Sur la question de la restructuration de la dette, Marieme Gnagna Thiam, chargée du département des finances à IBP, affiche une position claire et tranchée. « Le FMI veut coûte que coûte la restructuration. Moi, je ne pense pas que la restructuration puisse être la solution. C’est dangereux d’aller vers la restructuration », a-t-elle déclaré lors de son intervention devant les journalistes lors de la session de formation tenue ce week-end.
La restructuration de dette, souvent présentée comme l’ultime recours pour les États surendettés, consiste à renégocier les conditions de remboursement avec les créanciers. Il s’agit des allongements des échéances, de la réduction des taux d’intérêt, voire de l'annulation partielle. Mais cette opération n’est pas sans conséquences. Une telle décision enverrait un signal désastreux aux marchés financiers. Celui de signifier que le Sénégal ne peut plus honorer ses engagements. Les conséquences seraient immédiates notamment avec la fermeture totale de l’accès aux marchés internationaux, la dégradation supplémentaire de la notation souveraine et la fuite des investisseurs.
Cette dissonance ne passe pas inaperçue au-delà des frontières. Les institutions financières internationales, les agences de notation, les investisseurs observent avec attention la capacité du gouvernement sénégalais à tenir un cap cohérent. Gnagna Thiam suggère d’ailleurs de miser sur « la communication sur le plan de redressement plutôt que d’aller vers la restructuration ». Mais comment communiquer efficacement sur un plan de redressement quand les actes contredisent le discours ? Comment convaincre le FMI de la crédibilité des réformes quand la transparence promise reste lettre morte ?
La restructuration pourrait finalement s’imposer non par choix stratégique, mais par perte de crédibilité. Si le gouvernement ne parvient pas à démontrer la solidité de son plan, les partenaires financiers lui imposeront leurs propres solutions. Plutôt que la rupture brutale qu’implique une restructuration, l’experte en finances publiques plaide pour une approche plus nuancée : le reprofilage de la dette. « Il faut utiliser la diplomatie sénégalaise pour retrouver des points de convergence avec la France pour voir le reprofilage de la dette », suggère-t-elle. En effet, le reprofilage est un réaménagement des échéances sans toucher au montant total de la dette ni aux taux d’intérêt. Il permettrait de desserrer l’étau sans provoquer de crise de confiance. Mais cette option nécessite l’accord des créanciers, notamment Paris, principal partenaire financier bilatéral du Sénégal.
Mais la diplomatie s’appuie sur la confiance, sur la perception que l’interlocuteur est fiable, cohérent, capable de tenir ses engagements. Comment négocier un reprofilage qui consiste essentiellement à demander plus de temps pour rembourser quand simultanément, on donne l’impression de dilapider les ressources dans des dépenses non essentielles ? « Nous devons accompagner le gouvernement pour que cette politique monétaire puisse réussir », affirme l’experte, mais cet accompagnement suppose un minimum de transparence et de cohérence.
L’alternative proposée par Mme Thiam nécessite précisément cette crédibilité que le double discours gouvernemental et le manque de transparence érodent jour après jour. Sans cette crédibilité restaurée, le piège de la restructuration que l’experte juge dangereux pourrait se refermer sur le Sénégal malgré lui.
La restructuration de dette, souvent présentée comme l’ultime recours pour les États surendettés, consiste à renégocier les conditions de remboursement avec les créanciers. Il s’agit des allongements des échéances, de la réduction des taux d’intérêt, voire de l'annulation partielle. Mais cette opération n’est pas sans conséquences. Une telle décision enverrait un signal désastreux aux marchés financiers. Celui de signifier que le Sénégal ne peut plus honorer ses engagements. Les conséquences seraient immédiates notamment avec la fermeture totale de l’accès aux marchés internationaux, la dégradation supplémentaire de la notation souveraine et la fuite des investisseurs.
Cette dissonance ne passe pas inaperçue au-delà des frontières. Les institutions financières internationales, les agences de notation, les investisseurs observent avec attention la capacité du gouvernement sénégalais à tenir un cap cohérent. Gnagna Thiam suggère d’ailleurs de miser sur « la communication sur le plan de redressement plutôt que d’aller vers la restructuration ». Mais comment communiquer efficacement sur un plan de redressement quand les actes contredisent le discours ? Comment convaincre le FMI de la crédibilité des réformes quand la transparence promise reste lettre morte ?
La restructuration pourrait finalement s’imposer non par choix stratégique, mais par perte de crédibilité. Si le gouvernement ne parvient pas à démontrer la solidité de son plan, les partenaires financiers lui imposeront leurs propres solutions. Plutôt que la rupture brutale qu’implique une restructuration, l’experte en finances publiques plaide pour une approche plus nuancée : le reprofilage de la dette. « Il faut utiliser la diplomatie sénégalaise pour retrouver des points de convergence avec la France pour voir le reprofilage de la dette », suggère-t-elle. En effet, le reprofilage est un réaménagement des échéances sans toucher au montant total de la dette ni aux taux d’intérêt. Il permettrait de desserrer l’étau sans provoquer de crise de confiance. Mais cette option nécessite l’accord des créanciers, notamment Paris, principal partenaire financier bilatéral du Sénégal.
Mais la diplomatie s’appuie sur la confiance, sur la perception que l’interlocuteur est fiable, cohérent, capable de tenir ses engagements. Comment négocier un reprofilage qui consiste essentiellement à demander plus de temps pour rembourser quand simultanément, on donne l’impression de dilapider les ressources dans des dépenses non essentielles ? « Nous devons accompagner le gouvernement pour que cette politique monétaire puisse réussir », affirme l’experte, mais cet accompagnement suppose un minimum de transparence et de cohérence.
L’alternative proposée par Mme Thiam nécessite précisément cette crédibilité que le double discours gouvernemental et le manque de transparence érodent jour après jour. Sans cette crédibilité restaurée, le piège de la restructuration que l’experte juge dangereux pourrait se refermer sur le Sénégal malgré lui.
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