Épouse de Serigne MOR, mère de Serigne TOUBA. (Par Mai Mbacké Djamil)


Mariama, l’élue.


Sokhna Mariama Bousso est née en 1833 à Mboussobé, une localité du Djolof du sud. Contrairement à ce que beaucoup pensent, elle n’est pas née à Golloré mais ces ascendants y sont originaires.

 

Fille de Serigne Mouhamed Bousso et de Sokhna Asta Wallo, elle est la cadette d’une fratrie de 4 enfants. Elle doit à ses parents une formation riche et solide en sciences religieuses et une profonde maîtrise des exégètes Soufis.

 

Dans une perpétuation parfaite des vertus de son ascendance, Sokhna Mariama Bousso s’est engagée à fortifier les pratiques méritoires de ses aïeuls tel que la mémorisation complète, coordonnée et limpide du Coran et la revivification des sciences religieuses. Un enseignement adossé à un héritage séculaire fondé sur un ancrage familial ayant une importante approche soufie.

 

Très tôt consciente de ses devoirs en tant que musulmane et entièrement soumise à son Seigneur, Sokhna Mariama Bousso cultivait une grande détermination à faire de son existence, un terreau de bienfaisance et d’exemplarité. Et c’est en cela qu’elle l’a exclusivement consacrée au culte du Seigneur, à l’assiduité méticuleuse dans le suivi et respect des obligations et recommandations religieuses mais aussi à la promotion de valeurs humaines et sociales importantes.

À travers sa vie et ses actes, Sokhna Mariama Bousso a incarné à la perfection, ces paroles du Seigneur :

 

Et recherche à travers ce qu'Allah t'a donné, la Demeure dernière. Et n'oublie pas ta part en cette vie. Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur terre. Car Allah n'aime point les corrupteurs ».

Sourate 28, Verset 77

 

En ses qualités de croyante dévouée et de femme engagée, elle s’est distinguée par sa grande culture, ses diverses qualités humaines et sa forte personnalité et ce, même avant d’entrer en ménage.

Jeune fille, elle avait une grande facilité dans l’apprentissage et la mémorisation du Saint Coran. C’est d’ailleurs à l’âge de 14 ans qu’elle a achevé la rédaction initiale de son premier exemplaire du Coran.

Elle était dotée d’une grande intelligence et d’un discernement poignant en matière de religiosité mais aussi de vie sociale.

De son ascendance aussi bien paternelle que maternelle, Sokhna Mariama Bousso a hérité d’une vigoureuse tradition d’érudition en sciences coraniques, d’un engagement sans mesure dans la voie du bien et d’une piété légendaire.

Elle est le prototype éminent d’une grande dévotion fondée par une parfaite maitrise des sciences religieuses mais aussi par leur juste appropriation.

Ce sont ces attributs remarquables qui lui valurent le titre de JaaratouLAH « Voisine de Dieu ».

 

Une épouse révélée

 

En tant qu’épouse, la distinction de Sokhan JaaratouLAH s’est soulignée au moment ou elle devait rejoindre le domicile conjugal.

Loin des préoccupations mondaines et matérialistes des jeunes filles de son âge, elle avait déjà, en ces moments précis, un engagement et une détermination augustes, à atteindre un niveau d’accomplissement singulier dans son ménage et auprès de son époux.

C’est sur la base cette noble intention, qu’elle considéra très « en deçà de ses résolutions », les conseils, recommandations et orientations que lui prodiguaient ses proches au moment de quitter la maison familiale pour la demeure conjugale. Explorant au même moment le Saint Coran comme pour légitimer et authentifier ses volitions, elle ouvrit le Noble Livre et tomba sur le verset attestant que le Prophète Muhammad (psl) est le dernier des Envoyés.

 

Muhammad n'a jamais été le père de l'un de vos hommes, mais le messager d'Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient.

Sourate 33, verset 40

 

Sa résolution s’est aussitôt consolidée et elle déclara en son intérieur que « Par ses actes méritoires auprès de cet époux que Dieu lui a choisi, elle allait entreprendre de gagner en grâces si élevées que, n’eût été cette parole divine qui mettait fin à la liste des Envoyés, elle aurait compté, à coup sûr, l’un d’entre eux parmi sa progéniture ». Mais qu’à cela ne tienne : « l’un de ses enfants au moins, aura au service du Meilleur des Hommes, un renom si immense que, partout où l’on glorifiera la primauté de Seydina Muhammad (psl) parmi les autres Envoyés et la pertinence supérieure de sa Mission, on attestera de même sa prééminence parmi les Serviteurs de ce Messager Ultime (psl».

