Conditions de détention dans les commissariats : « L'indignité » des locaux de garde à vue décriée.

Ils sont nombreux à alerter sur les conditions de retenue dans les commissariats du pays. Le constat dressé par des personnes dernièrement gardées à vue, renseigne sur une « indignité » des locaux de garde à vue à la police.


Conditions de détention dans les commissariats : « L'indignité » des locaux de garde à vue décriée.
Les personnes en garde à vue s’y entassent dans des « conditions de promiscuité indignes », dénonce Fou Malade. « Les gens sont entassés dans de petites cellules. Les conditions d'accueil au commissariat  central sont indignes. Aucun effort n’est fait pour que cela change », dénonce-t-il.

Si l’on en croit l’activiste, « l’intrusion de rongeurs laisse la personne gardée à vue médusée de la situation inacceptable » dans laquelle elle se trouvait « avec une odeur d'excréments insoutenable ». « Le détenu se sent humilié, rabaissé, alors qu’il y a un minimum à faire », regrette-t-il.

« C’est une situation qui affecte la dignité du détenu, et est de nature à engendrer des conséquences. C’est une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale des détenus qui n’ont pas un lieu adéquat pour satisfaire leurs besoin naturels. »

L’artiste-activiste pense que le traitement indigne infligé aux personnes mises en cause commence par la façon par laquelle elles sont appréhendées. Il en veut pour preuve la dernière arrestation de Guy Marius Sagna à Guédiawaye. Malal se désole du fait que les autorités, averties à plusieurs reprises, ne réagissent pas. « Les autorités s’étaient engagées à des changements qui n’ont pas été mis en œuvre », a-t-il ajouté.

La situation est « quasi-systématique » dans tous les commissariats, selon Me Assane Dioma Ndiaye. L’avocat de rappeler : « Plusieurs rapports ont été publiés à ce sujet au comité des Nations-Unies. Des conditions de détention incompatibles avec la dignité humaine peuvent être assimilées à la torture. »

Le droit de l’hommiste estime, par ailleurs, que le Sénégal connaît « une régression » en matière de respect de la dignité de la personne humaine. « Au niveau des commissariats et des lieux de défèrement, des problèmes d’hygiène se posent. Les personnes, sous le régime de la garde à vue, sont couchées à même le sol », déplore Me Ndiaye. 

Et même dans les tribunaux régionaux, les conditions sont intolérables, selon le président de la Lsdh, qui préconise un « respect de l'être humain dès le commencement de sa garde à vue et après le défèrement. » Sur ce, il est d’avis que le Sénégal est en deçà des normes et standards internationaux. « Nous ne cessons d’alerter l’État qui doit assurer et garantir le respect de la dignité humaine », a-t-il ajouté.

Sur le même registre, un autre témoignage signé Pape Ndiaye. Le journaliste de Walf’ déplore la présence de cafards qui ont également fait leur apparition dans le lieu de garde à vue où il se trouvait il y a quelques mois. Des rats ou des cafards dans la cellule. C’est ce que croisent quotidiennement les détenus en garde à vue au Commissariat central de Dakar, selon l’animateur de l’émission Balance.  

Si l’on en croit les témoignages de nombreux ex-détenus, recueillis au cours de la dernière année, il y a une présence massive de rongeurs dans les geôles des commissariats d’arrondissement, où les murs et les surfaces grouillent parfois d’insectes...
Mercredi 29 Septembre 2021
Dakaractu



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