Taïba / Grand-Dakar : une bande de 4 dealers tombe avec 106 cornets de chanvre indien.


Les nommés Moustapha D., Serigne Djiby F., Abdourahmane alias Abou pigeon et Moussa D. ont répondu de leurs actes, ce 21 avril, devant la chambre correctionnelle du tribunal de Grande instance de Dakar.

À l’exception du dernier nommé Moussa D. qui a bénéficié d’une liberté provisoire et absent au procès, ils sont tous poursuivis pour offre ou cession de drogue. Les faits remontent au courant de ce mois d’avril. Devant le juge, les prévenus ont tenté de se tirer d’affaire.

Né en 1998 à Touba, Moustapha, récidiviste et demeurant à Taïba Grand-Dakar a été interpellé selon le procès verbal en possession de 40 cornets de chanvre indien mais nie le fait devant la barre de la juridiction.

« Les gendarmes m’ont trouvé dans mon espace commercial où je prenais soin de mes ovins pour chercher du chanvre. Ils n’ont rien trouvé par devers moi. C’est à la police qu’on m’a informé de la saisie de 40 cornets dans mon lieu de travail », a expliqué le mis en cause.

Le juge a tenu par contre à lui rappeler que la drogue saisie a été retrouvé dans un sachet qu’il avait soigneusement dissimulé en l'a désigné comme étant le cerveau de la bande, ce qu’il a catégoriquement nié.

« Nous étions 19 sur les lieux de notre arrestation, mais les policiers ont relâché tous les autres sauf nous 3. Je ne suis pas le cerveau de la bande. Je me contente de mon espace de commerce pour écouler mes aliments de bétail. Je le répète, les enquêteurs n’ont rien trouvé par devers moi », a confié Moustapha D.

Charretier, Serigne Djiby F. a pour sa part réfuté la charge des 20 cornets de l’herbe qui tue pris au niveau de l’espace servant d’écurie pour son cheval.
« Les policiers m’ont arrêté alors que je nourrissais mon cheval », a-t-il soutenu.

Interpellé sur la cachette du chanvre indien, il dira que « la drogue a été retrouvé dans le pneu qui sert d’abreuvoir pour les chevaux. »

Agé de 22 ans, Abdourahmane D. alias Abou pigeon, a quant à lui, réfuté la propriété des 45 cornets de chanvre indien pris selon les enquêteurs par devers lui.
« Je ne fume même pas. Les policiers ont effectué une descente à Taïba et m’ont trouvé sur les lieux, ils m’ont demandé ma pièce d’identité avant de m’embarquer. Ils n’ont rien trouvé sur moi à part mes 3000 Fcfa qu’ils ont pris », s’est-il justifié.

Malgré le fait que les prévenus se sont tous rétractés face aux accusations, le juge a tenu à leur faire visionner une vidéo détenue par les enquêteurs les montrant en possession de la drogue.

« Nous ignorions qu’on nous filmait », a confié l’un d’eux.

Moussa D. qui a bénéficié d’une liberté provisoire n’a pas pris part au procès. Il a été interpellé en possession d’un cornet de l’herbe qui tue.

Dans son réquisitoire, le parquet a renseigné de la stratégie d’infiltration de la police qui a permis de mettre la main sur la bande. Selon le maitre des poursuites, une enquête sérieuse a été effectuée par les policiers ayant abouti à la saisie d’une importante quantité de drogue.

« Ils ont tenu des déclarations pour se soustraire à la rigueur de la juridiction. Je requiert 2 ans ferme pour les 3 mis en cause et 1 mois ferme contre Moussa D. », a soutenu le procureur général.

La défense a plaidé la relaxe des prévenus au bénéfice du doute et s’en est pris aux enquêteurs qui, croit-elle abuse de son pouvoir.

« Les policiers violent les droits fondamentaux des personnes mais aller jusqu’à monter des vidéos pour épier les gens pose problème. C’est pourquoi je demande leur relaxe au bénéfice du doute. Si vous estimez qu’ils sont coupables,  je sollicite la clémence de la Cour en leur faveur », a souligné Me Aboubakry Barro.

Dans son verdict, la juge a déclaré les prévenus coupables des faits qui leur sont reprochés. Il les a tous condamnés à 2 ans ferme d’emprisonnement à l’exception de Moussa D. qui a écopé de 1 mois d’emprisonnement.
Jeudi 21 Avril 2022
Dakaractu



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