Équipe nationale / Schéma Tactique : Vers un remake du mitigé 3-5-2 d’Aliou Cissé contre Eswatini ?


Si le système de jeu dénommé 3-5-2 utilisé par le sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal, Aliou Cissé, contre le Congo Brazzaville, n’a pas fait des émules encore moins des étincelles sur le terrain, le technicien sénégalais ne compte pas pour autant changer de stratégie ce mardi 30 mars, contre Eswatini, à 16h00 GMT. 
Comme il l’avait lui-même martelé en conférence de presse d’après match « Je crois sincèrement à ce système-là », il est décidé à aller au bout de son expérimentation footballistique.
Seulement, est- il est pertinent de se poser la question de savoir si le système en question est compatible avec les profils dont disposent actuellement Cissé ? Mieux, les nombreux changements effectués dans la tanière et les courts délais de regroupement permettent-ils l’assimilation et la restitution du projet de jeu ? Certes, nous avons affaire à des professionnels qui, a priori devraient être capables de s’adapter assez rapidement aux exigences technico-tactiques.   
Face aux Diables Rouges, le Sénégal a démarré avec un ambitieux 3-5-2, censé apporter une meilleure assise défensive notamment au milieu, et dans l’axe de la défense. La possibilité d’imprimer un pressing haut sur l’adversaire en plus d’un jeu offensif plus dynamique sur les ailes. Un secteur qui n’a pas du tout fonctionné, si Ballo-Touré, le néo sélectionné peut invoquer le besoin de s’intégrer dans la tanière et de s’acclimater au football africain. Son coéquipier à Monaco, Krépin était complètement perdu et dépassé dans son nouveau poste. Il aura été esseulé et sans aucun impact tout au long de la partie.
 
Pas trop sollicitée par l’attaque congolaise, la défense sénégalaise, à trois, dont les éléments clés (Kouyaté, Abdou Diallo et Ousseynou Ba) jouait ensemble, pour la toute première fois, reste perfectible. Une donnée qui aurait tout son sens face à un adversaire plus dangereux offensivement parlant. Pourtant, juste après le nul insipide concédé par ses hommes, Aliou Cissé avait annoncé qu’il serait prêt à reconduire ce schéma face à des équipes plus huppées que le Congo Brazza. « On a besoin de certitude concernant ce système. »
Dans l’entrejeu c’est précisément un 1-2-2 qui se dégageait, Nampalys Mendy en pointe basse ou sentinelle, Gana Guèye et Papa Matar Sarr un peu plus avancés. Sur les côtés, Krépin Diatta (Milieu droit) qui a été transparent durant toute la rencontre et Fodé Ballo-Touré assez timide, ont complété le milieu de terrain. Deux éléments essentiels dans ce système qui voudrait que les couloirs soient les rampes de lancement de toutes les actions offensives en plus d’assurer une bonne couverture défensive quasi instantanée en cas de perte du ballon. Si Nampalys Mendy et Matar Sarr ont tiré leurs épingles du jeu, le chantier du milieu est d’autant plus vaste avec ce nouveau schéma. 

Durant près d’une vingtaine de minutes, les Lions ont été incapables de poser leur football, il est vrai, quelque peu gênés par le gazon synthétique, mais surtout du fait d’un manque de maîtrise collective.

Seuls devant et sans munitions, Sadio Mané qui a été à l’origine de toutes les actions franches côté Sénégalais, et un Diao Keïta Baldé transparent, n’ont pas pesé lourd. Car, l’avantage de cette nouvelle formule réside dans la capacité des joueurs de couloir à alimenter constamment les deux attaquants. En plus de la capacité des milieux de terrains de se projeter systématiquement pour apporter le surnombre et délivrer des « caviars » aux buteurs. Des manquements flagrants constatés à ce niveau contre le Congo.

Étant une discipline loin d’être figée, le football requiert naturellement une perpétuelle remise en cause des acquis. Ce, afin de tendre un peu plus vers une certaine perfection dans l’animation de jeu globale proposée. Mais, aussi dans le souci d’être moins prévisible et prenable par ses adversaires. Une des explications servies par coach Cissé qui entend revoir ses gammes contre Eswatini dans le but de gagner en imposant et ou de s’imposer avec son «3-5-2».

Extrêmement complexe et exigeant sur le plan de la discipline tactique et de l’effort physique, le 3-5-2 nécessite aussi bien dans les phases offensives que celles défensives une implication collective sans faille. Des dédoublements permanents, une couverture automatique des uns et des autres selon les actions de jeu et un replacement automatique. Bref, une énorme débauche d’énergie et de flux nerveux en plus de plusieurs séances d'entraînement collectives pour huiler la machine. Des conditions qui, clairement, font défaut au sélectionneur national. 

On peut disposer du groupe de joueurs pour dérouler un 3-5-2 sans forcément avoir les moyens de l’appliquer efficacement. Contre la modeste équipe d’Eswatini, la « phase test » pourrait encore se poursuivre, vu que la qualification est déjà validée. Seulement, pour les prochaines échéances (éliminatoires mondiale 2022 et CAN 2022) il serait plus judicieux de revenir à certains fondamentaux. Après  6 ans d’exercice en tant que sélectionneur, le 4-3-3 combiné au 4-4-2 ont valu au Sénégal de belles victoires…
Lundi 29 Mars 2021
Dakaractu



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