Marché de la mise en place d'un système intégré de sûreté de l'aviation civile : un gré à gré en gestation entre la HAAS et CCDOC fait grincer des dents à l'AIBD.


Marché de la mise en place d'un système intégré de sûreté de l'aviation civile : un gré à gré en gestation entre la HAAS et CCDOC fait grincer des dents à l'AIBD.

Aux fins de rendre plus compétitif et plus crédible l’aéroport International Blaise Diagne de Diass, la Haute autorité des aéroports du Sénégal (HAAS) a lancé un projet pluriannuel visant à mettre en place un système intégré de sûreté de l'aviation civile axé sur trois volets.

 

Selon des informations obtenues par Dakaractu, le premier consiste à mettre en place un système biométrique de gestion des accès aux différentes zones de l’aéroport. Ensuite viendra l'installation de vidéo surveillance par reconnaissance faciale sur toute l'étendue de l’aéroport. Lequel système sera corrélé au premier. Enfin, il sera procédé à la mise en place d'un système de contrôle de sûreté effectué sur des véhicules accédant à l’aéroport. 

 

Compte tenu de beaucoup de facteurs, surtout liés à la sécurité et aux nouvelles menaces qui ont pour nom cybercriminalité et terrorisme, la Haute autorité des aéroports du Sénégal veut passer ce marché à milliards de FCFA par entente directe.

 

Les raisons du gré à gré 

 

Dans la réponse adressée à la DCMP qui lui a demandé des explications suite à une première saisine, la HAAS a argué avoir choisi le procédé de l'entente directe avec CCDOC, le fournisseur en question, pour éviter la divulgation des plans confidentiels de l’aéroport à des entités qui ne seront pas retenues à l'issue du processus.

 

Poussant la réflexion, la HAAS craint qu'un appel d'offres ne soit utilisé par les cybercriminels et les terroristes pour accéder au dispositif de sûreté de l’aéroport. Mais ce n'est pas que cet argument que la HAAS a mis sur la table de la Direction centrale des marchés publics (DCMP). La nécessité de pouvoir réaliser les nouveaux titres d'accès pour l'année fiscale à temps, est aussi invoquée.

 

Fournisseur inexpérimenté 

 

Mais le choix du fournisseur fait grincer des dents à l’aéroport où on est convaincu que la CCDOC ne fait pas le poids pour mener à bien cette mission.

 

Lancée le 11 septembre 2018 en présence du ministre de l'Intérieur, la filiale du Groupe Colombe détenu par Djiby Chimère Guèye, a juste eu le temps d'annoncer sa naissance. C'est dire, à en croire les voix dissonantes, qu'elle n'a pas l'expérience requise pour fournir les services attendus dans le projet pluriannuel de la HAAS.

 

Tentative de légitimation d'un choix contesté 

 

Pourtant, de l'avis de la HAAS, choix ne pouvait être plus judicieux.

Répondant toujours à la DCMP, la Haute autorité des aéroports dépeint CCDOC  comme un « partenaire fiable » susceptible de « garantir la non répudiation, la haute disponibilité et l'intégrité des données ». 

 

Mieux encore, la HAAS assure que CCDOC apportera une expertise et un accompagnement tout au long du projet, en respectant les normes internationales, dans la Réglementation générale pour la protection des données relatives à la sécurisation des données personnelles.

 

Dans sa plaidoirie, la HAAS allègue que le fournisseur est agréé par le Professionnal Evoluation and certificate Board (PECB), non sans ajouter que CCDOC aiderait l’aéroport à se conformer à la norme ISO 27001.

Autant de raisons qui, aux yeux de la HAAS, suffisent pour faire de CCDOC l'entité appropriée avec qui, elle peut contracter ce marché directement.

Saura-t-elle convaincre la DCMP avec ces arguments ? Les prochains jours nous le diront...

Jeudi 21 Novembre 2019
Dakaractu



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