Déjà 7 ans que nous quittait Jules Bocandé : Le « Essamay » aux rastas marque encore les esprits

Le 07 Mai 2012, Jules François Bertrand Bocandé, victime d'un accident vasculaire cérébral, rendait l’âme à Metz, suite à une opération chirurgicale. Né un 25 Novembre 1958 à Ziguinchor, il fut l’un des meilleurs footballeurs de son époque. « Essamay » comme on aimé à l’appeler en référence à ses origines casamançaises, était une véritable icône au Sénégal et en Afrique. Sept ans après sa disparition, le fougueux attaquant aux dreadlocks continue de susciter de l’émotion…


Pour ses grands débuts au Casa Sports, le club de sa ville natale, le précoce Bocandé est surclassé pour jouer et gagner la finale de la coupe du Sénégal, contre l'Asc Jaraaf, l'un des clubs phares de la capitale. Nous sommes en 1979.

Jules Bocandé marqua de son empreinte la finale suivante opposant le Casa Sport à l'Asc Jeanne de Dakar. À ce jour, c’est la seule finale de l'histoire à être disputée à deux reprises. Une rencontre marquée par la violence : après que l'arbitre ait fait retirer un penalty raté par l'Asc Jeanne d'Arc. Bocandé, alors très jeune, ne peut se contenir et fait un croche-pied à l'arbitre. Ce geste lui vaudra une suspension à vie au Sénégal.

Banni du football sénégalais, Bocandé s'exile en Belgique, où il joue successivement à Tournai en 3ème division, puis à Seraing en première division, avant de rejoindre le championnat de France, passant successivement par le FC Metz, PSG, OGC Nice et le RC Lens.

Durant la saison 1985-1986, Bocandé éclabousse le champion de son talent et termine meilleur buteur avec 23 réalisations.

Bocandé est père de cinq enfants, dont trois garçons et deux filles. Son fils, Daniel Bocandé, avait même intégré le centre de formation du FC Metz en septembre 2001, disputant même un match de Ligue 2 avec Metz.

Super crack, bourré de talent Jules Bocandé remporte le prix du meilleur jeune footballeur sénégalais à l’âge de 17 ans, en 1975. En compagnie d’un certain Tassirou Diallo. Talentueux, puissant et fougueux, sa passion du ballon rond le mènera sur le toit de la France où il remporta la coupe de France en1979. Le sénégalais est roi en France !

Bocandé devient par la suite directeur sportif du Casa Sports, adjoint de Bruno Metsu entre 2001-2003, puis de Guy Stephan 2003-2005. Mais avant de s’asseoir sur le banc des « Lions », Bocandé a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de l’équipe nationale de football du Sénégal. En 73 sélections avec les « Lions » « Borom tékk Deun door mou doug » (Contrôle de la poitrine, frappe enchainée, et but !) aura planté 20 buts. Mais Bocandé savait surtout transmettre des émotions. Faire rêver, crier, pleurer tout un peuple grâce à la magie du ballon rond.
En 1986, il est le joueur clé de la qualification de son équipe pour la CAN 86 en marquant les trois buts du Sénégal contre le Zimbabwe (3-0), ce qui permet au Sénégal de participer à la CAN après 18 ans d'absence. Il atteint avec son équipe les demi-finales de la CAN 1990 en Algérie et les quarts de finale de la CAN 1992 (organisée par le Sénégal.)

Bocandé termine sa carrière de joueur en Belgique à Alost en 1993. « Essamay » repose aujourd’hui, au cimetière mixte de Santhiaba, à Ziguinchor, la ville qui lui a tout donné. La terre qui a vu naitre, celui qui a toujours incarné le patriotisme et l’amour des couleurs nationales…

 
Mardi 7 Mai 2019
Dakaractu




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