Ces paroles ont fondé le moindre de ses faits et gestes jusqu'à la fin de ces jours.

 

Elle était une épouse modèle qui avait un comportement exceptionnel envers son époux, ses coépouses et l’ensemble des personnes qui partageaient son quotidien et son environnement.

C’était avec détermination, courage et réjouissance qu’elle accomplissait tous les jours, les lourdes taches ménagères, tout en s’occupant convenablement de son époux et en consacrant le temps nécessaire à l’éducation de ses enfants sans jamais avoir eu à manquer une seule prière ou autre obligation religieuse. Elle renouvelait ses ablutions au moment de chaque prière et consacrait beaucoup de son temps au culte et à la méditation.

 

Elle rassemblait souvent les enfants de la maison et leur racontait la vie des hommes de DIEU, ces pieux et saints ayant consacré toute leur vie à suivre les traces de l’Élu de DIEU1. Récits qui ne se sont nullement introduits dans les oreilles de sourds…

 

Épouse de Serigne MOR, mère de Serigne TOUBA

 

La résolution de Sokhna JaaratoulAH à consacrer son existence à la quête du salut à travers son époux s’alliait à merveille avec cette interpellation d’Allah (swt) à l’endroit du Prophète (Psl) à l’égard de ses épouses :

 

Ô Prophète ! Dis à tes épouses : « Si c’est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors venez ! Je vous donnerai [les moyens] d’en jouir et vous libérerai [par un divorce] sans préjudice.

Mais si c’est Allah que vous voulez et Son messager ainsi que la Demeure dernière, Allah a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense.

Sourate 33, Verset 28-29

 

Et en nous basant une fois de plus sur les paroles du Très Haut qui dit :

« […] Il n’y aura pas de changement aux paroles d’ALLAH […] (Sourate 10, Verset 64), nous pouvons attester sans réserve aucune, que ses intentions prodigieuses concrétisées par des exploits phénoménaux, lui ont valu une grande récompense (Allah a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense).

Une récompense unique en son genre !

Une récompense que la terre s’honore de compter parmi ceux l’ayant frôlé !

Une récompense dénommée Khadimou Rassoul!

 

C’est en ce sens que le grand poète Serigne Moussa Ka dit dans son recueil dénommé Merci à Toi MAAM JARA :

 

Ovationnez ! Que l’on glorifie SOKHNA JAARA

Celle grâce à qui, nous avons pu fonder nos Daara

 

Elle est une pluie qui arrosa le Baol, le Kajoor et le Njambour

Ainsi que d’autre bords, elle est un abreuvoir certain de l’Au delà

 

La récompense de tes œuvres illumine l’Est

Et transperce l’ouest, ceci est la volonté divine.

 

Les autres femmes ne sont que fardeaux, tu es l’unique Sokhna

Tu es sans égal, tu es l’astre qui illumine les descendants des Sokhna

 

C’est pour cela que leurs enfants sont assombris

Ils disparaissent et parassent tandis que ton enfant rayonne

 

C’est pour cela que leurs enfants travaillent et servent

Exécutant du matin au soir tandis que ton enfant ordonne

 

Te comparer à une autre femme, Toi Bousso Baaly

C’est presque illicite, à l’image de DIEU et de l’homme

 

Citer leurs enfants et citer BAMBA

Est illicite car il est le seul à avoir endossé le fardeau.

 

Sokhna JaaratouLAH est l’exemple le plus pertinent d’une spiritualité féminine accomplie.

Elle est sans aucun doute, l’une des femmes les plus influentes du monde.

Une femme musulmane dont le mausolée est à la base d’un développement économique et socio-culturel.

Du Djollof au Baol jusqu’au Saloum, elle a su, en 33 années de vie, marquer son environnement de par sa forte personnalité, son engagement ardent et sa détermination impressionnante.

Sa légende outrepasse les grands airs et détient aujourd’hui, une dimension universelle.

 

    Mai Mbacké Djamil

Vendredi 23 Février 2018
Dakaractu



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