Coups et blessures : Accusés d'avoir tenté de sortir de force leur colocataire, 5 étudiants gabonais risquent de rater l'année académique.


Coups et blessures : Accusés d'avoir tenté de sortir de force leur colocataire, 5 étudiants gabonais risquent de rater l'année académique.
Poursuivis pour coups et blessures, violation de domicile et usurpation de fonction, les étudiants gabonais Talian Koumala et M. Perpétuel risquent de rater l'année académique qui tire déjà à sa fin.
En effet, les deux (2) prévenus ont été attraits à la barre pour déterminer leur implication dans une bagarre ayant entraîné des blessures au sieur A. Garba, l'absent le plus présent au procès pour avoir bénéficié d'un certificat d'absence temporaire de 20 jours. 

Dans cette affaire, tout est parti des étudiantes gabonaises, D. Ada, T. Makosso et S. Makosso considérées comme les véritables complices des mis en cause. Bénéficiant toutes d'une liberté provisoire, elles ont  comparu ce 3 août devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar.

Les faits remontent au courant du mois juillet lorsque D. Ada, locataire dans un immeuble à la Liberté 6 Extension, a décidé de mettre dehors, un de ses colocataires qu'elle a sous-loué, mais qui ne lui inspirait plus  confiance du fait de son comportement jugé agressif.

Devant la barre, elle revient sur les faits. "J'ai loué l'appartement et on y vit à quatre (4) avec T. Makosso et S. Makosso et Amadou Garba à qui j'ai loué une chambre. Amadou Garba s'était engagé à payer 75.000Fcfa", a-t-elle soutenu. Interpellé sur les raisons de vouloir le faire sortir, elle explique que ce dernier ne donnait jamais la somme qu'il s'est engagé de payer.
"Il ne versait jamais l'intégralité de la somme, il en manquait à chaque fois et il ne participait pas au paiement de l'électricité ni à la facture de l'eau et quand j'ai décidé de le faire partir, il a refusé. J'ai porté plainte et j'ai saisi l'agence immobilière qui lui a remis la convocation, il est subitement devenu agressif", a relaté D. Ada.

Revenant sur les coups et blessures, cette dernière a expliqué être absente des lieux le jour des faits car ayant peur de A. Garba.

"J'étais chez ma sœur et j'y passais la nuit par A. Garba nous proférait des menaces et violences, il n'y avait que T. Makosso et sa sœur qui y restaient", a-t-elle dit.
Entendue sur le fond du dossier, T. Makosso a confié avoir subi de la violence et des menaces provenant du sieur A. Garba.

"Le jour des faits, A. Garba m'a giflée avant que je ne m'enferme dans ma chambre avec ma soeur. On a par la suite appelé T. Koumala pour venir nous rendre visite en tant que frère pour parler à notre colocataire", a-t-elle dit devant le juge.

Bénéficiant d'un mandat de dépôt  depuis le 16 juillet dernier, les sieurs T. Koumala et M. Perpétuel ont pour leur part livré leurs versions sur cette affaire dans laquelle ils sont considérés comme les principaux responsables.

"Quand T. Makosso m'a appelé, elle m'a expliqué le comportement agressif de A. Garba, je leur ai rendu visite pour notamment chercher à parler au gars qui ne voulait rien entendre. Lorsque j'ai essayé de le raisonner alors qu'il était devant la porte de sa chambre, il m'a attaqué", a expliqué le prévenu.

À la question du juge de savoir pourquoi il le forçait à s'expliquer alors qu'il ne voulait rien entendre, l'accusé relativise. "Je ne l'ai pas tiré par la force, je l'ai tenu par la main, il s'est débattu avant qu'il ne m'assène  3 coups de suite, j'ai alors riposté", a dit T. Kouala qui affirme être intervenu pour empêcher que le mal ne se produise sachant, toutefois, qu'une plainte était pendante devant la justice contre A. Garba.

"Je suis intervenu parce que je ne voulais pas qu'il arrive malheur à ma sœur, mais je ne suis pas parti là-bas pour participer à une bagarre", s'est justifié le principal mis en cause des faits de coups et blessures.
Interpellé sur son implication des délits de coups et blessures, violation de domicile et usurpation de fonction, M. Perpétuel a expliqué avoir accompagné son ami.

