ACTU-DÉBAT / Mamour Cissé (PSD/Jant Bi) : « La société civile manque de crédibilité pour faire des reproches au chef de l'État (...) Le patriotisme devrait permettre à toute l'opposition de refuser que l'USAID finance l'audit du fichier électoral ».


Même s'ils sont nombreux ces personnalités politiques et citoyens qui pensent que le dialogue politique n'a servi  de tribune qu'à une partie de la classe politique pour orchestrer des deals politiques sur le dos des sénégalais, le fondateur du parti social-démocrate, PSD/JANT BI,  relativise. Pour Mamour Cissé, l'État du Sénégal a posé un pas décisif dans la marche démocratique du pays. 

"Le dialogue est une excellente chose. Car on a eu des consensus larges sur un certain nombre de choses. Le seul regret que j'ai c'est que le patriotisme devrait permettre à toute l'opposition de refuser que l'USAID finance l'audit du fichier électoral. C'est une question de dignité nationale. On devrait s'engager à le faire sans l'appui de personne. Tout le monde devait y participer. Mais il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec la proposition du ministre des collectivités territoriales sur le statut des villes. Que ceux qui ne sont pas d'accord aillent faire des recours là où il faut le faire, mais pas polémiquer.

Face à la situation socio-économique que nous traversons, et que tout est devenu prioritaire dans le pays, est ce que qu'on ne doit pas trouver un consensus ensemble pour combattre la pandémie et redresser l'économie du pays. Pour revenir sur le dialogue politique c'était important qu'il y ait un consensus.  Et la nomination du nouveau ministre de l'intérieur, Antoine Félix Diom, s'inscrit dans cette dynamique. C'était une proposition du dialogue politique", a rappelé d'emblée Mamour Cissé, qui dit être toutefois "pour une opposition forte. Car l'esprit critique est très important dans un État démocratique".

Concernant la polémique sur la question du troisième mandat du président Macky Sall, agitée depuis un certain par certains des ses anciens collaborateurs, des membres de l'opposition et une partie de la société, Mamour Cissé reste catégorique que c'est un débat inutile et sans fondement. 

"Macky Sall est dans son premier ou deuxième mandat, cela n'engage que ceux qui le disent. Mais tout ce qu'il faut savoir c'est que seul le juge constitutionnel pourra répondre à cette question. Et le moment venu le juge constitutionnel se prononcera et donnera son avis au chef de l'État. Et si le chef de l'État décide d'aller à un troisième mandat, je le comprendrais, car c'est son droit le plus absolu. S'il a fait un bilan qui mérite que je l'accompagne, je l'accompagnerai sans problème aucun", a précisé l'ancien ministre d'État sous le régime libéral, Mamour Cissé qui se défoule sur une partie de la société civile qu'il traite de "mal placée pour donner des leçons de morale au président de la République Macky Sall."

"Une certaine partie de la société civile manque de crédibilité pour faire des reproches au président de la République. Car rester dans une organisation pendant presque vingt-ans, aller dans une autre organisation et revenir dans les affaires sans prendre de retraite, et vouloir ensuite donner aujourd'hui une leçon de morale au chef de l'État. De quoi relève tout ça? Alors qu'ils sont là depuis cinquante ans sans bouger. Comment peuvent-ils expliquer ça, où est la morale et l'éthique dans tout ça? Dans chaque pays démocratique il y a le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, donc laissons le pouvoir judiciaire jouer pleinement son rôle. Mais encore une fois ce n'est pas à la société civile qui n'est là que pour ses propres intérêts, de donner des leçons de morale au chef de l'État", soulignera encore Mamour Cissé. 

Entre autres questions abordées au cours de cette émission, la situation économique nationale avec le plan de résilience économique lancé par par le gouvernement sénégalais dans le cadre de la riposte contre les impacts de la pandémie Covid-19...
Mercredi 30 Décembre 2020
Dakaractu




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