Fonds FIFA Forward : La gestion de la FSF est-elle réellement transparente ?

La gestion de la fédération sénégalaise de football (FSF) des fonds Forward alloués par la FIFA aux fédérations de football dont celle du Sénégal, est-elle transparente ? Une question soulevée ce lundi par le quotidien Libération lu à Dakaractu.


Dans sa livraison numéro 2760 Libé d’évoquer dans les détails une multitude de zones d’ombre dans la façon dont la fédération sénégalaise de football (Fsf) est dirigée par Augustin Senghor. 

 

Parmi ces interrogations, on peut citer celles-ci : Les fonds du programme Forward ont-ils été utilisés dans tous les domaines stipulés dans le contrat d’objectifs approuvé ? Les transactions impliquant des fonds du programme Forward ont-elles été correctement répertoriées et documentées ? Existe-t-il d’autres formes de non-conformité avec les règles et règlements de la Fifa ou la législation applicable ?

 

D’après le quotidien Libé, en vertu de l’article 51 alinéas 7 et 9 des statuts de la Fifa du 18 septembre 2020 ; en vertu de l’article 8 alinéas 1a 1b 1e 1g 1p 1u 1x 1z et l’article 17 alinéas 2a 2b 3c 4 Et 6 du règlement du programme de développement Forward de la Fifa et en vertu de l’article 28 alinéas 1 et 2 du code d’éthique de la Fifa du 10 Juin 2018, plusieurs manquements et irrégularités de la Fédération sénégalaise de football ont été répertoriés dans le cadre du respect des textes de la Fifa concernant l’utilisation du fonds Forward.

 

Pour s'en convaincre, la même source de revenir sur un passé assez récent évoquant la date du 9 mai 2016, date à laquelle « le congrès de la Fifa approuvait le lancement du programme Forward de la Fifa qui est aujourd’hui l’un des programmes de développement les plus importants dans le domaine du sport. L’objectif est d’améliorer le développement du football dans le monde. »Afin qu’il exprime pleinement son potentiel dans chaque pays et que tout un chacun puisse le pratiquer sans aucune restriction.

 

Dans ce sillage, le quotidien d’investigation sénégalais d’informer que « le cycle biennal arrivé à terme en 2018 (dont le Sénégal était bénéficiaire) a permis à la Fifa d’évaluer l’ensemble du dispositif afin de l’améliorer. C’est dans cet élan également, que le congrès de la Fifa a décidé d’augmenter l’investissement en faveur du Fifa Forward pour le cycle quadriennal (2019-2022) avec une hausse de 20% des fonds annuels auxquels les 211 associations membres (dont le Sénégal) et les six confédérations ont droit. À ce jour, si l’on s’en tient aux données publiées sur le site de la Fifa, une allocation totale des fonds d’un montant de 11 425 000 $ sera mise à disposition de la Fédération sénégalaise de football pour le cycle sexennal (2016-2022, prenant en compte les 2 phases d’exécution du programme), dont 5 689 360 $ ont été approuvés depuis 2016 » et répartis ainsi :

S’agissant de la répartition de ces fonds, il est ainsi décliné à la page 8 de Libération : 70,3% en coûts opérationnels soit 4 000 000 $ ; 17,3% en déplacements et équipements soit 975 000 $ et 12,6% pour des projets dont 4 ont été approuvés. »

 

Rappelant que la Fifa veille scrupuleusement à ce que les associations membres ou confédérations bénéficiaires du programme respectent minutieusement les droits et règlements contractuels auxquels elles sont soumises. Notre confrère de noter que : « Au sein de la fédération sénégalaise de football, des manquements à plusieurs obligations des statuts et règlements précités, dont le plus patent revêt de la transparence qui est l’une des valeurs sûres de la Fifa »

 

D’ailleurs, l’article extrêmement détaillé et révélateur parcouru par Dakaractu, d’insister sur le fait que : « l’article portant sur les obligations des associations membres et confédérations du règlement du programme de développement Forward de la Fifa précise que : « Toute association membre ou confédération bénéficiant de fonds dans le cadre de Forward 2.0 est tenue de publier une vue d’ensemble de ses états financiers annuels et son rapport d’activité sur son site internet ou toute autre plateforme (pouvant être Fifa.com) ». 

 

Pourtant il a été constaté que le seul rapport disponible sur le site de la Fédération sénégalaise de football est le rapport d’activité de 2019 sur la période 2018, dans lequel, aucune section n’est dédiée à la présentation de l’utilisation exhaustive et détaillée des fonds du programme. En lieu et place on peut y trouver un bref résumé de la redistribution du montant reliquataire ainsi que les propositions du comité exécutif, dénonce Libé.  

 

Dans ces circonstances, l’article 14 alinéa 1e du règlement du programme de développement Forward de la Fifa est convoqué. Et, il dispose que : « Les associations membres et les confédérations doivent rendre compte annuellement de l’utilisation de l’ensemble des fonds alloués par la Fifa dans le cadre du programme Forward, et ce par le biais d’un rapport d’activité présentant l’utilisation des fonds, sur la base des modèles fournis par la Fifa». Une obligation à laquelle se serait soustraite la FSF. Dans un contexte où le débat sur le déficit infrastructurel fait rage avec l’absence de stades de football homologués dans une vingtaine de pays africains dont le Sénégal.

 

De plus, il sera clairement spécifié que : « Malgré un exercice budgétaire en 2018 affichant un excédent d’exploitation de 859 835 $, un budget en hausse passant de plus de 3 600 000 $ à près de 12 000 000 $ en 2018 après la coupe du monde, les fonds du projet Forward (phase 1) Perçus depuis 2016, l’énigme reste toute entière sur le manque d’un stade homologué au Sénégal, surtout que les moyens ne font pas vraiment défaut. » Comment est-ce que la FSF d’Augustin Senghor gère réellement ce fonds FIFA Forward ?

 

Enfin, dans cette longue liste de manquements présumés qui ont été pointés du doigt par Libération, figurent en bonne place : « Les marchés financés en partie par les fonds du programme sont souvent attribués sur la base du gré à gré, du copinage politique, sans transparence ni respect du règlement du programme de développement Fifa Forward, l’existence de conflits d’intérêts demeure inéluctable. »

 

Autant de goulots d’étranglement et forfaitures supposées qui pourraient justifier les couacs dans l’exécution des projets entamés et ou en gestation. D’où l’intervention demandée de la commission d’audit et de conformité de la Fifa afin qu’un rapport soit produit et mis à la disposition du public sur l’utilisation des fonds du programme en question.

Lundi 10 Mai 2021
Dakaractu




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