Rapport sur la gestion du Fonds Force Covid-19 : 5,93 milliards de FCFA destinés aux plans de contingence, 641,5 millions FCFA alloués à 2 laboratoires, 17 345 tests voyageurs réalisés.

Le rapport définitif sur l’audit du Fonds Force Covid-19 réalisé par la Cour des Comptes et officialisé depuis le mois d’août 2022, a apporté des éclairages sur les financements des plans de contingence, mais également sur les moyens dédiés à la réalisation des tests.


L’étude révèle que le montant global des ressources allouées en 2020 et 2021 aux régions médicales, hôpitaux, et directions et services du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, est de 5,93 milliards de FCFA dont 3 275 715 403 FCFA pour la région de Dakar, soit 55,24%. Suivent les régions de Thiès et de Diourbel avec, respectivement, 368 162 250 FCFA et 361 008 600 FCFA. Celle de Kaolack a le taux de financement le plus faible avec 9,14% pour un montant de  147 244 599 FCFA. En plus, la plupart des plans de contingence n’ont pas fait l’objet de validation par les Comités régionaux de Gestion des Epidémies (CRGE). L’urgence et le délai court qui leur a été accordé par le MSAS pour l’envoi de leur plan régional sont les raisons évoquées pour ne pas se conformer à la formalité de validation au sein du CRGE.
 
Pour ce qui est des moyens dédiés à la réalisation des tests, le rapport de la Cour des Comptes dévoile un montant qui s’élève à 641 556 149 FCFA en 2020 octroyé aux laboratoires intervenant dans la détection des malades atteints de COVID. Ce montant a bénéficié à deux laboratoires privés, à savoir, l’Institut Pasteur de Dakar (IPD) à hauteur de 441 556 149 FCFA dont 401 056 149 FCFA destinés à la lutte contre la COVID et l’IRESSEF pour 200 000 000 FCFA. (Cf. Annexe n°3 : Ressources transférées à l’IPD et à l’IRESSEF)
En revanche, le Laboratoire national de Santé publique (LNSP) n’a pas reçu de subvention lui permettant de jouer son rôle dans la détection en tant que laboratoire d’État. Mais, le LNSP a encaissé des recettes d’un montant de 518 370 996 FCFA représentant les coûts de facturation des 17 345 tests voyageurs réalisés en 2020 et 2021. Les montants recalculés par la Cour, indiquent un montant de 530 240 000 FCFA, soit un écart de -11 869 004 FCFA.
 
Madame Rokhaya DIAGNE, Responsable du Laboratoire national de Santé publique (LNSP) justifie cet écart, par le fait que durant l'année 2020, des gratuités ont été accordées « à des cas contact, aux personnels médicaux qui voyageaient et des reprises de tests pour des patients ayant raté leur vol ou ayant rencontré un quelconque aléa. »
Pour l’année 2021, le LNSP avait, ajoute-t-elle, connu « des pannes d'équipement alors que les prélèvements des patients avaient déjà été réalisés et manipulés. Devant ces urgences, les prélèvements ont été envoyés à l'IRESSEF pour y être manipulés. Ces sous-traitances nous ont coûté la somme de : 7 595 000 F CFA. (...) A cela s'ajoute les tests gratuits octroyés aux membres du personnel médical, aux personnels du laboratoire qui ont étés contaminés ou qui voyageaient... » 
Pour la Cour des Comptes, la Directrice n’a pas produit le texte règlementaire l’habilitant à accorder des gratuités. Par la pratique de gratuité des « tests voyageurs », Madame Diagne a procuré des avantages pécuniaires injustifiés à autrui, occasionnant un préjudice au Trésor public évalué à 4 274 004 FCFA. Par ailleurs, elle n’a pas produit les pièces justificatives relatives à la commande auprès de l’IRESSEF pour le traitement des prélèvements d’un montant de 7 595 000 FCFA.
 
Ces faits, conclut l’organe de contrôle étatique, sont susceptibles d’être qualifiés de fautes de gestion au sens des dispositions de l’article 57° de la loi organique n°2012-23 du 27 décembre 2012 sur la Cour des comptes.
 
 
Mardi 13 Décembre 2022
Dakaractu



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