L’Espagne installe une barrière flottante à la frontière de Ceuta - Le bilan monte à 67 morts


L’Espagne installe une barrière flottante à la frontière de Ceuta - Le bilan monte à 67 morts

Les autorités espagnoles ont entamé samedi matin l’installation d’une barrière de contention sur la digue d’El Tarajal, à Ceuta, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur. 

Le principal dispositif est une structure flottante de 500 mètres de long, qui s’élève de 30 à 70 centimètres au-dessus de l’eau et descend jusqu’à un mètre sous la surface. Cette installation est complétée par une première rangée de bouées ancrées, fournies par la marine espagnole. 

Un passage est maintenu entre les deux dispositifs afin de permettre aux embarcations de la Garde civile espagnole de surveiller en permanence la barrière flottante et d’assurer sa protection.


Le bilan monte à 67 morts

Le nombre de personnes décédées lors de la crise migratoire à la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta est passé à 67, a annoncé le gouvernement espagnol.

Ces derniers jours, des dizaines de milliers de migrants ont tenté de rejoindre l’enclave depuis le Maroc. Certains ont notamment traversé la mer à la nage. Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie dans ces tentatives.

L’Espagne a également annoncé samedi l’installation d’une barrière de protection le long de la digue qui s’avance dans la mer à Ceuta. La grande majorité des migrants sont désormais retournés au Maroc. Beaucoup d’entre eux sont de jeunes Marocains.


Pedro Sanchez: "Une attitude égoiste"

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé samedi l'attitude "égoïste" de certains pays de l'Union euroéenne face à la crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l'Intérieur des 27.

"Une telle attitude - motivée par les préjugés, les fausses informations, l'ignorance ou des intérêts politiques - est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l'encontre des intérêts à long terme de l'Europe", a-t-il écrit dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l'AFP.

Des milliers de candidats à l'émigration renvoyés chez eux en autocars

Des milliers de candidats à l'émigration, en large majorité marocains, refoulés de l'enclave espagnole de Ceuta et revenus dans la petite ville de Fnideq dans le nord du Maroc, continuent samedi matin à être embarqués dans des autocars pour être ramenés chez eux, selon des journalistes de l'AFP.

Une source marocaine proche des opérations, qui ont débuté vendredi soir, a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat que les milliers de personnes renvoyées par l'Espagne allaient être acheminées chez elles "directement en autocar ou via la gare de Tanger", métropole portuaire et industrielle d'un million d'habitants située à 70 km de Fnideq.

Selon cette source, le poste frontalier de Fnideq est désormais "totalement sécurisé" tout comme les collines qui le surplombent d'où des centaines de candidats à l'émigration, surtout des jeunes hommes marocains, avaient jeté des pierres sur les forces de l'ordre vendredi.

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi soir que la quasi totalité, au moins 48.000 des 60.000 migrants entrés illégalement ces derniers jours à Ceuta, seul territoire espagnol en Afrique avec Melilla, à 400 km plus à l'est, étaient déjà rentrés au Maroc. Tard vendredi, les journalistes de l'AFP ont vu partir une vingtaine d'autocars de chacun 54 places, soit une capacité d'un millier de personnes. 

Les autobus étaient à destination de Tanger, mais également Tetouan ou la capitale économique Casablanca, dotées d'installations ferroviaires pour réacheminer des gens venus parfois d'aussi loin que Marrakech, à plus de 500 km au sud.
 

Samedi 1 Août 2026
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