Construction d’un camp militaire à Goudiry : Quand le Sénégal prend au sérieux la menace terroriste venant de l'Est.


Le ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba, a procédé ce mardi 14 juillet, à la pose de la première pierre du Camp militaire de Goudiry, dans la région de Tambacounda.

« Ce nouveau cantonnement entre dans le cadre de la volonté des hautes autorités de densifier le maillage territorial des unités afin de s’adapter à l’évolution du contexte stratégique régional et répondre davantage aux besoins des populations en matière de sécurité », précisait la direction de l’Information et des relations publiques des Armées (DIRPA).

En clair, le Sénégal prend les devants dans la lutte contre l’insécurité et les menaces transfrontalières de tout genre dans un contexte régional en ébullition.

Sous la pression des forces armées locales et de l’opération Barkhane, les groupes terroristes qui sévissent au Mali, dans le Nord et dans le Centre, peuvent se déployer à l’Ouest.

Il a été noté ces derniers mois des incidents dans la région de Kayes, revendiqués par le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), affilié à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Un poste de péage de Diéma, située à 275 km à l’est de Kayes, a été attaqué dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 janvier. Deux agents en service au péage sont morts dans cette action revendiquée par le GSIM. 

Le lundi 10 février, la Brigade territoriale de la gendarmerie de Diéma a subi, un assaut prêté aux terroristes. Deux assaillants ont été tués alors qu’un gendarme a perdu la vie lors des combats. 

Ces actions et d’autres avant elles valident l’idée selon laquelle l’Ouest malien devient de plus en plus une cible des groupes terroristes liés à Al Qaida. D’où la nécessité pour les pays frontaliers, la Mauritanie et le Sénégal de renforcer leur présence militaire au niveau de cette partie de leurs frontières avec le Mali, non seulement pour éviter toute infiltration mais aussi pour stopper tout repli stratégique des malfaiteurs.

En déployant déjà le Garsi (Groupement d’action rapide de surveillance et d’intervention) à Bélé, le Sénégal avait déjà compris que cette partie de son territoire devait être surveillée comme du lait sur le feu. 

Les évènements du 22 janvier sont venus lui rappeler que dormir sur ses lauriers est l’erreur qu’il ne devrait certainement pas commettre. Une patrouille du Garsi a essuyé de tirs vers le village de Gathiary, dans l’arrondissement de Kéniéba (département de Bakel). Leurs auteurs ont eu le temps de fuir laissant derrière eux des étuis de calibre 7.62 mm, un fusil de chasse, un sac à dos contenant des effets personnels et des fragments de poignet de l’arme de guerre AK-47.

S’il est vrai que dans leur communication, les autorités sénégalaises ont voulu minimiser cet incident, en coulisse, toutes les hypothèses dont celle d’une provocation terroriste, ont été étudiées avec minutie et des réponses préemptives adoptées d’où l’implantation de cette base militaire dans le département de Goudiry.

Mercredi 15 Juillet 2020
Dakaractu



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