Coup et blessures volontaires : une enseignante de 55 ans accusée d'avoir frappé une fille de 5 ans, lui causant l’amputation de la quatrième phalange de sa main


La dame Yacine Diop, âgée de 55 ans a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Dakar (TGID), pour coups et blessures volontaires ayant entraîné l'amputation de la quatrième phalange du doigt de Khadijatou Mbengue, une fillette âgée de 5 ans.
 
Le procureur général a toutefois relevé un doute dans la véracité des faits, raison pour laquelle il a requis l'acquittement de l'accusée. L’affaire a été mise en délibéré au 16 février prochain.
 
 
Les faits remontent à l'année 2012 où la dame Yacine Diop, enseignante à l’école Abass Sall, est accusée d’avoir frappé une de ses élèves, Khadijatou Mbengue alors âgée de 5 ans, ce qui lui a finalement valu une amputation de la quatrième phalange de sa main. Devant la barre, l’accusée Yacine Diop a nié toute imputabilité, avant de donner sa version des faits. Elle déclare que c’est le sieur Macoura Ndiaye, agent comptable de l’école qui l'avait appelé au téléphone pour lui demander de venir répondre au directeur. Et, à sa grande surprise, elle a trouvé sur place des collègues ainsi que M. Mbengue, père de la victime, l’accusant d’avoir cassé le doigt de sa fille. « Je n’ai jamais frappé cette petite.  Khadija était une élève modèle. Elle ne m'a jamais causé de problème et elle ne s’est pas blessée à école », a-t-elle confié à la Chambre. Ainsi, elle déclare avoir utilisé la règle pour frapper les élèves afin de les remettre à l’ordre. Ayant fait huit (8) ans de carrière dans l’enseignement, la dame Yacine Diop a révélé avoir des antécédents avec le père de la victime d’où son acharnement sur elle. 
 
Interrogée sur les faits, la victime Khadijatou Mbengue a avoué qu’elle avait un début de panaris, bien avant que sa maîtresse ne la frappe. 
 
Cheikh Tidiane Mbengue, père de la victime a fait savoir que c'était la énième fois que l’accusée battait sa fille. « Quand ma fille est venue me dire que sa maîtresse l’a encore frappée, je lui ai demandé ce qu'elle avait encore fait. Par la suite, elle m’a montré son doigt et je l’ai amené à l’infirmerie du camp Leclerc où elle a obtenu un pansement alcoolisé », a-t-il indiqué avant de poursuivre que quelques jours après, l’état du doigt s'est aggravé. C’est par la suite que le père de la victime a amené sa fille à l’hôpital militaire de Ouakam (Iho), où les médecins lui ont recommandé de faire une radio.
 
Réclamant avoir la garde de la fille et sa prise en charge, la mère de victime a contredit son époux et déclaré que la petite avait un panaris avant même qu’elle ne soit frappée par sa maîtresse. C'est pourquoi, elle a révélé qu’elle avait demandé à son mari de laisser tomber l’affaire et de ne pas se fier aux allégations d’une petite fille de 5 ans. 
 
Lors de sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile a souligné que la fille n’a jamais eu de panaris et elle a avoué que sa maîtresse l’avait frappé avec une règle. La robe noire a souligné que le juge d'instruction du deuxième cabinet a interrogé, à cette occasion, la fillette en présence de sa mère, et elle avait laissé entendre que Mme Yacine Diop lui avait tenu la main avant de la frapper parce qu’ils étaient en train de crier dans la salle de classe au moment de l’appel du muezzin. « Au-delà de la déclaration de la fille et du père, des témoins ont confirmé que la dame Yacine Diop a frappé Khadidiatou Mbengue sur son doigt. Ces élèves témoins des faits avaient été entendus par le juge d'instruction et les dires ont tous corroboré les faits de violence que l'accusée a infligée à la fillette », a fait savoir la robe noire.
 
La défense a demandé une somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts que l’accusée devra payer solidairement avec l’école Abass Sall.
 
Le procureur général a souligné lors de son réquisitoire que la victime a fait des révélations qui montrent qu'elle a été frappée de manière constante par sa maîtresse. Et trois de ses camarades de classe avaient corroboré devant le juge d'instruction que la dame Yacine Diop frappait régulièrement ses élèves avec une règle. Des allégations que l'accusée a niées devant le prétoire. Mais la question que le parquet se pose est de savoir est-ce qu'une règle en bâton peut entraîner une telle blessure. Ce qui relève d’un doute, souligne le parquet, qui ne voit pas comment une règle de 20 cm en bois peut entraîner une amputation. Le maître des poursuites a révélé que l’amputation de la quatrième phalange est due plutôt à l’infection avancée du panaris.
 
« Elle souffrait déjà d'une douleur au niveau du doigt, et sa mère l'a affirmé devant votre barre. Le doute persiste et je ne peux demander que son acquittement, » a souligné le parquet.
 
La défense, assurée par Me Abdoulaye Tall, a plaidé pour l'irrecevabilité de la constitution de partie civile du sieur Cheikh Tidiane Mbengue, père de la victime qui n'a d'autre objectif que faire mal à sa cliente. L'avocat a ensuite plaidé l’acquittement de sa cliente Yacine Diop, purement et simplement, avant de demander au juge sa réhabilitation.
 
 
Finalement, l’affaire est mise en délibéré au 16 février 2021.
Mardi 2 Février 2021
Dakar actu




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