Tacko Fall (Pivot Boston Celtics, NBA) : « J'essaie de donner le meilleur de moi-même en tant que Sénégalais et en tant qu'Africain »

Tacko Fall (Sénégal) des Boston Celtics était l'invité de la musicienne sud-africaine Sho Madjozi dans le quatrième épisode de "NBA Africa Game Time", en ligne sur la chaîne YouTube de NBA Africa. Tacko revient sur son parcours, évoque la possibilité de représenter son pays et explique comment il garde le contact avec sa famille pendant la pandémie du covid-19. Entretien...


Sur sa première saison...

 

« Je pense que ma saison n'aurait pu être meilleure…. Les Celtics m’ont fait une excellente proposition ; ils ont estimé qu’il serait plus avantageux pour moi d’être à cheval sur Boston et la NBA Gatorade League. C’est ma première année, avec les nombreux joueurs présents, je n’ai pas obtenu l’occasion de jouer. Pour continuer à m'améliorer, je dois acquérir de l'expérience et la meilleure manière a probablement été (d'aller) en G League. Le Maine était une très petite salle de gym, du coup c'était toujours bondé. Les tickets étaient tous vendus, donc l'ambiance était géniale. Je me suis amélioré en plus de m’être beaucoup amusé. Ils ont fait du bon travail pour m'aider à m’entrainer. Ces deux expériences combinées ensemble m'ont vraiment aidé. »

 

Sa popularité en championnat...

 

« Je ne peux pas vous dire, je ne sais pas trop. J'essaie d'être moi-même, je pense être une personne très transparente... Jouer à Boston a été juste époustouflant. Les fans m'ont vraiment accepté, j'ai eu énormément de chance de jouer pour une telle équipe. »

 

 Sa relation avec ses coéquipiers

 

« Nous nous entendons tous bien. Personnellement, je pense que nous avons l'une des meilleures alchimies parmi les équipes de la NBA. Tout le monde prend soin les uns des autres, nous nous soutenons tous. »

 

Sur le leadership de Kemba Walker

 

« Kemba est une bonne personne de façon générale. Il nous traite comme si nous avions tous le même âge. Il s'occupe de presque tout le monde dans l'équipe, il encourage tout le monde sur le terrain. Il vient juste d'arriver et assume déjà ce rôle de leadership tout comme d'autres joueurs. »

 

Sur son retour au Sénégal l'année dernière pour participer au camp « Basketball Without Borders Africa »

 

« C'était la première fois que je rentrais après sept ans. Lorsque je suis parti, j’étais un adolescent. Je ne possédais pas grand-chose, j'avais 16 ans… Je suis rentré chez moi et le sentiment était différent. J'ai rencontré le Président (Macky Sall)…. Nous avons échangé avec lui et ensuite il y’a eu une conférence de presse. Ils ont commencé à parler au Président, et puis juste après, toutes les caméras se sont tournées vers mon visage…. J'étais tellement nerveux ».

 

Représentant du Sénégal et l'Afrique dans la NBA

 

« J'essaie de donner le meilleur de moi-même du mieux de mes capacités, en tant que Sénégalais et en tant qu'Africain. Rentrer dans mon pays natal et voir tout le travail accompli… Etre remarqué par beaucoup de gens… Je ne me considère quand même toujours pas comme un modèle, j'essaie juste de vivre ma vie de la meilleure façon possible, j’essaie d'être aussi transparent que possible ».

 

Sur ses débuts dans le basketball et sur les traces des icônes sénégalaises comme Makhtar Ndiaye, Mamadou Ndiaye et Gorgui Dieng…

 

« Le frère de Mamadou est celui qui m'a initié au basket-ball. J'ai rencontré Mamadou pour la première fois au Sénégal. Pour la petite histoire, c’est le frère de Mamadou qui m'a approché ... Il a essayé de m’inscrire à son académie, mais je ne savais pas qui il était. Je l’ai informé qu’il devait d'abord parler à ma maman. Et puis, il est allé la voir… Il lui a dit : tu sais qu'il est grand, c'est un gamin intelligent, je veux l'aider. Il ira dans une école… j’avais 16 ans… Donc il l’a rassurée et lui a dit qu’ils allaient me soutenir aux États-Unis… »

 

 

« Je ne savais pas comment jouer au basket. J'avais l'habitude d'aller dehors et de lancer des paniers, mais je n'ai jamais été basketteur. Pour obtenir la formation dont j'avais besoin, je devais aller aux États-Unis, jouer dans de grandes compétitions et avoir un excellent entraînement. C’est ce qu’il a expliqué à ma mère, et que je pourrais également obtenir une très bonne éducation. J'ai passé six mois dans l’académie du frère de Mamadou... »

 

« La première fois que j'ai rencontré Mamadou, c'était après avoir commencé à l'académie. Il est venu à ma rencontre. Après six mois, je les ai quittés et je suis venu à Houston. Et c'est à peu près ainsi que tout a commencé »

 

« Makhtar (Ndiaye) me suivait de près. Il travaille pour les New York Knicks…. La première fois que je l’ai rencontré, il était venu vers moi et a commencé à parler le wolof. Mais je ne savais pas grand-chose sur lui à l'époque. Plus nous nous rencontrions et plus j'en apprenais sur lui… Makhtar est l'une des meilleures personnes que je connaisse, il est très authentique… »

 

« Quant à Gorgui, c’est une personne formidable, il fait beaucoup pour le Sénégal. Il est à l’origine de plusieurs initiatives pour la communauté. Je souhaite pouvoir faire de même… Je ne me suis  pas encore entretenu avec lui, mais j’observe de loin et j'essaie juste d'apprendre le plus possible. »

 

« Donc, tous ces gars, de Makhtar, à Mamadou en passant par Gorgui, je pense qu’ils réalisent un excellent travail pour représenter mon pays et donner l'exemple aux futures générations ».

 

À propos de Michael Jordan et du documentaire des Chicago Bulls "The Last Dance"

 

« C’est cette génération qui a mis le basketball au-devant de la scène. En suivant le documentaire, les coulisses, on se sent reconnaissant de faire partie d'une si grande fraternité… À la NBA, tout le monde prend à peu près soin les uns des autres. Je me sens vraiment chanceux d'en faire partie. »

Vendredi 15 Mai 2020
Dakaractu




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