Covid-19 / Entre séquelles terribles et prise de conscience : Reportage chez les guéris du coronavirus.


Une maladie pas comme les autres et qui ne ressemble à aucune autre. C'est en tout cas le ressenti des patients guéris du coronavirus. Parce que malgré la guérison, la covid 19 laissera ses traces. Qu'en est-il vraiment? Dakaractu est allé auprès de certains patients et du docteur Alioune Sow, urgentiste à l'hôpital Dalal Jamm, pour mieux comprendre l’évolution de la maladie.


 Si certains patients atteints de covid 19 guérissent en quelques semaines, d'autres, y compris ceux qui n'ont pourtant pas développé une forme grave de la maladie vont garder des séquelles voire être sous la menace d'un retour des symptômes. Dans ce reportage de Dakaractu, un patient guéri de la covid qui souhaite garder l'anonymat, témoigne sur sa maladie.

« Je ne sais pas où exactement j'ai contracté le covid, mais je pense que c'était lors de funérailles et c'est moi qui dirigeait la prière. Les gens voulaient me saluer coûte que coûte, ils me touchaient de partout et voulaient avoir des prières. Quelques jours après j'ai commencé à sentir des choses anormales dans mon organisme (des maux de tête, des tremblements, de l'essoufflement...) j'ai décidé alors d'aller à la clinique, le médecin m'a mis sous perfusion mais ça ne donnait rien et il a décidé de me faire le test. Il s'est avéré positif. Puis je fus hospitalisé à l'hôpital "Dalal Jamm », c'était le début du calvaire. J'ai passé deux semaines là-bas dont cinq jours dans une totale inconscience. C'était très difficile d'autant plus que j'étais diabétique. Mais le personnel médical était exceptionnel. Ils se sont bien occupés de moi et des autres patients.

À ma sortie, ma famille et mes proches m'ont accueilli chaleureusement. Donc je n'ai pas été victime de stigmatisation. Ils ne me pointent pas du doigt. À noter que la stigmatisation dans ce cas-là est une conséquence sociale laissée par la covid 19. »

 Notre interlocuteur raconte souffrir toujours de douleurs pulmonaires, de vertiges, de tremblement, surtout de la fatigue... « Je suis un diabétique de type 2 et c'est un facteur qui complique les choses, surtout par rapport aux séquelles. »

Yéya Diallo, député : « J’ai attrapé le virus lors d'un footing »

Députée à l'Assemblée nationale, Yéya Diallo ne cache pas avoir été atteint de la covid 19. Elle l'avait même publié sur sa page Facebook. Elle relate aussi son expérience et les séquelles que ce virus émergent a laissé dans son organisme. « J'ai été atteinte de la covid 19 lors d’un footing, les salles de sport étaient fermées, du coup on se réunissait pour des marches en groupe.

Je faisais partie de ces gens qui respectaient les mesures barrières et je sensibilisais même la population à ce sujet. Donc j'étais un peu surprise lorsqu’on m'a déclaré positive à la covid 19. Pendant mon hospitalisation j'étais inquiète, mais j'ai trouvé là-bas un personnel médical dévoué, qui était tout le temps disponible pour les malades. C'était très difficile, mais il y avait une chaleur familiale entre les patients (c’est la cohésion sociale et la Téranga sénégalaise). Lorsqu'on m'a déclarée guérie, j'ai lancé un "ouf" de soulagement », explique-t-elle. 

« Je l'ai vécu, et la maladie m'a laissé des séquelles comme la diarrhée, des vomissements, des courbatures... »

 Les sévices varient donc d'une personne à une autre.  La parlementaire appelle aussi à la discipline et à une prise de conscience individuelle pour faire reculer la pandémie.

Selon le Docteur A. Sow, généraliste et urgentiste à l'hôpital Dalal Jamm, la première complication du coronavirus est d'ordre pulmonaire. Le virus entre dans l'organisme, attaque les cellules pulmonaires, ce qui entraîne un dysfonctionnement des poumons. Ensuite, les autres problèmes peuvent être liés aux reins et au foie. Mais ces complications ont une origine, c'est-à-dire, que le point départ est ce problème respiratoire associé à la multiplication du virus dans l'organisme et une grave infection explique l’homme de l’art.

Mais le plus souvent avec un bon traitement ces complications peuvent disparaître. Cependant chez certaines personnes, les séquelles demeurent toujours présentes dans leur organisme, communément ce sont les personnes qui avaient déjà une maladie incurable à titre d'exemple l'insuffisance rénale ou le diabète, a-t-il aussi fait savoir.

Ces séquelles ne sont pas toujours présentes chez les malades. C'est le cas d'un vigile au marché Ocass de Touba du nom de Ibrahima Sène, qui figure parmi les premiers cas de Covid dans la Cité religieuse. Déclaré guéri, il dit se sentir aujourd'hui comme un charme. Mais il n'en demeure pas moins vigilant et appelle la population en en faire de même. C'est le même discours que tient l'urgentiste qui appelle les autorités à redoubler efforts pour venir à bout de la maladie.   
Vendredi 29 Janvier 2021
Dakaractu




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