Coronavirus au Sénégal : Pourquoi vacciner en priorité le personnel de santé et les 60 ans et plus avec des comorbidités ?

Ce mardi 23 février démarre la campagne de vaccination contre la Covid-19 au Sénégal. Le ministre de la Santé l'a rappelé aujourd'hui, en marge de la mise en place du comité national de suivi et de contrôle de la vaccination. Abdoulaye Diouf Sarr a indiqué que les personnels de santé qui sont en première ligne dans la riposte contre la maladie et les personnes développant une ou des comorbidités sans oublier les 60 et plus seront servis en priorité.


En raison du nombre limité de doses obtenues de Sinopharm (200 000), attendues d'AstraZeneca sous licence Serum Institute of India (1,3 million) dans le cadre de l'initiative Covax et des négociations annoncées avec d'autres firmes pharmaceutiques, l'accent sera mis sur 3% des cibles prioritaires, à savoir les agents de santé de première ligne et les sujets âgés d'au moins 60 ans avec comorbidités.

 

98% des décédés ont une ou des comorbidités

 

Le plan de déploiement des vaccins élaboré par le Comité consultatif pour la vaccination au Sénégal renseigne que 0,12% (20 668 personnes) des cibles prioritaires qui constituent 20% (3 430 920) de la population sénégalaise, proviennent du personnel de santé alors que 2,6%, c'est à dire 447 811 sont issus des 60 et plus sans comorbidités. D'après le même document reçu à Dakaractu, les 60 ans et plus sans comorbidités représentent 3% pour 516 705 personnes tandis que les 19-60 ans avec comorbidités sont 2 445 736 sujets, soit 14,2%.

 

Le ciblage du personnel de santé et des sujets âgés avec des comorbidités ne relève pas du hasard. Des données du Centre des opérations d'urgence sanitaire (COUS) montrent qu'ils sont plus exposés que les autres franges de la population. Ladite étude révèle que sur 322 patients décédés de la Covid-19 (à la date du 22 février, le Sénégal a enregistré 814 décès), 98% souffraient de comorbidités alors que 2% n'en présentaient pas.

 

Selon les mêmes données, les comorbidités les plus fréquentes associées à la Covid-19 sont l'Hypertension artérielle (HTA) et le diabète. Mais l'HTA occupe le haut du tableau avec 32% de l'échantillon, soit 101 décès. Quant aux diabétiques décédés de la covid-19 et concernés par cette étude, ils sont au nombre de 89 pour un pourcentage de 28%. Les sujets souffrant des deux pathologies sont pris en compte pour un taux de 11,4% (36 personnes). 

 

Si on se fie toujours à ces données révélées dans le document ayant dévoilé la stratégie de déploiement des vaccins au Sénégal, 6% (19 patients) des décès sont liés à l'accident vasculaire cérébral (AVC) alors que la cardiopathie accélère la mort de 5,7% (18 malades). 

 

L'obésité est aussi l'un des facteurs aggravant car 5,4% des cas, à savoir 17 patients développant cette maladie sont morts du coronavirus. La maladie rénale 3,5%, l'asthme 2,3%, la tumeur prostatique 1,6%, la bronchopneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) 1,3% (4 personnes) et même le VIH qui a été détecté chez 0,9%(3 sujets) de l'échantillon. Dans son rapport de situation numéro 54, le ministère de la Santé informait que l'âge moyen des décès déplorés à la date du 10 septembre et qui se chiffrait à 293 était de 66 ans, avec un minimum à 19 ans et un maximum de 95 ans.

 

Un personnel médical déjà réduit à protéger

 

« Le but étant de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à la covid-19 », ces données justifient le ciblage des sujets vivant avec d'autres maladies chroniques dans la stratégie de vaccination contre la Covid-19. Que dire alors du personnel de santé impliqué directement dans la lutte contre l'épidémie à coronavirus ?

 

À ce jour, aucune étude n'a été menée sur le nombre de soignants tués par la Covid-19 au Sénégal. Mais selon le site de monitoring Covid-Africa consulté par Dakaractu, 349 membres du corps médical ont été infectés à la date du 24 août 2020. Par rapport à la fourchette nationale des contaminations qui est de l'ordre de 33 099, ce nombre qui a sans doute évolué peut paraître dérisoire. Mais vu sous l'angle des disponibilités dans ce domaine d'activités, l'affection d'un seul agent peut avoir des répercussions incommensurables dans la riposte. Ceci expliquant cela, l'inclusion des agents sanitaires parmi les premiers à vacciner est plus que opportune.

Lundi 22 Février 2021
Dakaractu




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