"Quand on est venu dans la maison, on a frappé à la porte de A. Garba et on s'est présenté comme des policiers en civil pour chercher à lui parler, mais il a refusé de nous écouter. Il s'est par la suite bagarré avec T. Kouala avant que je ne m'interpose entre eux pour les séparer", a confié devant la barre M. Perpétuel qui nie, par ailleurs, avoir participé à tabasser le plaignant.

"Je les ai séparés je ne lui ai pas donné de coup", s'est-il défendu expliquant d'ailleurs que A. Garba s'est retiré pour aller chercher un couteau. L'une des filles présentes ce jour  a confirmé la position de M. Perpétuel.

"Lorsqu'il a séparé T. Kouala et A. Garba, notre colocataire est parti prendre un couteau et nous nous sommes tous enfermés dans la chambre. Il est revenu frapper avec violence à la porte", a dit T. Makosso.
Dans sa plaidoirie, la partie civile a brandi un certificat médical de 4 jours avant d'être prolongé à 20 jours pour aggravation de l'état de santé de la victime, A. Garba.

"Le document dit que mon client est victime d'une coupure se présentant par une plaie très profonde saignant abondamment", a confié Me Abou Alassane Diallo qui qualifie l'attitude du prévenu d'assez grave.
"Quoiqu'une plainte ait été déposée, T. Kouala jugeait que la police n'était pas qualifiée à régler le problème.

Il sont 5, il y a eu de part et d'autre des comportements agressifs chez eux et les 3 filles n'ont rien fait pour arrêter la violence. Les faits sont d'une extrême gravité. Quand ils sont venus ce n'était pas pour visiter, mais pour tabasser mon client. S'ils n'étaient pas venus, il n'y aurait pas de bagarre. Ils sont tous responsables de cette situation", a dit l'avocat qui confie regretter que son client n'ait pu comparaître pour que la vérité puisse jaillir.

"Quand vous hébergez quelqu'un et que vous voulez qu'il quitte, il y a des procédures à suivre. Madame le juge, je vous invite à constater le comportement peu orthodoxe du prévenu, de constater que tous ont participé à la bagarre et de les déclarer coupables des faits de violation de domicile, coups et blessures, d'usurpation de fonction", a plaidé Me Diallo qui réclame la somme de 6 millions de FCFA en guise de dommages-intérêts.

La défense a quant à elle, cherché à démonter les accusations qui pèsent sur les 2 prévenus et leurs complices.

"Il n'y aucun élément qui puisse établir que les trois (3) filles ont appelé T. Kouala et M. Perpétuel dans le but de tabasser la victime,  sinon il n'y a aucun élément qui les incrimine comme ayant participé dans la bagarre", ont dit les avocats qui plaident pour leur relaxe.
Concernant l'usurpation de fonction, les robes noires ont confié qu'aucun acte matériel ne permettait de dire que les prévenus se sont immiscés dans cette fonction réservée à la police.

"Ils se sont présentés en tant que policiers ne suffit pas à déduire qu'ils ont usurpé de fonction. Je plaide pour qu'ils soient relaxés", dira l'un des conseils.

"Dans cette affaire, la seule erreur pour T. Kouala, c'est de vouloir chercher à régler le problème. L'infraction de coups et blessures est constituée à l'égard de notre client donc les autres doivent être relaxés. Il ne saurait être retenu l'infraction de violation de domicile car les filles sont chez elles et ont elles-mêmes invité les prévenus. Les filles doivent être renvoyées des fins de la poursuite pour tous les chefs d'accusation", a plaidé la défense.

Dans sa délibération, la cour a relaxé les 3 filles. Elle a également relaxé T. Kouala et M. Perpétuel des faits de violation de domicile et d'usurpation de fonction, mais a déclaré coupable le principal mis en cause, T. Kouala du délit de coups et blessures et l'a condamné à 6 mois d'emprisonnement dont 15 jours ferme et le paiement de la caution de 300.000Fcfa en guise de dommages et intérêts.
Mardi 3 Août 2021
Dakaractu



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