Flagrants délits : El Hadji Malick Gningue condamné à 15 jours ferme pour avoir sévèrement mordu la joue gauche de son épouse.

El Hadji Malick Gningue, 37 ans, a été condamné jeudi à un mois dont 15 jours de prison ferme, par le tribunal des flagrants délits de Dakar, pour avoir battu et sévèrement mordu la joue gauche de son épouse. Une morsure qui vaudra 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT) à la victime, Lala Dionne.


Avocats et proches du prévenu s'entassent devant trois juges, tandis qu'un greffier, coincé entre l’assesseur et le box des accusés, trône curieusement sur un fauteuil si haut perché. La plaignante, cintrée dans son accoutrement trop descent, est debout au premier rang de la salle d’audience, à côté du mis en cause, son mari. 

La tête voilée, on y voit le visage d'une jeune femme, la joue gauche cernée d'hématomes  et le front marqué d'une cicatrice. Lala Dionne affirme que c'est son époux qui est responsable de ces marques.

À la barre du tribunal des flagrants délits, le mari semble étonnamment détendu au regard du châtiment qu'il encourt. El Hadji Malick Gningue est attrait pour coups et blessures volontaires (Cbv) à conjoint. Des faits dont l'accuse son épouse, qui a porté plainte. 

Que s’est-il passé pour que le mari perde  son sang-froid?

Les faits remontent au 26 novembre dernier, à Yoff Ndeugane. La sieste du jeune  pêcheur, qui revenait de mer, aura tourné court. Une dispute a éclaté entre les jeunes mariés. Le sujet de discorde? Les cris de leur enfant de deux ans, qui empêchaient le mari de dormir. 

Il est reproché à l’épouse de n'avoir pas obéi à l'ordre du « chef de famille » d’amener l’enfant, qui pleurait, en dehors de la chambre conjugale. Provoquant ainsi la colère et les coups du conjoint, âgé de 37 ans, qui giflé son épouse et lui a mordu la joue gauche, « pour se défaire d’une morsure à l’avant-bras ». De la peau et un bout des cheveux sont arrachés. 

La femme Lala Dionne, battue et mordue, a réussi à s'enfuir avant d’appeler les parents, dépêchés sur place. L'auteur des coups, «dans un état de violence démesurée», selon la victime, avait alors refermé la porte sur les mains de cette dernière, qui tentait de se défaire d’une prise de son mari. 

Une morsure du mari qui vaudra 30 jours d'Itt

L’épouse affirme avoir été mordue et rouée de coups sur le visage par son mari, fin novembre. Des blessures qui lui ont valu  30 jours d'Interruption temporaire de travail (Itt). Or, l’époux dit qu'il n'a mis qu’un seul coup, n'a fait que se défendre, suite à l'agression de son épouse. 

Devant le juge, la femme a opté pour le pardon tandis que le mari fait profil bas. « Je ne réclame pas de dommage et intérêts. J’ai pardonné par la grâce de Dieu et pour l’avenir de nos enfants », a dit l’épouse Lala Dionne. « Tu restes et demeures mon épouse malgré ce qui s’est passé », a répondu le mari. Comme si chacun avait digéré l’histoire à sa façon. 

Un an de prison requis 

Malgré tout, la représentante du ministère public a réclamé une peine d’un an de prison ferme, avec obligation de réparer le préjudice de la plaignante. «Comment à notre époque, peut-on encore trouver des hommes qui battent leur épouse?», s’est émue la procureure. 

Les avocats de la défense ont quant à eux demandé « une application bienveillante de la loi », afin de « préserver un mariage qui ne s’est pas encore disloqué ». Écroué à l'issue de l'audience, le jeune homme a écopé d’un mois de prison dont 15 jours assortis d'un sursis. «Heureusement que tous les mariages ne se vivent pas comme ça», a conclu la substitut du procureur.
Jeudi 5 Décembre 2019
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :