De Yoff au cimetière de Keur Mame El hadji Ndiéguène de Thiès : les cas d’inhumation ont doublé en deux semaines...


La pandémie de Covid-19 continue de faire des ravages auprès des populations, comme en attestent les chiffres donnés par les autorités sanitaires dans leur communiqué faisant le point de la situation journalière de la pandémie au Sénégal. 

 

Face à ce contexte très compliqué, les cimetières ont aussi connu une forte hausse des inhumations au quotidien. Un tour effectué au cimetière de Yoff, mais aussi au cimetière de Keur Mame El Hadj Ndiéguène de Thiès nous a permis de nous imprégner de la situation catastrophique.

 

À Dakar, selon le gestionnaire Ibrahima Diassy, de moins de dix inhumations journalières avant la pandémie Covid-19, aujourd’hui les chiffres font froid au dos et sont passés à 30 voire 32 inhumations journalières.

 

« Nous avons constaté depuis quelque temps qu’il y a une recrudescence des cas d’inhumation au niveau du cimetière de Yoff. On ne sait pas si c’est directement lié à la pandémie Covid-19 ou pas, mais nous avons noté un changement et une augmentation des cas de décès. Par rapport à la situation du cimetière de Yoff, avant la pandémie en Mars 2020, on était à une dizaine d’enterrements par jour et on trouvait ce nombre important. Quand la pandémie s’est installée, on a commencé à sentir une légère hausse des inhumations. De 14 et 15 on est passé à 20 cas par jour, et deux mois plus tard, on a senti une légère baisse aussi. Mais depuis deux semaines, on note une augmentation fulgurante du nombre de cas d’inhumation journalière. Au lieu de 15 à 20, on est passé à 30 voire 32 enterrements par jour et la dernière fois, on a enregistré 34 cas d’inhumation. On ne le souhaite pas, mais si ce nombre est maintenu pour une durée d’un à deux mois, ça risque de créer une forme de promiscuité », a renseigné Ibrahima Diassy.

 

Même son de cloche à Thiès où le responsable du service a indiqué que vingt-six personnes décédées en une semaine (Lundi 19 juillet 2021 au mardi 27 juillet 2021) ont été prises en charge pour être enterrées au cimetière de Keur Mame El Hadj Ndiéguène. Devant une telle situation, ce dernier n'a pas manqué de signaler toute l'assistance des services médicaux pour les cas de Covid-19. 

 

Toutefois, il n'a pas manqué de signaler que la situation est alarmante car, il n'a jamais vécu pareille situation avec un nombre si élevé de décès en une semaine. 

 

Les deux gestionnaires n’ont pas manqué de sensibiliser sur le respect des gestes barrières. Ibrahima Diassy d’insister sur le respect des mesures partout où cela est nécessaire. « Je suis inquiet et j’ai vraiment peur car depuis 2003 que je suis ici, je n’ai jamais enregistré 30 enterrements par jour. Ce qui complique la situation car nous avons un nombre limité de fossoyeurs soit 15 et le hic c’est que parfois on a six à sept corps qui nous parviennent subitement. Si on fait le dispatching trois fossoyeurs par personne avec cinq corps, on atteint le nombre, alors qu’il arrive que les corps nous parviennent en même temps. Ce qui crée une forme d’embouteillage et ça pose problème parce qu’on ne peut pas augmenter le nombre, car n’importe qui ne peut pas être fossoyeur. Autant dans les lieux publics on ne respecte pas les gestes barrières, autant on ne le fait pas dans les cimetières. C’est pourquoi j’invite les personnes qui viennent, à respecter les gestes barrières. Que chacun s’y mette pour se protéger et protéger ses proches », invite le gestionnaire du cimetière Bakhiya de Yoff, Ibrahima Diassy. 

 

Pour son collègue de Thiès, la sensibilisation et le respect des mesures doivent être prises à bras le corps par tous les sénégalais. Reportage...

Mardi 27 Juillet 2021
Dakaractu



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