EXPLOITATION DU GAZ ET DU PÉTROLE : Opposants d’aujourd’hui, gouvernants de demain !


Le débat sur la concertation nationale sur l’utilisation des recettes de l’exploitation du pétrole et du gaz nous inspire une invite à une réflexion ou un questionnement qui se veut simple mais pas simpliste. Aujourd’hui, le Sénégal a fini de se convaincre de son potentiel pétrolier et gazier et les « majors » se bousculent à ses portes ; pour accompagner ou remplacer les braves « petites » compagnies qui ont pris le risque énorme à coups de milliers de milliards de francs Cfa, pour explorer le bassin sédimentaire sénégalais. 
Devant une telle situation de découverte de pétrole et de gaz de très bonne qualité et d’énorme quantité de gaz de classe internationale, le premier sentiment qui devait nous habiter, nous Sénégalais, c’est la fierté d’appartenir à ce « petit » pays béni, chanté partout ailleurs comme champion de la démocratie et jusque-là épargné des grandes troubles politiques ou armées. Et le Bon Dieu vient de révéler un énième bienfait qu’il a accordé à la terre de Mame El Hadji Malick Sy, Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Baye Niasse, Mame Limamou Laye, entre autres, et de leurs fils et dignes continuateurs de leurs œuvres.
Passé ce cap de l’émotionnel, on est en droit de nous attendre à une attitude à la hauteur de cet immense potentiel pétrolier et gazier de la part de la classe politique en général et particulièrement de l’opposition. Oui l’opposition ! Car elle est l’incarnation de l’espoir et l’avenir du pays et son dernier rempart en cas de déviance des  pouvoirs en place, comme l’ont été Me Abdoulaye Wade et compagnie, durant 26 ans face au régime de Senghor et Diouf et Macky Sall actuel tenant du pouvoir. 
En effet, les opposants d’aujourd’hui seront les gouvernants de demain. C’est cela la marche et le sens de la démocratie représentative dont le moteur est l’alternance. Cette faculté alternative ne doit pas l’emporter sur les fondamentaux de la Nation, de ses règles, de son économie, de ses croyances, etc. Il est des questions qui transcendent les générations comme la découverte et l’exploitation des ressources naturelles de très grandes quantités comme le pétrole et le gaz, qui concernent tout le monde. 
 
Le président Sall a eu raison de proposer une Concertation nationale sur les avants projets de loi sur le partage des revenus et sur le contenu local. Cette rencontre a été sans nul doute une belle opportunité pour la Nation dans sa plus grande diversité, de partager d’abord les informations basiques sur les découvertes, sur les axes de réflexion et sur des plages de convergences quant à l’utilisation judicieuse des futures revenues. Cette rencontre aurait pu être une belle occasion pour l’opposition politique de s’imprégner de manière sereine du dossier, pour trouver des plages de convergence avec le pouvoir en place qu’elle pourrait remplacer soit dès 2019 ou en 2024. Mais si ceux qui pourraient nous gouverner ? demain n’ont pas pris le temps de s’imprégner, de s’informer, de dire leur mot, de proposer ce qu’ils pourraient demain être amenés à  appliquer. Ils ont délibérément décidé de laisser le train quitter la gare. Demain, ils auront la lourde responsabilité de causer un retard dans la jouissance des fruits de ce don de Dieu. Leur responsabilité est d’autant plus énorme que le peuple perdant ne saurait leur pardonner d’avoir différé ce rendez-vous déjà fixé par Petrosen et ses partenaires sur une base technique et non émotionnelle. 
La recherche, l’exploration et la production des hydrocarbures obéit à des règles dont la première est le respect d’un programme de travaux calés sur des délais souvent incompressibles. Car chaque jour de perdu, dans le cadre du programme en cours, ce sont des centaines de milliers de Dollars de perdus par les compagnies et aujourd’hui par le Sénégal, à travers Petrosen qui commence à participer dans le financement des opérations. 
 
La concertation a été effectivement lancée par celui qui est chargé actuellement de la définition de la politique de la Nation, mais la question posée sur les futures recettes va au-delà de la personne du président de la République actuel et des contingences politiques. L’opposition a choisi de ne pas y participer, au mépris de son obligation face à l’intérêt exclusif du peuple consacré récemment seul et exclusif propriétaire des ressources naturelles du Sénégal. Ce peuple pacifique ne mérite-t-il pas tous les sacrifices du monde d’autant plus qu’il reste l’unique employeur au service duquel les partis politiques sont sensés travailler. 
Il est encore possible pour tous ceux qui n’ont pas pris part à ces concertations, partis politiques comme les autres segments de la société, de participer à travers des contributions écrites envoyées directement au gouvernement ou à travers la presse et les réseaux sociaux. A charge en dernier ressort, à ceux qui ont la charge de la gestion actuelle du pays de prendre aussi de la hauteur pour intégrer toutes bonnes idées ou initiatives qui peuvent contribuer à une utilisation judicieuse des futures recettes tirées du pétrole et du gaz. 
Cette justice à laquelle nous appelons ne sera pas uniquement pour le peuple propriétaire de ces ressources. Elle sera aussi pour les partenaires qui ont déjà pris le gros risque à coût de milliards de nous permettre d’avoir l’espoir de produire un jour du pétrole et du gaz et qui nous attendent pour injecter dans les projets de SNE et Grand Tortue à nouveaux 60 milliards Dollars Us. Cela compte non tenu des autres projets dans le bloc de Cayar et la poursuite des travaux de recherche pour de futures découvertes. 
Aujourd’hui, c’est déjà demain, donc point besoin de perdre du temps sur ce qui s’est fait à travers les contrats déjà signés, d’autant que tout a été bien fait dans les règles de l’art par des compatriotes silencieux et soucieux au premier chef de la sauvegarde des intérêts supérieurs de la Nation. Oui les ingénieurs et autres techniciens du ministère de l’Energie et de Petrosen ont droit au respect et à la considération de la part de nous tous surtout ceux qui ne connaissent rien de leur « métier ». La recherche pétrolière est un métier à part, complexe dont il faut discuter avec modestie et prudence.

Par Mbaye Sarr DIAKHATE
Samedi 16 Juin 2018
Dakaractu




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