Levée du corps de Jacques Diouf : Oraison funèbre lu par le ministre de l’Agriculture Moussa Baldé.


En ce jour de tristesse et de douleur, je voudrais, au nom de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, partager cette peine que nous ressentons tous, avec la famille, les amis, les proches, les collaborateurs, et tous ceux qui à travers le monde ont connu et aimé Jacques Diouf.

Au-delà du Sénégal, Jacques Diouf était une grande et belle figure de l’Afrique et du monde. Une personnalité lumineuse qui, par ses combats, a marqué plusieurs générations.
Un diplomate humaniste et audacieux qui a su forger le respect et la considération tout le long de sa riche et exceptionnelle carrière, au point que pour lui rendre hommage, la FAO décerne tous les deux ans le « Prix Jacques Diouf » à des personnes ou à des institutions nationales ou régionales qui ont apporté une contribution notable à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde.

Pour sa part, le Président Macky Sall a pu, durant son premier mandat, apprécier le professionnalisme et le patriotisme de ce digne fils du Sénégal, à travers ses conseils avisés.

Partout où il est passé, Jacques Diouf a su apporter des réformes courageuses, mais porteuses d’espoir et de progrès humain.

Il fut un intellectuel brillant, ayant inventé des concepts et citations à l’occasion de ces communications tant prisées.

Jacques Diouf avait une seule ambition, servir l’intérêt général et au-delà du Sénégal, au-delà de l’Afrique, l’intérêt général de toute l’humanité.

Voilà pourquoi, très tôt, à l’âge de 27 ans, il a entrepris une carrière internationale, d’abord, comme Secrétaire Exécutif du Conseil africain de l'arachide à Lagos au Nigeria.

L’Agronome entama ainsi une carrière dans la diplomatie et y restera jusqu’à son dernier souffle, plus d’un demi-siècle après.
Parmi ses différentes responsabilités, il a été Secrétaire Exécutif de l'Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest à Monrovia au Liberia , Secrétaire d'État à la Recherche Scientifique sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, Député à l’Assemblée nationale, Secrétaire Général de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Ambassadeur à la Mission permanente du Sénégal aux Nations Unies à New York, Directeur Général de la FAO, Conseiller de plusieurs Chefs d’Etat et Présidents, et j’en passe.

Ces opportunités que lui offraient la vie lui ont permis, à chaque fois, d’affirmer avec courage ses convictions sur l’importance du
développement de l’Afrique pour une stabilité mondiale, sur la nécessité de la réforme du secteur agricole pour combattre la faim en Afrique et dans le monde, mais surtout, sa foi profonde dans le dialogue interculturel et la coopération internationale.

Jacques était un militant de la construction d'un monde plus juste et ne reculait pas devant les contraintes.

Au contraire, il s’érigeait en inventeur de solutions à mesure d’éclairer l’humanité, d’éradiquer la faim dans le monde, de renforcer la solidarité entre les peuples, de lutter contre l’injustice sous toutes ses formes.
Pendant ses dernières années de vie, Jacques Diouf dispensait encore sa pertinente vision de la nécessité de soutenir davantage la petite exploitation familiale pour aller vers une révolution verte qui permettrait de nourrir une population mondiale croissante tout en préservant les ressources naturelles et l’environnement.

Vous avez ainsi marqué d’une empreinte indélébile votre époque.

Par ma voix, je voudrais présenter les condoléances attristées de Son Excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République et les condoléances de tout le Gouvernement à la famille éplorée, à Madame Diouf, aux enfants, aux amis, aux proches, aux collaborateurs.

Puisse LE Seigneur, dans Son Infinie Miséricorde vous Accueillir, cher Jacques, dans son Paradis.
Amen !
 
Vendredi 23 Août 2019
Dakaractu



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