Sahel: lancement officiel de l'ADS, l'Alliance des démocrates au Sahel, pour défendre l'état de droit


Une nouvelle coalition d’opposants maliens, nigériens et burkinabè a officiellement vu le jour hier, samedi, à Bruxelles. Baptisée Alliance des démocrates du Sahel, l’ADS veut défendre un retour à l’ordre constitutionnel dans les pays de l’AES.

L'Alliance des démocrates au Sahel  affirme vouloir proposer une autre lecture de la crise sahélienne et se défend d’être une opposition déconnectée des réalités locales.
 

Marya Djibrine, présidente de l’ADS, accuse les régimes militaires sahéliens d’avoir discrédité la démocratie pour justifier leur maintien au pouvoir. « Ils ont fait une très grande campagne de propagande pour dire que tous nos problèmes finalement viennent de la démocratie, explique t-elle au micro de Christina Okello, de la rédaction Afrique de RFI.

Donc il y a tout un travail à faire pour inverser le narratif, pour montrer aux gens que pour se développer, on n'a pas besoin de la dictature, on n'a pas besoin d'imposer aux gens ce qu'ils doivent faire, penser. On a besoin de plutôt d'institutions fortes, on a besoin des citoyens libres, on a besoin d'une justice indépendante et forte. Nous sommes les porte-voix, nous allons porter la voix de ceux qui sont à l'intérieur et qui ne peuvent plus s'exprimer parce que la répression est telle, parce que la violence est telle qu'ils ne peuvent plus s'exprimer.

Nous avons l'ancrage local nécessaire pour agir localement. Il ne faut pas que les gens pensent que nous sommes un mouvement d'exilés nés très loin du Sahel. Il y a des exilés parmi nous, mais c'est des gens qui se sont mis ensemble pour dire qu'il est temps d'agir parce que quand on voit comment la situation évolue, on ne peut que s'inquiéter. En fait, c'est même l'existence même de nos États en tant qu'États qui est menacée. »

 

L'Alliance des démocrates du Sahel (ADS) est née début avril à Bruxelles, à l'initiative d'opposants en exil, originaires des trois pays de l'Alliance des États du Sahel : le Mali, le Niger et le Burkina Faso. L'ADS appelle à la résistance pacifique pour faire chuter les régimes militaires de l'AES, issus de coups d'État et qui se maintiennent au pouvoir sans élections. Elle s'inscrit dans un mouvement qui a vu la création de plusieurs plateformes de ce type comme la Coalition des forces pour la République (CFR), portée par l'imam Mahmoud Dicko. 

Leurs revendications correspondent-elles aux attentes des populations ? Deux chercheurs maliens aux analyses diamétralement opposées partagent leurs réflexions, interrogés par David Baché.



 
Dimanche 10 Mai 2026
RFI



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