Économie pétrolière et gazière : L’AFP pour des préconisations concrètes.


L’accélération de la croissance et la transformation des structures de l’économie nationale, grâce aux dividendes attendus de l’exploitation du gaz et du pétrole dans moins de cinq ans, ouvrent le champ de tous les possibles. Cependant, les dynamiques transformationnelles en cours ne fixent pas a priori un modèle d’Economie vers lequel s’acheminerait nécessairement le Sénégal qui s’évertue à appliquer les prescriptions issues des théories standardisées du FMI de, la BM ou de l’OCDE. Aujourd’hui, la problématique de la « Transition des pays en Développement » vers le Développement économique et social intégral reste encore constante.

Malgré la croissance économique enregistrée, ces dernières années, liée à la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent (PSE) -référentiel programmatique qui inspire la politique de Développement de l’Etat du Sénégal-, subsistent, au demeurant, les problèmes caractéristiques du sous-développement comme la dépendance alimentaire, la sous-industrialisation, le chômage et le sous-emploi structurel de la jeunesse, la pauvreté du monde rural ou encore la migration.

Le pétrole est attendu partout et par tous.

Il est ressorti de cette journée d’échanges et de réflexions des schémas capables de renforcer l’essor économique de notre pays, grâce aux opportunités qu’offriront les nouveaux écosystèmes de production économique adossés à l’exploitation et à la transformation du gaz et du pétrole. Ce contexte inédit, au-delà de la correction des inégalités sociales et du renforcement de l’équité entre les territoires, conduit aussi à la fabrication de cadres inédits de compétitivité et de croissance qui doteront le Sénégal de fondements inaltérables pour un développement durablement installé.  

Des réflexions initiées tant à l’intérieur du pays qu’à travers la Diaspora, l’Alliance des Forces de Progrès tire, en quintessence, les préconisations qui suivent.

Issues de l’ « Analyse prospective du développement agricole dans le cadre de la nouvelle économie pétrogazière », il s’agit,

 POUR LES PRECONISATIONS D’ORDRE STRATEGIQUE :

D’organiser en réseaux des canaux de transfert d’eau à ciel ouvert des fleuves Sénégal, Gambie et Haute Casamance vers les terres agricoles de l’intérieur en vue d’affranchir le Sénégal des incertitudes de l’agriculture pluviale, accentuées d’ailleurs par le Changement climatique;
 de créer de grands bassins intérieurs de rétention d’eau par piégeage des milliards de m3 d’eau de ruissellement favorisant la création de parcs fourragers dans le cadre de la promotion de la stabulation et d’un élevage intensif ;

 de renforcer la politique nationale de (re)minéralisation et d’amendement des sols notamment ceux de la partie centrale du pays. Mais aussi, de veiller à la protection des zones de pêche, au-delà des Aires maritimes protégées- en promouvant des « No go zone » susceptibles d’offrir aux poissons des espaces de reproduction et d’alevinage. 

 POUR LES PRÉCONISATIONS D’ORDRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL :

d’appliquer, progressivement, les conclusions du projet de reforme foncière, avec l’intelligence que requiert la résolution de l’approche duale de la propriété de la terre ;

 de promouvoir les cadastres ruraux et concevoir de nouveaux mécanismes de financement pour l’achat de terre ;

 de promouvoir le marché de location des terres arables, notamment aux investisseurs étrangers, en lieu et place de leur cession définitive.

   POUR LES PRÉCONISATIONS D’ORDRE ÉCONOMIQUE ET COMMERCIAL :

D’intensifier les politiques et programmes conçus pour relancer et/ou développer les cultures commerciales à forte valeur ajoutée telles que l’arachide, le coton, les produits de l’horticulture, etc. ;

 D’améliorer les cadres incitatifs de production et de transformation des produits agricoles et corriger, par anticipation, les dysfonctionnements liés à l’instabilité du marché international ;

 D’améliorer l'accès au crédit des petits producteurs et réduire, substantiellement, les taux d'intérêt ;

 De promouvoir de nouveaux types d'institutions de crédit rural privé 

(L’idée d’un « Crédit rural » constitue un aspect important d’une stratégie innovante de développement agricole, surtout en matière de contrôle et de gestion de l'eau et de cadastre rural fonctionnel).

