Révision de la Constitution : le Conseil national du Laïcat appelle Diomaye Faye à privilégier le consensus et la concertation


Le Conseil national du Laïcat du Sénégal (CNLS) est monté au créneau au sujet de la proposition de réforme de la Constitution portée par les députés de la majorité parlementaire. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l'organisation catholique exprime sa « profonde préoccupation » face à une initiative qu'elle juge précipitée et appelle à un large consensus national avant toute modification de la Loi fondamentale.

Dans une lettre ouverte  signée par son président, le Dr Philippe Abraham Birane Tine, le CNLS rappelle que, depuis l'indépendance du Sénégal, les grandes réformes constitutionnelles ont toujours été précédées d'un dialogue associant les acteurs politiques, les autorités religieuses, la société civile, les médias et les autres forces vives de la Nation.

Selon le Conseil, une révision de la Constitution constitue un acte majeur qui engage durablement l'organisation politique, institutionnelle et juridique du pays. À ce titre, elle ne saurait être conduite dans l'urgence ni sous l'effet de circonstances conjoncturelles, au risque d'en fragiliser la légitimité.

Le CNLS estime qu'un tel projet devrait reposer sur un large consensus national. Il plaide pour un dialogue inclusif impliquant les institutions, les partis politiques, les communautés religieuses, la société civile, les universitaires et les citoyens. À ses yeux, une réforme adoptée sans cette adhésion collective pourrait être perçue comme partisane et source de divisions.

Le Conseil insiste également sur la nécessité de respecter le « temps démocratique », estimant que toute réforme constitutionnelle exige un débat public approfondi, contradictoire et transparent. Il met aussi en garde contre les risques qu'une réforme insuffisamment préparée pourrait faire peser sur la stabilité institutionnelle et la confiance des partenaires du Sénégal.

Par ailleurs, le CNLS recommande qu'une évaluation préalable des insuffisances objectives de la Constitution soit réalisée afin d'identifier les dispositions nécessitant réellement une révision et d'en mesurer les conséquences.

Dans sa lettre, l'organisation considère que les parlementaires, bien qu'investis d'un mandat populaire, « ne peuvent, à eux seuls, parler au nom de l'ensemble du peuple » sur une question aussi déterminante. Elle exprime ainsi sa désapprobation face à une dynamique qui, selon elle, tend à faire adopter une réforme sans véritable débat de fond.

Le Conseil propose un processus articulé autour de quatre étapes : un examen approfondi à l'Assemblée nationale, des consultations avec les partis politiques, les chefs religieux, la société civile et les experts, une information pédagogique des citoyens, puis une validation populaire par référendum, qu'il considère comme la meilleure garantie de légitimité.

Rappelant que la Constitution constitue « le socle sacré du vivre-ensemble » et le fondement de l'unité nationale, le CNLS souligne que toute révision doit être abordée avec « hauteur, prudence et sens aigu de la responsabilité historique ». Il rappelle également que le président de la République a prêté serment de respecter scrupuleusement la Constitution et l'invite à privilégier la concertation.

Enfin, le Conseil national du Laïcat estime que les préoccupations prioritaires des Sénégalais demeurent l'emploi des jeunes, la migration irrégulière, le monde rural ainsi que les difficultés économiques, sociales et sécuritaires. Il exhorte les autorités à veiller à ce que l'agenda politique ne se détourne pas de ces urgences.

« La démocratie ne se mesure pas à la rapidité des décisions, mais à leur légitimité, leur inclusivité et leur capacité à rassembler », conclut le CNLS, qui assure le chef de l'État de ses prières pour la réussite de sa mission au service du Sénégal.

Lundi 29 Juin 2026
Dakaractu



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