Des discours incendiaires à la réalité de l'exécutif local : Ces maires opposants face à un dilemme...


Entre programmes nouveaux, résolutions des problèmes qui persistent et hantent le sommeil des populations locales et une nouvelle vision porteuse de croissance économique, la campagne électorale récente à laquelle les hommes politiques se sont adonnés, a été une large tribune pour gagner de l'électorat. En conséquence, faire adhérer les citoyens à ses programme et méthode pour se hisser aux commandes de l'exécutif local. C'est dans cette pratique que l'opposition, particulièrement s'est fait remarquer durant le scrutin des locales. 
Ce qui a pu propulser les opposants comme Ousmane Sonko, vainqueur à Ziguinchor, Barthélémy Dias, à Dakar Babacar Diop à Thiès pour ne citer que ces 3 qui se sont emparé, avec la coalition Yewwi Askan Wi, de ces plus grandes villes. 
Barthélémy Dias, avec son projet de développement de la ville de Dakar dénommé "Dakar Bi Nu Bokk", Ousmane Sonko avec son "Burok" et Babacar Diop qui a le plus insisté sur la gouvernance avec notamment une charte de lutte contre la corruption, sont tous des maires qui ont mené les campagnes les plus incisives durant les dernières locales.

Mais paradoxalement, depuis leur accession au fauteuil tant convoité, ces maires sont restés discrets, trop discrets. Il est à rappeler que le but principal d'un maire, dans la mesure du possible, c'est la résolution urgente des exigences des populations locales. Cela demande du temps et de l'abnégation, encore que, disaient ces opposants, "il était question de mettre fin à la gestion calamiteuse des partisans du régime". Mais est-il bien pensé, au regard de la situation politique et des perspectives électorales, de se laisser ballotter par les contraintes locales jusqu'à oublier la bataille politique? Pourquoi ces opposants à la tête du pouvoir local, précédemment si prolixes voire incendiaires, se font discrets, évitant même de se prononcer sur certaines questions d'actualité? Cette 'désertion du terrain politique' ne sera-t-elle pas profitable au pouvoir en place en perspective des législatives? 

Ce qui est attendu de leur part, c'est la matérialisation de leurs propos de campagne. Les préparatifs des dernières élections ont été instructifs pour Khalifa Sall et ses camarades de coalition. Raison suffisante pour maintenir le cap de l'alliance en vue des élections à venir. Mais du fait que ces maires sont bien des démembrements de l’État". "Il y'a une exigence qui fait qu'ils ne peuvent pas être des va t-en guerre". Cette situation attentiste ne va-t-elle cependant pas impacter négativement sur leur démarche d'opposants?

En effet, un dilemme se présente à ces maires qui ont en réalité, un pouvoir énorme. Ils sont en réalité, des chefs d'exécutif local d'un côté, et d'un autre, ont l'obligation de ne pas laisser le terrain au régime de Macky Sall qui a, tout de même, sa stratégie qu'il déroule. D'ailleurs, le patron de l'Apr est dans une dynamique politique qui lui profite en cette période. Par exemple, avec cette initiation du concept, "Jooko Ak Macky" avec là aussi, un discours plus ou moins dilué et des initiatives politico-sociales, Macky Sall semble bien reprendre la main.

La nomination du Premier ministre tant attendue sera-t-elle déterminante? 
Vendredi 11 Mars 2022
Dakaractu




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