Affectation de plus de 50 ha au groupe Décameron à Guéréo : le collectif des riverains introduit un recours auprès de la cour suprême pour excès de pouvoir


Le collectif des riverains de Guéréo a décidé par le biais de ses avocats, d’introduire un recours auprès de la cour suprême pour excès de pouvoir à la suite de la décision du Président Sall d’ordonner le déclassement et l’immatriculation au nom de l’État de 16 hectares (16 ha 23 a 01ca) sur la zone maritime et fluviale protégée de la Lagune de Guéréo et l’immatriculation au nom de l’État de 23 hectares (23ha 69a 27ca) de son domaine national par décret. Des décrets qui attribuent ainsi par voie de bail la totalité de ces terres au Groupe Décameron (Hôtel Baobab) en invoquant le motif d’utilité publique. Une décision qui risque de voir plus de 800 propriétaires de parcelles et de champs (détenus traditionnellement par 60 familles paysannes de Guéréo) dépouillés de leurs biens.
Le collectif en conférence de presse cet après-midi, a tenu à partager ses interrogations. Selon son Président Ousmane Thiam, la première est relative au concept d’utilité publique invoquée ici alors que les terres reviennent à un privé. « Comment peut-on invoquer la raison d’utilité publique pour exproprier des terres affectées à des citoyens Sénégalais au profit d’une entité privée qui veut y ériger un complexe hôtelier ? Surtout qu’une partie du périmètre foncier visé à travers la procédure d’expropriation publique, a déjà fait l’objet d’affectation aux membres de notre collectif qui disposent d’actes administratifs dûment signés par le maire de la localité et approuvés par le représentant de l’État, en l’occurrence le sous-préfet. L’autre partie consiste aux champs des paysans » a-t-il laissé entendre. Selon lui, en outre, il y’a méprise sur la zone géographique concernée :  les décrets font référence à la commune de Somone alors que les champs et les terrains sont rattachés au village de Guéréo, situé dans la commune de Sindian. D’ailleurs, ajoutera-t-il, le décret 2018-401 portant affectation de terrains relevant du domaine national n’a pas été précédé, au préalable, d’une délibération du conseil municipal de Sindia et les décrets font référence à une enquête commodo incommodo qui aurait été conduite en 2013 mais qui, en réalité, n’a jamais été menée dans le village, ni portée à la connaissance des propriétaires dont certains sont sur le site depuis 20 ans, voire 30 ans.
Enfin, pour le sieur Thiam, il est curieux de relever, avec force, qu’en lieu et place des 40 hectares et environ mentionnés dans les deux décrets précités, l’administration domaniale et cadastrale a élargi l’assiette foncière à près de 50 hectares. Pour finir, il a laissé entendre que le collectif entendait se battre jusqu’au bout et n’acceptera jamais d’être les victimes de cette boulimie foncière.
 
Vendredi 6 Septembre 2019
Dakar actu



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