Conflit Burkina Faso : plus d'un million de personnes affectées par les sièges et 6 201 civils burkinabé tués dans les attaques entre 2017 et 2023


Amnesty International vient de publier, ce jeudi 02 novembre 2023, le rapport du conflit au Burkina Faso entre 2022 et 2023 sur les violations des droits humains et des exactions dans les villes assiégées au Burkina par les groupes armés, mais également alerter sur la nécessité de l'aide humanitaire. 

Ce rapport porte sur des crimes de guerre et d'autres atteintes aux droits humains perpétrés par les parties belligérantes au conflit contre les civils des localités assiégées au Burkina Faso, en particulier dans les régions du Sahel, du Nord de l'Est et de la boucle du Mouhoun, pendant la période comprise entre 2020 et juillet 2023 et leurs conséquences sur la situation humanitaire. D'après les informations révélées par le rapport, plus d" un (1) million de personnes ont été affectées par les sièges et 6 201 civils burkinabé tués dans les attaques entre 2017 et 2023.

Selon les estimations d'Amnesty International, fondées sur les informations collectées auprès de plusieurs organisations humanitaires, au moins 46 localités ont été assiégées par des groupes armés au Burkina Faso, à compter de juillet 2023. "Ces villes et villages sont répartis dans le territoire national, de Tin-Akoff dans l'extrême nord à Pama et Mangodara et de Nouna à Diapaga. 6 201 civils burkinabé tués dans des attaques entre 2017 et juin 2023, selon la base de données ACLED", a déclaré Samira Daoud, Directrice d'Amnesty International Afrique de l’Ouest.

Elle ajoute : "6 100 écoles fermées ou non opérationnelles à la date de juin 2023. 373 centres de santé fermés à la date de juin 2023 depuis le début du conflit. 2 millions de Burkinabé déplacés internes, à la date de juin 2023. Le Sahel et le centre-Nord sont les deux régions qui comptent le plus de personnes déplacées internes. 4,7 millions de Burkinabés ayant besoin d'assistance humanitaire selon OCHA".

Amnesty International a collecté des informations et des preuves faisant état d'attaques menées par des membres de groupes armés contre des civils qui vivent en première ligne, où la présence des groupes armés est très marquée. "À Solhan, 130 personnes ont été tuées dans la nuit du 4 au 5 juin 2021. Le 25 mai 2022, 50 civils qui fuyaient Tambarga et Madjoari, deux villes en état de siège, et tentaient de rejoindre Nadiagou (dans le département de Pama) ont été attaqués et tués par des membres présumés d'Ansaroul Islam", a-t-elle révélé. Madame Daoud a également indiqué qu'à Seytenga, 86 personnes ont été tuées le 11 juin 2022. Le 12 janvier 2023, 66 femmes, filles et bébés ont été enlevés par des membres présumés d'Ansarul Islam près du village de Liki.

Concernant les conséquences de ce conflit, elle indique qu'elles sont désastreuses parce que les populations sont privées de leur droit de circuler, interdit d'accès à leurs champs. Ce qui constitue selon elle un réel danger sur leur sécurité alimentaire. " Ces villes assiégées sont coupées du reste du pays et aucune aide humanitaire ne peut venir à eux dans la mesure où les groupes armés bloquent les accès", dit-elle. Ce qui révèle qu'il y a une incompréhension avec les organisations humanitaires qui ont commencé à être soupçonnées de complicité par les groupes armés parce que certaines mesures ont été prises et cela va entraver la réponse humanitaire. Amnesty International a demandé l'ouverture d'une enquête enfin que les responsables de ces actes soient punis.
Jeudi 2 Novembre 2023
Dakaractu




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