L’affaire de Hugues Comlan Sossoukpè, journaliste et directeur du média en ligne Olofofo, suscite une vive inquiétude dans les milieux de la presse et des droits humains. Arrêté en juillet 2025 à Abidjan puis transféré à Cotonou dans des circonstances controversées, ce journaliste en exil depuis 2019 est détenu depuis plus de neuf mois.
Reporters sans frontières dénonce une arrestation assimilable à un enlèvement et une violation de son statut de réfugié, dans un contexte régional marqué par des tensions croissantes autour de la liberté d’informer.
Le témoignage de Iris Sossoukpè, frère du détenu, met en lumière des conditions de détention jugées particulièrement préoccupantes. Selon ses déclarations, le journaliste a été maintenu plusieurs mois en isolement strict, sans accès régulier à sa famille, à ses avocats ni à des soins spécialisés, malgré des problèmes de santé signalés. Ces éléments, s’ils sont avérés, pourraient constituer des atteintes graves aux droits fondamentaux du détenu, dans l’attente d’un procès dont la date n’est toujours pas fixée.
Sur le plan judiciaire, Hugues Comlan Sossoukpè est poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme pour plusieurs chefs d’accusation, dont « harcèlement par voie électronique », « incitation à la rébellion » et « apologie du terrorisme ». Des accusations contestées par ses soutiens, qui estiment qu’elles sont liées à son travail d’investigation, notamment sur des sujets sensibles comme la sécurité et les pertes humaines lors d’attaques dans le nord du Bénin. L’affaire soulève ainsi la question de la frontière entre sécurité nationale et droit à l’information.
Au delà du cas individuel, cette situation relance le débat sur la protection des journalistes en Afrique de l’Ouest et sur le respect des engagements internationaux en matière de liberté de la presse. Reporters sans frontières a saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour demander la libération du journaliste, dénonçant une détention arbitraire prolongée. Pour de nombreux observateurs, l’issue de cette affaire pourrait constituer un test majeur pour l’état de droit dans la région et pour la capacité des États à concilier sécurité, justice et liberté d’informer.
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