“Le faux procureur aux mille visages” : derrière le profil de “Chérif Ba”, l’effroyable piège tendu à de jeunes femmes… entre romance virtuelle et accusations glaçantes


À Thiès, une affaire aussi troublante que glaçante secoue les enquêteurs. Ce qui semblait au départ être une simple intervention dans un hôtel de la capitale du Rail a finalement mis au jour un inquiétant système mêlant fausses identités, manipulations sentimentales, vidéos intimes, accusations de viol et même usurpation de fonction judiciaire. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, Souleymane Sow, alias “Chérif Ba”, aurait utilisé plusieurs identités pour approcher ses victimes sur les réseaux sociaux avant de les attirer dans ses filets.
 
Tout commence le 1er mai 2026, vers 19h30. La Sûreté urbaine du Commissariat central de Thiès reçoit un appel urgent provenant de l’hôtel Bidew Bi. À la réception, une jeune femme venait de perdre connaissance dans des circonstances alarmantes. Les sapeurs-pompiers étaient déjà mobilisés pour son évacuation. Mais avant de s’effondrer, la victime aurait lancé des accusations lourdes : elle disait avoir été kidnappée par un client occupant la chambre numéro 08.
 
Très vite, les policiers identifient l’homme visé : Souleymane Sow, commerçant domicilié à la cité Serigne Mansour. À l’hôpital, les enquêteurs recueillent ensuite le témoignage de la victime présumée, Khadidiatou Ba, une jeune femme de 20 ans vivant à Yenne, venue à Thiès avec son bébé âgé de seulement deux mois.
 
Face aux policiers, la jeune mère raconte une histoire qui ressemble à un scénario soigneusement préparé. Elle explique avoir rencontré son interlocuteur au début du mois d’avril sur Facebook. L’homme se présentait sous le nom de “Chérif Ba”. Au fil des échanges téléphoniques, une relation virtuelle se serait installée entre eux. Selon ses déclarations rapportées par L’Observateur, l’homme lui aurait progressivement demandé des vidéos très intimes qu’elle finira par envoyer.
 
Le rendez-vous physique est finalement fixé à Thiès. Souleymane Sow lui transfère même 2.000 FCFA via Wave pour financer son déplacement depuis Yenne avec son nourrisson. Mais une fois arrivée dans la ville, la jeune femme affirme avoir compris qu’elle était conduite vers un hôtel et non vers un lieu public comme elle l’imaginait.
 
Selon son récit, après avoir payé la course du taxi et installé la jeune femme dans une chambre, le mis en cause lui aurait proposé un rapport sexuel. Une demande qu’elle assure avoir catégoriquement refusée. Malgré cela, elle accuse Souleymane Sow d’être passé à l’acte de force.
 
Avant les faits, la victime présumée aurait toutefois réussi à envoyer discrètement un appel à l’aide à sa sœur résidant à Thiès. Alertée, cette dernière se rend immédiatement à l’hôtel avec son mari. Lorsque la porte de la chambre finit par s’ouvrir, Khadidiatou Ba saisit son bébé et s’enfuit jusqu’à la réception avant de s’évanouir sous le choc.
 
Placée au cœur de l’enquête, la version du suspect diffère totalement. Souleymane Sow reconnaît avoir rencontré la jeune femme via les réseaux sociaux, mais affirme que les relations sexuelles étaient consenties.
 
Cependant, l’exploitation de son téléphone portable va faire basculer l’affaire dans une dimension encore plus inquiétante. D’après L’Observateur, les enquêteurs découvrent des conversations où la victime exprimait clairement son refus d’avoir des rapports sexuels. Plus troublant encore : plusieurs vidéos intimes de jeunes Sénégalaises auraient été retrouvées dans l’appareil du suspect.
 
Les investigations révèlent alors un mode opératoire qui intrigue les policiers. Une autre jeune femme, entendue dans le cadre de l’enquête, affirme elle aussi avoir connu le suspect sous l’identité de “Chérif Ba”, présenté cette fois comme agent administratif à l’AIBD. Leur relation aurait même évolué jusqu’aux préparatifs d’un mariage. Mais le jour de la rencontre officielle avec la famille, l’homme aurait disparu après avoir prétendu se rendre à la banque pour retirer de l’argent destiné aux dépenses familiales.
 
L’affaire prend ensuite une tournure encore plus spectaculaire lorsqu’un homme se présente spontanément à la police. Il affirme avoir également été victime de Souleymane Sow. Selon ses déclarations, le suspect se faisait passer cette fois pour “le procureur Abdou Aziz Sow”, prétendument affecté au tribunal de Thiès. Après avoir consommé de l’alcool dans son établissement, il aurait quitté les lieux sans payer une facture estimée à 44.400 FCFA.
 
Lundi 11 Mai 2026
Dakaractu



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