avec les partenaires pour le bon déroulement du processus », souligne pour sa part le Représentant spécial du Secrétaire général, Mankeur Ndiaye.

 


 

Le chef de la MINUSCA, s’adressant plus particulièrement aux groupes armés, rappellera sans détour : « Nous sommes très attachés à la protection des populations civiles ; c’est une mission fondamentale de la MINUSCA, et les Nations Unies veulent voir la sécurité desdites populations s’améliorer sur le terrain. Je veux espérer que nous travaillerons ensemble pour aussi parvenir à la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la Centrafrique. »

Plus d’un mois déjà depuis la signature de cet accord. Aujourd’hui, des insatisfactions ont rendu nécessaire une évaluation de sa mise en œuvre comme le prévoit l’accord.  Une nouvelle étape a été franchies, relative au «renforcement du caractère inclusif du Gouvernement », comme l’indiquent l’Union africaine, les Nations Unies et la CEEAC, à travers un communiqué de presse conjoint rendu public ce jour.

Les partenaires « exhortent vivement les parties prenantes à se consacrer désormais à la mise en œuvre intégrale de l’APPR-RCA afin de répondre urgemment aux préoccupations essentielles de toutes les Centrafricaines et de tous les Centrafricains, notamment celles relatives au retour de la sécurité, à travers le DDRR et la reconstruction par la mise en œuvre du Plan de relèvement et de la consolidation de la paix en République centrafricaine (RCPCA) ».

Un message bien entendu par le premier ministre Firmin Ngrebada : « je repars avec l’engament ferme, sous l’autorité du président de la République, de mettre rapidement en œuvre tout ce que nous avons arrêté ici. (…) Plus que jamais, nous avons la responsabilité de mettre rapidement en œuvre l’accord politique de paix et de réconciliation que nous avons signé le 6 février dernier. Je suis convaincu que dans cet élan solidaire, si nous le souhaitons, avec l’engagement ferme des uns et des autres, on pourrait dans un délai raisonnable connaitre un début de transformation dans notre pays ».

Jeudi 21 Mars 2019
Dakaractu



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