Nommé Conseiller spécial du président Bazoum : Moustapha Ould Limam Chafi reprend du service au Niger


Moustapha Ould Limam Chafi réapparaît à Niamey ! Le mauritanien qui s’est fait connaître dans les négociations avec les djihadistes pour libérer des otages occidentaux, a été nommé par décret en date du 24 septembre, conseiller spécial de Mohamed Bazoum, président du Niger. 

Visé par un mandat d’arrêt de Nouakchott alors que la République Islamique de Mauritanie était présidée par Mohammed Ould Abdelaziz, l’ancien négociateur s’était retranché au Qatar. Le prédécesseur de Mohamed Ould Ghazouani lui reprochait ses liens douteux avec les groupes djihadistes. Lui rejetait ces accusations. C'est seulement en octobre 2020 qu'il a été autorisé par les nouvelles autorités mauritaniennes à rentrer après la levée du mandat d'arrêt international. 

Dans un entretien à RFI son rôle dans des négociations qui ont permis de sauver des otages. « Peut-être que j’ai utilisé plus de tact que les autres. Vous savez, quand vous accomplissez de telles missions qui ne sont pas du tout faciles, vous prenez beaucoup de risques. Il faut savoir s’adresser aux uns et aux autres, savoir comment poser les problèmes. Peut que j’ai trouvé les mots appropriés pour pouvoir convaincre en faveur de la libération des otages », assume-t-il.

Ce tact, l’homme de l’ombre en a fait preuve lors des négociations pour libérer les diplomates canadiens capturés au Niger en 2009 par un groupe dirigé par l’algérien Mokhtar Belmokhtar. Moustapha Ould Limam Chafi était en ce moment désigné par l’ancien président Blaise Compaoré qui s’était impliqué pour que Louis Guay et Robert Fowler soient relâchés par les djihadistes d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Par exemple, il ne manque pas, selon Lemine Ould Salem, dans son ouvrage « Le Ben Laden du Sahara : sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar », de vanter les mérites de Compaoré pour avoir « accordé l’asile aux islamistes algériens expulsés dans les années 1990 par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur en France ». « L’argument a de l’effet sur le jihadiste », écrit le journaliste, spécialiste des mouvements djihadistes saharo-sahéliens. 

Cependant, il nie avoir joué un rôle dans la libération en octobre 2020 de l’homme politique Soumaïla Cissé et de la française Sophie Pétronin. Moustapha Ould Limam Chafi admet tout au plus d’avoir recommandé des personnes pour un dénouement heureux.

Son retour aux affaires auprès du président nigérien fera beaucoup parler. C’est d’autant plus évident que le Niger, avec le Mali et le Burkina Faso sont depuis plusieurs années, les cibles de groupes djihadistes affiliés à Al Qaïda et à l’État Islamique.
Mercredi 29 Septembre 2021
Dakaractu



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