Assises citoyennes sur les droits des femmes et des filles : « Nous devons consolider l’héritage et l’adapter aux réalités nouvelles » (Maïmouna A. Yade, directrice exécutif J-GEN)


La directrice exécutive de J-Gen Sénégal a présidé ce mercredi l’installation du comité de pilotage des assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles, prévues du 25 au 27 novembre 2026. 
Maïmouna Astou Yade devant des pionnières du mouvement féministe sénégalais, syndicalistes, universitaires, militantes communautaires et figures citoyennes a posé les jalons d’un rendez-vous qu’elle veut historique.
 
En effet, la directrice exécutive de J-Gen Sénégal a tenu à replacer l’événement dans sa juste perspective. Ces assises, a-t-elle estimé, « ne naissent pas dans le vide ». Elles s’inscrivent dans une continuité de décennies de luttes portées par les femmes sénégalaises, depuis bien avant l’indépendance jusqu’à nos jours. « Les avancées enregistrées dans notre pays ne sont pas arrivées par hasard. Elles sont le fruit de longues années de mobilisation, de sacrifices, de plaidoyers parfois extrêmement difficiles », a-t-elle rappelé.
 
Retraçant le fil de l’histoire des femmes dans la société sénégalaise, de leur rôle précolonial dans la gouvernance communautaire à leur participation active à la construction nationale après 1960, Maïmouna Astou Yade a fait le survol des progrès qui ont été accomplis et les défis qui demeurent entiers notamment les violences basées sur le genre, les féminicides, discriminations juridiques persistantes, l’accès inégal aux ressources et aux espaces de pouvoir. « Les droits des femmes ne doivent pas être circonstanciels », a-t-elle averti, dénonçant le risque de voir ces acquis dépendre des alternances politiques ou des priorités du moment.
 
Loin de vouloir opposer hommes et femmes, la responsable de J-Gen Sénégal a montré le caractère universel de cette démarche. « Les droits des femmes ne concernent pas uniquement les femmes. Ils concernent toute la société », a-t-elle affirmé. Toutefois, elle appelle familles, jeunes, hommes, syndicats, secteur privé et État à s’approprier pleinement ce processus. « Nous avons besoin d’alliés. L’égalité et la justice renforcent la société tout entière », a-t-elle ajouté. 
 
Le comité de pilotage installé lors de cette rencontre est appelé à incarner, selon ses mots, « un espace d’écoute, de dialogue, de transmission et de construction collective », capable de dépasser les clivages habituels pour rassembler toutes les sensibilités autour d’un objectif commun : renforcer durablement la place, la sécurité, l’égalité et la participation des femmes dans la société sénégalaise.
 
Maïmouna Astou Yade se dit par ailleurs convaincue que « l’expérience des pionnières, l’engagement des organisations et l’énergie de la jeunesse » permettront de bâtir un processus « utile, crédible et porteur d’espoir » pour le Sénégal.
 
 
Jeudi 21 Mai 2026
Dakaractu



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