Fonds Force Covid-19 : La farce de très mauvais coûts


A l’hiver 2020, c'était la pandémie mondiale de coronavirus. On était pratiquement proche de l’apocalypse entre les communiqués de presse télévisées lus par les autorités, les restrictions sécuritaires, la dérouillée de citoyens récalcitrants, le mantra quotidien des médias relayant injonction sur injonction, le port de masque obligatoire, le couvre-feu, l’union des forces vives de la nation…on était en état de siège sanitaire. On était sous la menace d’un petit virus insaisissable, ingérable, et jusque-là incurable. « On est en guerre ! » comme a bien pu le dire Macky Sall chef de l’Etat, président de la République, qui,  pour la circonstance, s'est fait Cesare Imperatore en s’adjugeant pratiquement les pleins pouvoirs par le vote d'un Etat d’urgence et le couvre-feu.

Deux hivers plus tard, le rapport de la Cour des comptes portant sur la gestion des fonds Force Covid-19 fait ressembler tout ceci à une farce de très mauvais coûts. On ne va pas s’écœurer outre mesure à parler des énormes sommes retirés, dépensés, détournés, des marchés non-exécutés ou retardés, des conflits d’intérêts abjects...et tutti quanti. On va juste rappeler qu'un milliard de nos francs, tropicalisés et dévalués qu'ils soient, équivaut à 50 000 FCFA de dépense quotidienne pendant 54 ans et 7 mois. 

Ce qui est dommage, c'est que ce rapport vient anéantir tout ce bel élan de solidarité que l’on ne peut retrouver désormais que dans les succès de l’équipe nationale de football qui ne va pas non plus résister à la mesquinerie légendaire des politiques si l'on n'yprend garde. Macky Sall a engagé sa credibilité certes mais ce mode injonctif généralisé sous lequel nous avons vécu a engagé aussi celles de bonnes volontés respectables et respectées qui se sont joints à l’effort national, en mettant en veille leur rassemblement annuel malgré les protestations de leurs ouailles.

L'homo senegalensis, être naturel au standard de résignation pourtant très élevé, a éprouvé une souffrance morale insupportable devant les conclusions de ce rapport et une colère absolument justifiée. Si elles doivent connaitre le même sort d'impunité que les précédentes, le parti-Etat dont la crédibilité est déjà très sérieusement entamée, aura carbonisé les derniers lambeaux de respectabilité que le citoyen doit à l’institution républicaine. Le président de la République doit impérativement donner une suite aux recommandations de la Cour des comptes. En engageant des poursuites contres les fautifs. Histoire de sauver les apparences au moins.
Samedi 17 Décembre 2022
Dakaractu



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