Finances publiques : Les journalistes en première ligne pour briser le mur de l’opacité budgétaire


Les finances publiques ont longtemps été perçues comme un domaine réservé aux initiés, une discipline technique dont les arcanes échappent au commun des citoyens. Pourtant, c’est bien l’argent public, celui de tous les Sénégalais, qui est en jeu. Pour démystifier cette matière et la rendre accessible au plus grand nombre, l’ONG International Budget Partnership (IBP) a organisé ce samedi, un atelier de formation destiné aux journalistes, ces relais essentiels entre l’État et les citoyens. Animée par Maguette Diop, enseignant-chercheur au département de droit public et consultant formateur, il a pris la parole pour transformer les professionnels des médias en véritables sentinelles de la transparence budgétaire.

 

 

L’un des objectifs de l’atelier est d’utiliser les journalistes sur l’ensemble du cycle budgétaire, de la préparation du budget de l’État à son adoption par l’Assemblée nationale, en passant par son exécution et son contrôle. Les participants ont ainsi découvert les grands principes qui encadrent la matière financière, le rôle des différents acteurs tels que les ordonnateurs et les comptables, ainsi que les procédures complexes qui régissent l’exécution de la loi de finances. C’est toute la dimension démocratique du processus budgétaire qui a été mise en lumière. Le contrôle de l’exécution budgétaire, assuré par l’Assemblée nationale et la Cour des Comptes, constitue en effet une exigence démocratique fondamentale. Le débat d’orientation budgétaire, moment clé de ce dispositif, permet non seulement d’informer les parlementaires mais aussi de saisir les citoyens des orientations stratégiques du gouvernement.

 

Pour Maguette Diop, le budget n’est plus l’affaire exclusive de l’État, il est devenu une véritable revendication citoyenne. Le code de transparence est d’ailleurs explicite à ce sujet car, les citoyens doivent être régulièrement, complètement et clairement informés sur tout ce qui concerne la gestion des finances publiques. C’est précisément là que les journalistes entrent en scène. En tant que porte-voix privilégiés de l’information publique, ils ont la responsabilité de rendre intelligibles ces concepts qui, bien qu’ils puissent paraître abstraits, touchent directement la vie quotidienne de chaque citoyen. La formation a d’ailleurs révélé un réel appétit de connaissance chez les professionnels des médias. Très interactive, elle a permis de constater l’engagement et la volonté sincère des journalistes de comprendre ces questions complexes pour mieux les restituer au public. Cette dynamique positive augure bien de la capacité des médias à relayer la bonne information et à éveiller la conscience citoyenne sur ces enjeux cruciaux.

 

L’initiative ne compte pas s’arrêter là. Si cette première formation constitue un jalon important, le programme envisagé avec l’IBP prévoit d’aller encore plus loin dans l’ouverture et la sensibilisation. L’idée est de toucher progressivement d’autres acteurs de la société civile pour élargir le cercle de la compréhension et de la vigilance citoyenne. Sur le plan de la transparence, l’État du Sénégal est reconnu pour ses efforts. L’information financière est relativement disponible dans le pays, ce qui constitue un acquis non négligeable. Toutefois, des marges de progrès subsistent, notamment en matière de contrôle de certaines institutions constitutionnelles, considère le formateur.

Dimanche 8 Février 2026
Dakaractu



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