Pétrole/Gaz : Jean François Vassas, expert : ‘’Ce que nous avons trouvé au Sénégal représente, 0,000 000 001% des réserves du Canada, on doit se calmer!’’


Dans notre pays, la découverte des gisements de pétrole et de gaz avait soulevé beaucoup de polémiques et de débats. Un débat si intense mais qui, aux yeux de Jean François Vassas, expert en ressources humaines, ne s’explique pas. Membre du Medef, il trouve urgent, pour les autorités sénégalaises de mettre à niveau les jeunes et leur offrir des formations en vue de l’exploitation prochaine de nos ressources pétrolières et gazières. Ce, afin qu’ils puissent avoir la qualification requise et trouver des emplois. 
 
M. Vassas rencontré alors qu’il était de passage à Dakar, a appelé les Sénégalais à ne pas trop se nourrir d’illusions. ‘’Aujourd’hui, j’ai comme l’impression qu’on imagine que le Sénégal va devenir une pétromonarchie dans 3 ans. Mais, on doit se calmer. Parce que ce que nous avons trouvé au Sénégal, cela représente 0,000 000 001% des réserves d’un pays comme le Canada. On est encore loin de la manne financière et donc tout le monde va bénéficier de ça. Il ne faut pas déjà tergiverser. On n’y est pas encore. En plus l’exploiter va coûter très cher. On en a oui ! Mais, on n’en a pas énormément ! On en a trouvé ! C’est déjà super’’, a-t-il dit.
 
Dans l’entretien qu’il a accordé à Dakaractu, récemment, M. Vassas de relever également que cette découverte de gisement est une bonne affaire pour le Sénégal. ‘’Politiquement, c’est bien. C’est un bel effet d’annonce. Mais, est-ce qu’il va être rentable ? Il risque de coûter plus cher de l’exploiter que de l’acheter ailleurs. Déjà, cela est un autre domaine. Qui est ce qui va l’exploiter ? Est-ce que, aujourd’hui, l’Etat a mis en place des formations de techniciens soudeurs tuyauteurs spéciaux ? C’est ce qu’il faut pour acheminer le gaz ? Est-ce qu’il y a eu des ballons ? Qui est ce qui va l’exploiter ?’’

‘’S’il n’y a personne qui sait faire le boulot, on va faire venir des Angolais, des Nigérians …’’
 
L’intérêt de lancer très tôt les formations, il le trouve capital. ‘’Demain, vous avez une société qui va signer une concession. Elle veut démarrer le lendemain pour exploiter le gaz. Elle va faire le tour, elle  a besoin de techniciens, mais, il n’y en a pas. Qu’est-ce qu’elle va faire ? Aller au  Nigeria où il y a déjà du gaz et du pétrole. Il va en Angola etc. Est-ce qu’il va les trouver ici ? non ! Parce qu’on n’a pas anticipé. (…) Sinon, on va se dire ‘’super ! Il y a 10 000 emplois qui s’ouvrent avec le gaz. Mais, au Sénégal, s’il n’y a personne qui sait le faire, encore une fois on va faire venir des Angolais, des Nigérians. Ce sont des gens qu’on va payer un peu plus cher pour qu’ils viennent’’, prévient-il.
 
 
 
À l’en croire, ‘’c’est maintenant qu’il faut former les jeunes. Pas plus tard, c’est maintenant. Est-ce que cela paraît logique ? Vous décidez de planter des bananes dans votre champ, vous formez des gens à la récolte des bananes. Si vous attendez que les bananes soient mûres et que vous n’avez personne pour les récolter qu’est ce qui va se passer ? Eh bien, il faut donc montrer aux gens comment on fait. S’ils ne savent pas faire, ils vont mal le faire. Ils vont mal les cueillir, ils vont les abîmer, ils vont mettre 4 fois plus de temps, le résultat au bout de la première récolte, on dira que ce n’est pas rentable les bananes. Ce, avec le temps qui passe, le nombre de personnes que je suis obligé de prendre. Ce n’est pas rentable. Il serait mieux alors d’aller planter ses bananes en Côte d’Ivoire, au moins là-bas, ils savent récolter. C’est comme ça pour tout. C’est juste une histoire de bon sens. En un moment, il faut juste remettre les choses dans l’ordre’’.

L’expert français des Ressources humaines appelle nos autorités à n’attendre pas le début des explorations pour penser à la formation des jeunes. ‘’Il faut anticiper. Il faut prévoir et c’est ce qu’on appelle dans le cadre des ressources humaines la Gpec (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences). (…) Il faut prévoir. On prévoit aujourd’hui, quels sont les métiers qui recruteront dans un, deux, trois ans ou plus. Et on commence maintenant à former pour que dans 3 ans ces gens sachent faire. Parce que c’est là où on aura besoin d’eux. Ce n’est pas nécessaire de former des sociologues, des spécialistes en sciences politiques. Ça on en aura jamais besoin. C’est sûr’’.
 
 
Lundi 21 Octobre 2019
Dakaractu



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