Sénégal 2019 : Un si grand besoin de Idrissa Seck


Sénégal 2019 : Un si grand besoin de Idrissa Seck
Alors que les échéances de 2019 approchent, faisant croître chez les citoyens le désir de mettre fin à ce septennat perdu, le Sénégal a besoin de prendre avec force mais avec intelligence le virage du changement d’un changement systémique, pour le bien de sa si jeune population.

Le besoin de Idrissa Seck n’est en rien assimilable à celui d’un messie. Il est plutôt le produit d’un contexte social qui requiert aussi bien le courage de se libérer du système, ce qu’il a maintes fois prouvé sous Wade et sous Macky, mais aussi une large expérience. Cette expérience ne se limite pas juste à celle de l’État et de la diplomatie, mais surtout une expérience de vie, si importante pour diriger ce pays.

Inspirer le peuple pour en libérer l’énergie créatrice et transformationnelle

Le plus grand échec du président Macky aura été son incapacité de produire une adhésion populaire autour d’une vision qui rassemble tous les Sénégalais et mobilise leur énergie pour transformer ce pays. La faillite morale de son régime, produite par des multitudes de promesses jamais tenues, par un traitement inéquitable des opposants, par une incapacité de produire la gouvernance sobre et vertueuse tant attendue, l’empêche de générer un leadership inspirationnel, tellement important dans les processus de changement en Afrique. Le président Macky Sall n’a pas pu inspirer les Sénégalais en étant lui même porteur du changement qu’il veut créer.

Malgré les critiques que l’on peut lui faire, Idrissa Seck est doté de cette capacité formidable d’inspirer, de mobiliser les énergies. Il ne s’agit point de le présenter comme un messie, puisque le contexte actuel n’en requiert point, mais plutôt de mettre en avant sa faculté à regrouper les énergies et les consciences autour d’un projet commun, et de coordonner avec efficacité le déploiement efficient des moyens nécessaires à sa réalisation. Les multiples témoignages recueillis auprès de personnes ayant collaboré avec lui dans le cadre des politiques publiques, ainsi que son passage à la Primature le prouvent à suffisance.

Défendre avec force et intelligence l’intérêt vital du Sénégal

L’autre échec de Macky Sall c’est son incapacité à défendre les intérêts du Sénégal dans un contexte international où notre pays, pour de multiples raisons, devient l’épicentre de plusieurs offensives étrangères. Cette opportunité qui devrait permettre au pays de mieux se vendre, d’imposer ses conditions et de choisir ses partenaires a été manquée, à la fois par manque de vision et aussi pourrait-on dire par un déficit de leadership. De ce point de vue, on peut affirmer, avec force, qu’Idrissa Seck a raflé la plus grande part de l’héritage politique wadien de refus et de guem sa boopp. Son attitude d’un politique qui défend avec force, mais aussi avec intelligence, les intérêts vitaux de sa nation en font le plus grand héritier du Pape du Sopi.

Fédérer les forces du changement au delà de toute logique de système et d’appareil

Dans le contexte d’effritement de l’opposition, Idrissa Seck offre les garanties d’être le leader pouvant regrouper les différentes dynamiques qui œuvrent pour le changement. Son opposition au système qui lui vaut d’en être éjecté presque toujours dès le début, et d’entamer courageusement une marche dans l’opposition auprès du peuple, combinée à son expérience de l’Etat et sa maturation personnelle font de lui le candidat pouvant fédérer la multitude d’acteurs du changement, aussi bien les nouveaux que ceux qui le sont moins. Il offre aussi bien la garantie de l’expérience, tellement importante dans la gestion d’un pays comme le Sénégal, qui ne demande pas que des aptitudes techniques, que celle de la capacité à s’opposer au système comme le montrent son attitude face aux régimes de Wade et de Macky.

L’exemple de Talla Sylla à la mairie de Thiès, le ralliement derrière Khalifa Sall lors des législatives prouvent à suffisance ses capacités de s’élever au delà des appartenances partisanes et d’appareil et de la dictature de l’égo, pour une gouvernance partagée, très différente d’une gouvernance de partage.

Sa compréhension des enjeux géopolitiques et technologiques actuels en font un dirigeant en lien avec son temps, capable de saisir les opportunités qu’offre le système international pour permettre au bateau sénégalais de voguer dans les eaux troubles d’une mondialisation qui requiert du dirigeant la faculté de garder toujours le cap des intérêts vitaux de sa nation.

 

Saliou Dione
Consultant international
Dimanche 23 Septembre 2018
Dakaractu



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