Centrale à charbon de Bargny : Les femmes de Sendou demandent à la Bad de tenir ses promesses.


La Banque Africaine de Développement (BAD) tiendra-t-elle ses promesses d'ouvrir la voie à un avenir en énergie renouvelable ? Va-t-elle retirer son financement et son soutien politique à la centrale à charbon de Sendou au Sénégal ? Voilà, entre autres, des questions que se posent, aujourd’hui, des observateurs de la société civile. 
 
En attendant de trouver les réponses à leurs interrogations, les femmes de Sendou continuent de demander à la Banque Africaine de Développement (Bad) de tenir ses promesses et d’arrêter la centrale à charbon qui, disent-elles, est en pleine crise climatique. Cela est apparu dans un communiqué lu par Dakaractu, ce mercredi 30 octobre dernier.
 
Dans ce document, il est évoqué des effets néfastes de la centrale à charbon de Sendou sur les populations, en particulier sur les femmes et les écosystèmes dans un contexte d’urgence climatique en Afrique. ‘’Depuis 2009, les femmes transformatrices de Bargny, localité située au sud de Dakar, luttent contre la centrale à charbon de Sendou, cofinancée par la Bad, la Boad, la Banque néerlandaise de développement (Fmo) et la Cbao. Le projet a déjà détruit les moyens de subsistance de plus de 1 000 femmes transformatrices, affaiblit la santé de la communauté, détruit le patrimoine culturel et exclut les populations locales de la prise de décision concernant leur avenir’’, s’indignent-elles, selon ledit document.
 
‘’Plus de 1 000 femmes transformatrices de produits halieutiques privées de moyens de subsistance’’
 
‘’Il y a un peu plus d'un mois, le président de la Bad, Akinwumi Adesina, a révélé les plans de la Bad visant à mettre fin aux centrales à charbon sur tout le continent et à passer aux énergies renouvelables. Dans un discours prononcé lors du Sommet des Nations Unies sur le climat, le 23 septembre 2019, Adesina a déclaré aux délégués que - le charbon est le passé et les énergies renouvelables, c’est le futur. Pour nous, à la Banque africaine de Développement, nous sommes en train de sortir du charbon’’.
Pourtant, la centrale à charbon de Sendou, financée par la Bad, qui a commencé à fonctionner en 2018, générera de l'électricité au charbon et des polluants nocifs pour la santé de la population locale et mondiale pendant de nombreuses années à venir.
 
Un nouveau rapport des femmes qui continuent de s’opposer à ce projet, utilise un cadre d'évaluation d'impact éco-féministe développé par trois organisations partenaires, Lumière synergie pour le développement (Lsd), WoMin African alliance et Gender Action. Un document qui, selon ledit communiqué ‘’met à nu les impacts écologiques et climatiques d'un système énergétique utilisant des combustibles fossiles, qui continue de recevoir le soutien d'entreprises et de banques de développement puissantes. Ce, en dépit de preuves scientifiques convaincantes montrant qu'il constitue un facteur clé au changement climatique. La crise climatique et écologique affecte particulièrement en majorité les femmes africaines qui ont la responsabilité principale, selon une division du travail dominante du genre, de pourvoir la nourriture à la famille et de prendre soin des écosystèmes et des populations’’.
 
Pour les 3 organisations qui viennent épauler ces femmes de Sendou, ‘’le moment est venu pour la Bad d'agir. Cela, alors que la crise climatique s'aggrave sur le continent africain ! (…). Au minimum, les femmes privées de leurs terres et leurs moyens de subsistance, leur santé endommagée, leur charge de travail non rémunérée et toute une série de stress sociaux, devraient être intégralement indemnisées. 
La BAD est également mise au défi de prendre en compte et de partager publiquement les implications de sa décision de septembre 2019 de ne plus soutenir les projets de charbon sur des projets en cours, tels que Sendou, qui émettent ou émettront du charbon et qui entraînent les changements climatiques.
 
Jeudi 31 Octobre 2019
Dakaractu




Dans la même rubrique :