Reprise en présentiel, gouvernance des universités : le Saes liste ses inquiétudes et démonte le MESRI


La Conférence Nationale des Sections du SAES qui regroupe le Bureau National et tous les bureaux de Section de l'ensemble des Campus du Sénégal (Saint-Louis, Dakar, Thiès, Bambey, Ziguinchor, Sine Saloum et Université Virtuelle) s'est tenue ce samedi 22 Août 2020 à l'Ecole Polytechnique de Thiès. Cette instance statutaire du SAES intervient à un moment où les universités s'acheminent vers une reprise des enseignements en présentiel à compter du 1er septembre 2020. Cette reprise fait suite à une fermeture décidée par le Gouvernement depuis le 16 mars 2020 à cause de la pandémie de la Covid-19.
 Sur la situation des universités et la reprise en présentiel, le syndicat estime que le Ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) avait décidé, en septembre 2019, « d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers 2019 dans les établissements publics d'enseignement supérieur» sans tenir compte ni des infrastructures pédagogiques et sociales disponibles dans les universités publiques ni de l’avis des instances pédagogiques tel qu’exigé par la loi 2015-26 du 28 décembre 2015.
De plus, poursuit le Saes, « une année après la décision hasardeuse du MESRI, les improvisations et les errements notés dans la mise en œuvre des mesures d’accompagnement virtuelles et fantaisistes annoncées en grande pompe par le MESRI ont fini de mettre les  universités dans une situation extrêmement préoccupante avec un déficit en infrastructures, équipements, ressources humaines et financières contrairement à ce qui est indiqué dans les publi-reportages à la prétendue gloire du MESRI ».
Concernant la reprise des enseignements en présentiel annoncée par le MESRI pour le 1er septembre, le SAES déplore n'avoir été ni consulté ni associé par le MESRI sur les mesures à mettre en place, malgré les multiples interpellations pour une meilleure préparation de la réouverture des campus. Le SAES s’en tient donc aux décisions des instances universitaires et indiquera de façon autonome à ses militants, la conduite à tenir si les garanties minimales en termes d'hygiène, de santé et de sécurité indispensables à un bon déroulement des activités pédagogiques et de recherche ne sont pas réunies.
Sur les textes de gouvernance des universités, le SAES constate avec regret « l’inertie du MESRI sur la question des textes de gouvernance des universités. Même si le décret cadre n°2020-979 fixant les règles d'organisation et de fonctionnement des universités publiques a été signé le 23 avril 2020, et cela après le dépôt d'un préavis de grève du SAES ». Le syndicat autonome des enseignants du supérieur attend encore les décrets sur le fonctionnement de chaque université, ceux concernant les écoles et instituts ainsi que celui portant sur la procédure de désignation des Recteurs. Il estime que pour ce dernier texte, « le MESRI use d’un dilatoire manifeste » pour ne pas le faire signer, le temps de désigner ses recteurs en violation de l’article 21 de la loi 2015-26 du 28 décembre 2015 sur les universités publiques ainsi que de l’article 26 du décret n°2020-979 fixant les règles d’organisation des universités publiques.
Au demeurant, le SAES informe les parents d'étudiants et l’opinion publique nationale et internationale qu’il a, à plusieurs reprises, alerté le MESRI et ses services sur la nécessité de profiter de la période de fermeture des universités pour finaliser les chantiers en cours et mettre à disposition tous les textes de gouvernance ainsi que tous les moyens matériels et humains nécessaires pour une reprise des enseignements dans le respect du protocole sanitaire édicté par les autorités sanitaires et les commissions santé des universités. Bref, sur  « toutes choses qui auraient permis au MESRI d'éviter de se décharger sur les universités qui sont déjà au bord de l'asphyxie financière du fait du non-respect de ses propres engagements ».
 
Le SAES rappelle qu'il a toujours un préavis de grève en cours et tiendra le MESRI, bon adepte du non-respect de la parole librement donnée, pour seul responsable de la détérioration des conditions sanitaires dans les universités et de toutes les conséquences malheureuses ainsi que des perturbations qui pourraient découler des manquements récurrents et maintes fois dénoncés.
Lundi 24 Août 2020
Dakaractu



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