Absence de stades homologués : Le Sénégal premier sur le papier, dernier sur le terrain !

Le Sénégal serait-il devenu la risée de l’Afrique ? Une interrogation qui est légitimement suscitée au lendemain de la publication de la liste officielle des pays disposant d’une homologation de leurs stades par la Confédération africaine de football (CAF), en vue des deux premières journées des éliminatoires du mondial Qatar 2022. Une liste sur laquelle ne figure aucun stade Sénégalais !


Une liste sur laquelle le vice-champion d’Afrique de la Coupe d’Afrique des nations 2019 (CAN), premier en Afrique, au classement FIFA, le Sénégal, est absent. En d’autres termes, le pays de l’actuel ballon d’or africain, 4ème au ballon d’or européen en 2019, Sadio Mané et les Lions du Sénégal n’ont même pas un seul stade de football digne du nom, dans leur pays.

 

Une anomalie non seulement inacceptable, mais surtout scandaleuse si l’on prend en compte les investissements à coups de milliards qui ont été souvent annoncés sur le plan des infrastructures sportives. Et pour cause, les carences du Sénégal en l’espèce sont à présent indéniablement mises à nu par cette décision implacable et édifiante de la CAF.

Des manquements qui étaient cachés, la plupart du temps sous un tapis de promesses et ou de chantiers inachevés entre les réhabilitations à n'en plus  finir et les nombreux projets de reconstruction de sites vétustes, encore en attente. Il est vrai que le sport sénégalais, notamment le football, n’a jamais été gâté en joyaux sportifs. Car, avant l’inauguration du Dakar Arena le 9 août 2018, et un peu plus tôt celle de l’arène nationale de lutte au mois de juillet 2018, le déficit était criard. Seul le stade Léopold Sédar Senghor résistait encore et permettait tant bien que mal au Sénégal d'accueillir des rencontres internationales.

Sauf que ce dernier, à l'instar du stade Demba Diop, est à présent fermé, en attendant de refaire peau neuve comme annoncé à plusieurs reprises par le ministre des sports, Matar Bâ. La pandémie de la Covid-19 est passée par là, nous dira-t-on, retardant les procédures et le démarrage des divers travaux. Le virus à couronne a bon dos...

 

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation critique ? Avions-nous réellement établi une politique sportive viable et durable pour pallier ce genre de situation ? Pourtant d'aucuns se targuent à tort ou à raison d'avoir un régime au pouvoir qui s'est démarqué de ce qui se faisait avant, avec l'érection de plusieurs infrastructures sportives et autres projets destinés à développer le sport sénégalais de 2012 à nos jours.

 

Justement le projet de réhabilitation du stade Lat Dior de Thiès est l’exemple type de ce qui ce qui se fait actuellement sur le plan des infrastructures sportives : beaucoup de fonds mobilisés pour un chantier jamais bouclé, ne répondant pas du tout aux normes standards. Cette affaire doit être tirée au clair et les responsabilités clairement situées. Au-delà même de la personnes à qui le marché a été confié, et des conditions dans lesquelles elle a été désignée, la fédération sénégalaise de football et le ministère des sports ont l’obligation de rendre des comptes sur la gestion de ce dossier.

 

Les tentatives d'explications et de justifications alambiquées récemment servies par les « avocats du diable » qui, font état d’une situation « temporaire » et les petits travaux au stade Lat Dior, en cours, justifiant cette homologation refusée au Sénégal, ne sont ni convaincantes ni recevables. Une posture qui démontre à suffisance que le problème est en passe d’être minimisé à défaut d’avoir été étouffé.

 

Au moment où le peuple sénégalais s’attend peut-être avec un peu trop d’optimisme, à soulever le trophée continental à la CAN Cameroun 2022. Ce camouflet vient remettre beaucoup de choses en cause. Loin des considérations d'ordre sportif et ou technico-tactique, c’est de l’avenir du football sénégalais qu’il s’agit. Dans un contexte où le débat sur un quatrième mandat du président de la FSF, Augustin Senghor, défraie la chronique, ce fait sonne comme un rappel à l'ordre. Il est temps de revoir nos priorités et de poser les véritables problèmes pendant qu'il est encore temps.

 

C'est fini ! "Lat Dior" ne peut plus sauver la nation. Malgré le rafistolage systématique et les coups de pinceaux destinés à maquiller la hideuse réalité, la vérité nous a rattrapés. Qu'on se le tienne pour dit, même une homologation provisoire du stade de Lat Dior ne saurait être acceptable comme plan B! L'indignation des Sénégalais qui seraient "anti patriotiques" ou trop alarmistes, est non seulement légitime, mais fort justifiée. Un stade qui ne remplit ni les conditions sécuritaires imposées par la CAF, encore moins les commodités de base requises pour ce type de bâtiment, n'est pas digne du Sénégal.

 

La route vers le développement du football sénégalais est encore très longue et sinueuse... Néanmoins, force est de reconnaître que des avancées ont été réalisées quoique insuffisantes. Loin du nihilisme total, l'espoir reste alors permis, il suffit de trouver la bonne formule et surtout les hommes qu'il faut pour changer de paradigme.

Mercredi 5 Mai 2021
Dakaractu



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