Coup d’État avorté en 2006 en Gambie : le récit glaçant du Colonel Mendy, emprisonné et torturé pendant 10 ans par Yahya Jammeh : « Ils ont pris un fil électrique qu’ils ont mis sur ma tête entourée par un sachet, jusqu’à ce que les sachets fondent »


La Commission, vérité, réconciliation et réparations (Truth, reconciliation and reparations commission) installée suite au départ de Yaya Jammeh, a reçu le jeudi 19 novembre 2020, le lieutenant-colonel Pierre John Mendy. À cet effet, le Colonel a fait de graves révélations sur le régime de Yahya Jammeh.
« Ma famille n’était pas au courant de mon arrestation. Deux jours après mon séjour à la prison de Mile 2, ils m’ont conduit sous escorte de Malick Jatta, Sanaa Mandiang, Jaju alias Rambo, Moustafa Sanneh, Michael Korrea et un autre dont j'ignore le nom, au siège de NIA ».
« Le nommé Malick Diatta, à la descente du véhicule, a voulu me faucher à deux reprises, et aussi au niveau des escaliers, il a voulu mettre son pistolet sur ma tête et avec mes mains menottées, j’ai écarté son arme. Sanaa Mandiang lui a dit de me laisser et d’arrêter », lâche-t-il.
Le colonel Mendy fut introduit dans une salle où il y avait certaines personnes qu’ils connaissaient et qui lui ont demandé s’il savait ce qui l’a conduit ici : il leur répondit qu’il ne savait pas et que s’ils en savent quelque chose qu’ils le lui disent. Ensuite, ils lui ont demandé s'il était au courant du coup d’État manqué. « Je me rappelle qu’un jour, Alpha Ba, adjoint du CDS, après une séance de travail m’a fait savoir que le CDS préparait un coup d’État et je lui répondis qu’il ne faut pas qu’il croit à cela et qu’il soit aussi stupide. Je croyais que c’était des farces, mais après avoir bien réfléchi, j’ai décidé d’en parler à un proche du Président Susan Wafa Ogoo. J’ai aussi voulu savoir si le Président Jammeh était là, mais j’ai appris qu’il avait voyagé et je m’en suis arrêté là. »
Après le « Panel room » a recommandé que je sois renvoyé en prison à la prison de Mile 2 sans aucune charge. « À la descente des escaliers du siège de NIA, Malick Jatta, par surprise, m'a donné avec son pistolet un violent coup sur la tête. Le sang commença à couler. Personne ne lui avait ordonné de me frapper, il l'a fait pour se venger. C'était une sorte de vengeance parce qu'en 1998, je l’avais dénoncé pour usage de chanvre indien dans un camp, » a-t-il fait savoir.
 
Après son deuxième passage à la NIA dans le « Panel Room », un certain Aidara, avec une barbe longue, a recommandé pour qu’on le transfère dans un lieu de tortures. « J’ai subi de violentes tortures avec des objets de toutes sortes. Les gens qui faisaient cela sont Malick Jatta, Sanaa Mandiang, Modou Jaju alias Rambo, Moustafa Sanneh, Michael Korrea, Noua Badji, et autres personnes. Je suis retourné à Mile 2 avec mes blessures sans soins, » a-t-il laissé entendre.
Le jour où le Colonel a le plus souffert des tortures, c’était un 10 avril alors qu’il était en train de dormir aux environs de 3 h du matin ; ils l’ont conduit à la NIA et ils ont mis sur sa tête six (6) sachets en plastique. D’après lui, ce qui l’a sauvé c'est qu’on l'avait menotté les mains devant et il a pu trouer les sachets avec son doigt pour pouvoir respirer. « Ils ont pris un fil électrique qu’ils ont mis sur ma tête entourée par un sachet jusqu’à ce que les sachets fondent".
Il poursuit qu’ils l’ont électrocuté avant qu’ils ne le frappent et il y avait deux personnes qui étaient devant lui, qui lui donnaient des coups et deux autres sur les côtés.
Il y a des choses qu’il n’a pas voulu aborder par souci de pudeur.
Vendredi 18 Décembre 2020
Dakaractu




Dans la même rubrique :