Prise en charge des cas Covid-19 : « Nous sommes débordés. En urgence, 90% des tests que nous faisons pour les malades reviennent positifs » (Mamadou Diarra Bèye, directeur SAMU National)

À l'heure où les hôpitaux sont submergés par d'innombrables cas de covid-19, la sensibilisation est toujours d'actualité même si un tiers de la population a toujours du mal à croire à la virulence de ce virus. L’État du Sénégal s'est mobilisé pour combattre ce virus, il est évident que toute autre structure sanitaire notamment, a le devoir de mener sa part de riposte pour éradiquer la Covid-19.
Le directeur du SAMU National, plus que jamais engagé dans cette lutte, s'est exprimé sur Dakaractu en donnant son avis sur l'évolution de cette troisième vague, la gravité de la situation au niveau des urgences et surtout, a tenu à renforcer la sensibilisation en appelant au respect des mesures barrières et la vaccination.


Le Samu national constitue une structure d'aide médicale urgente qui évolue également dans le cadre de la médecine pré-hospitalière. Il permet, disposant d'équipements et de personnels médicaux qualifiés, de commencer les soins et de déterminer où acheminer le malade dans la structure hospitalière à la hauteur de sa demande. 

Depuis l'arrivée de la pandémie de Covid-19 au Sénégal, le Samu National s'est bien engagé dans la guerre sanitaire. Mais avec ce variant Delta constaté dernièrement, la situation dans les structures hospitalières est assez préoccupante. C'est ce qu'a tenu à rappeler le Directeur du Samu National, Mamadou Diarra Bèye.

En effet, le spécialiste en réanimation rappelle que "la situation risque de devenir plus grave si les gens ne se signalent pas plus tôt. Actuellement, on est débordé. L'activité du Samu en général le conduit à aller voir des malades. Nous ne sommes pas une structure qui reçoit des patients etc... Aller prendre en charge un malade, c'est différent des consultations faites dans la structure médicale...", nous dira le spécialiste en réanimation qui rappelle toutefois qu'avec la Covid-19, c'est plus de 4h de temps qu'un malade est pris en charge. C'est donc un temps énorme si l'on considère le nombre de sorties par jour. "On a parfois une quarantaine voire une soixantaine de sorties par jour. Si chaque malade nous prend, 4h ou 5h de temps, la situation reste compliquée dans ce cas", alerte le Pr Mamadou Diarra Bèye au bout du fil de Dakaractu.

Concernant l'augmentation des appels surtout depuis le début de la pandémie de Covid-19, l'anesthésiste-réanimateur  nous explique que l'analyse est faite selon la qualité de l'appel. "Nous accordons la plus grande importance à la qualité de l'appel. À la première vague, nous avons eu énormément d'appels. C'étaient pour la plupart, des gens qui étaient juste inquiets et qui appellaient pour informer de quelques cas de parents, voisins ou autres. 
De nos jours, les gens se sont habitués à la maladie et il y a eu donc plus de recul.

"Les appels au niveau du Samu national deviennent moins fréquents", rappelle le Pr Bèye signalant qu'à cette période, c'est la sensibilisation, l'information et la conscientisation qui étaient le plus, les armes à passer au bout du téléphone. Maintenant, notre interlocuteur tient à nous dire que la situation a changé aujourd'hui. Le nombre d'appels a certes baissé, mais ce qui est inquiétant, c'est que tous les appels sont pratiquement pour de vrais malades (en général des malades fatigués qu'il faut transférer en urgence). Ainsi, pour la plupart du temps, il arrive de trouver des malades sur place et qui présentent tous les symptômes de Covid-19 et qui sont en retour testés positifs. "Il arrive que 90% des tests qui sont faits en urgence pour ces malades, reviennent positifs",  prévient le directeur du Samu National.

Confiant à Dakaractu ses impressions dans le cadre de la responsabilité des uns et des autres dans la gestion de la crise, le Pr Mamadou Diarra Bèye estime qu'il faut que la population soit bien consciente que la pandémie est là et qu'elle est en train de faire des ravages. "Le débat réel, c'est que les gens doivent se protéger eux-mêmes. La prévention est d'abord individuelle. Chacun doit se sentir concerné car, c'est dramatique aujourd'hui, quand on voit les malades augmenter de jour en jour, ce qui nécessite de très grandes quantités d'oxygène, alors que nous sommes un pays sous développé. La prise en charge est gratuite, mais c'est l’État qui la prend en charge. Il faut être conscient du danger et prendre ses propres responsabilités en portant les masques, en se lavant les mains et surtout, en allant se faire vacciner", a servi le spécialiste en réanimation.
Samedi 31 Juillet 2021
Dakaractu



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