FRAUDE AU CONCOURS DE LA POLICE NATIONALE : Les 11 présumés fraudeurs risquent des peines allant de 1 à 3 ans de prison ferme

Pour prendre part au concours de l’école de police, 11 candidats ont confectionné de faux diplômes. C’est sur la base de ces faux documents du Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), que certains d’entre eux ont été déclarés admis. Le 19 septembre 2018, le subterfuge a été découvert au cours d’un contrôle. C’est sur ces entrefaites que Djiré Diouf, Waly Ndour, Ibrahima Faye, Cheikh Diouf, Arona Gaye,Oumar Diouf, Souleymane Thiandioum, Alioune Badara Sow, Soulèye Ngom et autres ont été arrêtés.


FRAUDE AU CONCOURS DE LA POLICE NATIONALE : Les 11 présumés fraudeurs risquent des peines allant de 1 à 3 ans de prison ferme
 Face au juge du Tribunal Correctionnel de Dakar pour répondre des chefs de « fraude aux examens, faux et usage de faux, escroquerie et tentative d’escroquerie à l’État du Sénégal », Waly Ndour, Ibrahima Faye, Cheikh Diouf et Arona Gaye ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. À l’unanimité, ils ont révélé qu’ils se sont procurés de faux diplômes auprès du sieur Soulèye Ngom. Ce dernier, après avoir reçu la somme de 50 000 francs de chacun d’eux, a sollicité les services de Alioune Badara Sow. Ce dernier est infographiste de son état pour la confection des faux documents. Il réclamait la somme de 10 000 francs CFA par pièce. Pour diluer sa peine l’infographe atteste qu’il n’a confectionné que deux diplômes. Le policier Djiré Diouf, en fonction depuis 4 ans à Saraya, a été cité dans ce dossier par un de ses parents nommé Omar Diouf. Ce dernier soutient que c’est le policier qui l’a mis en rapport avec Soulèye Ngom, Djiré Diouf. Malgré tout, le limier a nié les faits et indique ne pas connaitre ses acolytes. Mis devant le fait accompli par l’agent judiciaire de l’État, il reconnait connaître Omar Diouf. Toutefois, il a contesté l’avoir mis en rapport avec Soulèye Ngom. Pour sa part, l’élève policier Souleymane Thiandoum qui était admis au concours renseigne qu’il n’était pas au courant du caractère frauduleux du document qui l’incrimine. Par contre, à l’enquête préliminaire, il a déclaré que c’est un de ses oncles qui était décédé qui lui a fourni ledit papier. Prenant la parole, l’Agent judiciaire de l’État soutient que cette affaire fait mal au cœur, car c’est une dégradation des mœurs et des valeurs attribuées aux Sénégalais. « Les prévenus ne semblent pas maitriser la profondeur des dégâts que leur acte a causé. Pour pouvoir faire ce concours très sélectif de la police, ils se sont procurés de faux diplômes en s’attachant des services de Soulèye Ngom qui est au début et à la fin de cette affaire. Alioune Badara Sow le faussaire attitré de cette affaire, a essayé de minimiser les faits en disant qu’il n’a confectionné que deux faux diplômes », martèle-t-il. La direction des examens et concours a certifié que les diplômes produits par les prévenus sont des faux. Ainsi, l’Agent judiciaire de l’État a réclamé 6 millions 480 mille francs CFA, en guise de dommages et intérêts contre Djiré Diouf et la somme de 5 millions de francs CFA que les co-prévenus devront payer solidairement à l’État du Sénégal. Dans son réquisitoire, le parquet estime que cette affaire fait mal car la fraude a pour but d’intégrer un corps de prestige. Une personne qui agit de la sorte pour intégrer un tel corps n’aura aucun scrupule pour travestir la vérité, pense-t-il. De l’avis du maître des poursuites, Djiré Diouf et Souleymane Thiandoum ont maladroitement contesté les faits. De son côté, Djiré Diouf relève que son diplôme authentique se trouve à Saraya. Ce qui est faux, rappelle-t-il. Selon lui, les faits ne souffrent d’aucune contestation. Le parquet a requis 3 ans ferme contre Alioune Badara Sow et une amende 300 mille francs CFA. Pour Souleye Ngom et Djiré Diouf, il a demandé 2 ans de prison ferme et une amende de 500 mille francs pour chacune d’entre eux. Quant aux élèves policiers, le maître des poursuites a demandé qu’ils soient condamnés à un an de prison ferme et devront s’acquitter d’une amende de 200 mille francs CFA chacun. La défense a plaidé une application bienveillante de la loi. Délibéré au 9 juillet prochain.
L’As
Mercredi 26 Juin 2019
Dakar actu



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