Avant-première à Dakar : "Germaine Acogny, l’essence de la danse", un hommage vibrant à une pionnière


L’Institut français de Dakar a fait salle comble, ce mardi 5 mai 2026, pour l’avant-première du documentaire "Germaine Acogny, l’essence de la danse", réalisé par Greta-Marie Becker. 
Une projection très attendue, organisée dans la foulée de la Biennale de la Danse Africaine, qui a réuni artistes, professionnels de la culture et grand public autour d’une figure majeure de la chorégraphie africaine.

La soirée s’est tenue sous la présidence de Son Excellence Mme Christine Fages, Ambassadrice de France au Sénégal, qui a prononcé l’allocution d’ouverture. La diplomate a salué « un moment majeur » pour la danse contemporaine sur le continent, inscrivant l’événement dans le prolongement de la Biennale clôturée le 3 mai à l’École des Sables, à Toubab Dialaw. Elle a mis en avant « une énergie formidable » portée par un public toujours plus nombreux et engagé.

Tourné sur plusieurs années, le film retrace le parcours exceptionnel de Germaine Acogny, considérée comme la « mère de la danse contemporaine africaine ». De ses débuts aux côtés de Maurice Béjart à son ancrage au Sénégal sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor, le documentaire tisse un récit où se mêlent héritage, création et engagement.

La réalisatrice, Greta-Marie Becker, a expliqué avoir voulu capter « un équilibre entre passé, présent et futur », en intégrant notamment les jeunes générations formées à l’École des Sables. « On ne peut pas résumer plus de cinquante ans de création en un seul film, mais on peut en saisir l’essence », a-t-elle confié.

Fruit d’une collaboration sénégalo-germano-française, le projet est né d’une rencontre en 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Une relation de confiance s’est progressivement construite entre la cinéaste et l’artiste, jusqu’à donner naissance à ce portrait intime et inspirant.

Très émue, Germaine Acogny a exprimé sa joie de voir son histoire racontée devant le public sénégalais. « Je veux que les gens comprennent qu’il faut de la patience et de la persévérance », a-t-elle lancé.

Parmi les réactions, Gassira Diagne, présidente de l’association Kaay Fecc, a salué « un film très émouvant », qui retrace les différentes étapes de la vie de l’artiste. « On découvre une femme, une pionnière, une bâtisseuse. L’École des Sables apparaît comme un lieu mythique qui a formé des générations entières de danseurs », a-t-elle souligné.

Le documentaire révèle également les multiples facettes de Germaine Acogny : artiste, pédagogue, femme engagée, renforçant la portée universelle de son parcours.

Avec cette avant-première, Dakar referme une séquence culturelle marquée par la tenue de la Biennale et la présence de grandes figures de la danse africaine, telles que Irène Tassembédo.

Au-delà de l’hommage, "Germaine Acogny, l’essence de la danse" s’impose comme un film de transmission, rappelant que la danse est à la fois mémoire, langage et projection vers l’avenir.
Mercredi 6 Mai 2026
Idy Sow



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