 Issues des réflexions sur l’ « Industrialisation et emploi des jeunes dans le cadre de la nouvelle économie pétrogazière », il s’agit de :

 POUR LES PRÉCONISATIONS D’ORDRE STRATÉGIQUE  :

de renforcer la politique de mix énergétique et d’investir durablement sur l’énergie solaire pour l’électrification des agglomérations urbaines ;

 de mettre en œuvre, dans le court terme, des stratégies de développement industriel à caractère endogène ;

 de produire des biens et des produits technologiques de base en  promouvant les industries qui utilisent les ressources naturelles pour satisfaire d'abord la demande locale et sous-régionale. La réduction de la dépendance envers le marché mondial devrait être l'objectif affiché et le premier souci de cette forme d’industrialisation ;

 de développer, dans le moyen terme, une stratégie de substitution de l’importation. Le nouveau statut du Sénégal producteur de gaz et pétrole et de produits dérivés impliquera la conception locale de biens intermédiaires comme les produits pétrochimiques finis ou semi-finis ou l’acier, de biens de consommation durables (automobiles, appareils ménagers) et de biens d'équipement qui nécessitent une main-d’œuvre qualifiée, l'emploi d'un processus de production à forte intensité capitalistique et un marché interne de dimension assez élevée -CEDEAO-  pour permettre aux producteurs locaux de bénéficier de l'abaissement des coûts dus aux économies d'échelle).

 de bâtir, dans le long terme, une industrie sur la base d’une stratégie qui favorise la production des biens dont les coûts d'opportunité en termes de devises étrangères sont les plus faibles ;

de construire des « autoroutes du gaz », destinées à alimenter l'ensemble des agglomérations du pays et nourrir l'industrie locale. Ces autoroutes du gaz induisent la construction de stations de compression et d'interconnexion et de terminaux destinés à l'exportation dans la sous-région, conformément aux recommandations du Schéma de Développement Espace Régional (SDER) de l’UEMOA visant la construction d’espaces de co-développement sous-régional et l’intégration de chaines de valeurs inter-Etats.  

 POUR LES PRÉCONISATIONS  D’ORDRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL :

d’améliorer la protection des industries nationales naissantes sans aller jusqu’ à l’érection de barrières protectionnistes ;

d’aménager des espaces de compétitivité et promouvoir le transfert de technologie et de savoir-faire par l’importation d'équipement d'usines clés-en-main, l'investissement en capital humain dans les universités nationales et étrangères, l’achats de brevets, la facilitation pour l’implantation de filiales de firmes multinationales ;

 d’adopter une stratégie de « remontée de filière » pour atteindre un niveau de compétence industrielle fondé sur une utilisation judicieuse des techniques de production.

 POUR LES PRÉCONISATIONS D’ORDRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIER

de créer un fonds de souveraineté spécifiquement dédié au développement industriel, axé sur la promotion des exportations et co-contrôlé et codirigé par l’Etat, le patronat national et les promoteurs de la Diaspora (avec recours aux financements extérieurs garantis par l’Etat et ouverture limitée aux investissements extérieurs) ;

de renforcer le contenu local consacré par la loi adoptée par l’Assemblée nationale en sa séance du 24 janvier 2019. Pour l’AFP, il s’agira d’appuyer fortement le secteur privé afin qu’il investisse dans l’écosystème pétrolier (services de logistique, de manutention et de maintenance) mais aussi dans le conseil juridique et l’assurance.

Dans un autre registre, l’ouverture de l’Institut du Pétrole est une excellente initiative qui permettra aux jeunes sénégalais de bénéficier de formations sur, par exemple, la géologie pétrolière, la géophysique, l’ingénierie et la finance. Cependant, l’AFP, au-delà des gérants de stations services, attire l’attention sur la foule de métiers (environ 500 métiers référencés) qui s’attachent à l’écosystème pétrolier comme les avitailleurs d’aéroport, les chefs de chantier, les coordinateurs d’études, les cost controller et planificateurs, les dessinateurs projecteurs, les gérants de stations services, les ingénieurs de forage, les ingénieurs d’installations pétrolières, les ingénieurs de maintenance, les ingénieurs pétroliers technico-commercial, les ingénieurs process, les ingénieurs réservoirs, les opérateurs extérieurs, les opérateurs trading, les responsables commissioning mise en route, les responsables de dépôt pétrolier, les responsables achats, etc.    
 
A l’énoncé de ces métiers, une note d’espoir est permise pour notre pays. Ainsi, l’AFP soutient, sans réserve aucune, les politiques publiques initiées en la matière par le Président de la République, son excellence Macky SALL.

 

 
Lundi 9 Décembre 2019
Dakaractu




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