Quand nous avions révélé en exclusivité l’envoi de 2.000 « jambaars » en Arabie Saoudite, certains observateurs s’étaient embourbés dans le scepticisme. Ils ne doutaient pas de l’information, encore moins du principe d’un envoi programmé, mais plutôt de l’importance de l’effectif qui devait être déployé, presque l’équivalent d’un régiment. Donc si, aujourd’hui, nous revenons à la charge pour dire les véritables raisons de cet envoi de soldats en Arabie Saoudite, il y a de quoi nous croire. Et mieux, comprendre la situation géopolitique qui a poussé l’Arabie saoudite à intervenir militairement au Yémen voisin jusqu’à enrôler dans sa cause l’Armée sénégalaise…
Au lendemain du jour où l’Arabie saoudite a porté le combat des sunnites pour tenter de rétablir l’ordre constitutionnel au Yémen, nombreux sont les observateurs qui n’en revenaient pas ! Surtout s’agissant de deux pays, à savoir l’Arabie Saoudite et le Yémen qui, jusqu’à la dernière crise en date, étaient des frères ennemis jurés. L’adversité étant dans cette région la pratique la mieux partagée. Et surtout lorsque les enjeux sont d’ordres financier et « spirituel ». Pour comprendre la haine que se vouent traditionnellement les dirigeants du Yémen, on peut citer l’exemple du Sénégal et de la Gambie, deux pays frères ayant en partage un sentiment d'animosité réciproque même si Dakar prend toujours de la hauteur diplomatique pour anéantir toute velléité militaire de nature à saper les relations de bon voisinage entre deux pays que tout devrait unir même si le colonisateur les a séparés. Une proximité géopolitique qui fait que, malgré cette animosité, le Sénégal ne saurait jamais tolérer, par exemple, qu’un chef rebelle comme Salif Sadio renverse le régime de Yaya Jammeh pour prendre le pouvoir en Gambie. Car un régime Mdfc à la tête de ce pays encastré à l’intérieur du territoire national serait une menace pour les intérêts vitaux de notre pays. C’est aussi simple que cela. Des rebelles à Banjul pourraient menacer Karang et Kaolack au même titre que les combattants houtis du Yémen le seraient pour La Mecque ou « Taif » en Arabie Saoudite. Nous sommes persuadés que si une telle occurrence survenait, le président Macky Sall n’hésiterait pas à envoyer ses « Jambaars » pour sauver le régime de Yaya Jammeh comme le fit jadis son lointain prédécesseur, le président Abdou Diouf, qui déclencha en 1981 l’opération « Fodé Kaba » qui vit l’armée sénégalaise intervenir pour chasser les rebelles de Kukoï Samba Sanyang du pouvoir et rétablir l’autorité du président Daouda Diawara, légitimement élu, qu’ils avaient renversé. Justement, c’est à peu près le même cas qui se pose pour l’Arabie Saoudite au Yémen où des rebelles chiites, soutenus et armés par l’Iran, souhaitent obtenir une plus grande autonomie au sein de la province du Saada. Or, l'Arabie Saoudite voit d’un très mauvais œil l’avancée des milices chiites tout en redoutant l’installation d’un pouvoir pro-iranien à sa frontière sud. Un cadre sénégalais de l’ONU qui vient de rentrer de Sanaa, au Yémen, a d’ailleurs nous a confié ceci « Je fais partie des derniers cadres onusiens évacués de Yémen où les chiites contrôlent presque la totalité du pays. Et si la communauté internationale ne réagit pas, je suis convaincu que les islamistes chiites vont marcher sur Taif, pourquoi pas La Mecque dont ils ont toujours revendiqué la propriété. Car la majorité des populations et commerçants qui s’activent à La Mecque est d’origine yéménite » nous explique cet ancien officier de l’armée sénégalaise en service dans le système des Nations-Unies.
De tout temps, l’Arabie saoudite et le Yémen ont entretenu des relations heurtées. Mais aujourd’hui, une « alliance contre nature » unit les régimes de ces deux ex-frères ennemis pour lutter contre la menace de Téhéran. Face au renversement du président Mansour Abd Rabbo par les rebelles houtis, l’Arabie saoudite ne pouvait donc pas rester sans réagir, surtout face à des milices chiites puissamment armées et déterminées à faire le gendarme de cette sous-région. Pour la petite histoire, l’intervention des soldats américains lors de la guerre du Golfe a provoqué la naissance d’Al-Qaïda du fait que Ben Laden n’a jamais digéré que des chrétiens foulent le sol des Lieux Saints. Et pour éviter la naissance d’autres groupes terroristes, les Etats-Unis, en concertation avec l’Arabie Saoudite ont préféré, cette fois-ci, s’abstenir de s’engager militairement. Le président Barack Obama se contente donc d’appuyer la coalition arabe et soutenir l’opération « Tempête décisive » rebaptisée « Restaurer l’Espoir » à la fin de sa première phase. Et comme les armées japonaises, françaises et américaines ne soutiennent la coalition contre le Yémen que de manière souterraine, l’Arabie Saoudite a fait appel aux armées des pays musulmans ou sunnites dont le Sénégal, le Tchad, le Maroc, l’Egypte, la Mauritanie etc. pour soutenir l'effort de la coalition qu’elle a constituée pour intervenir au Yémen. Dirigeant un pays à majorité musulmane doté d’une armée à caractère « sunnite », bien quelle soit officiellement laïque, le président Macky Sall ne pouvait nullement rester sourd au cri de détresse du royaume saoudien. Surtout lorsqu’il s’agit de déployer les « Jambaars » le long de la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen mais aussi de protéger les Lieux saints de La Mecque.
Le Témoin quotidien
Au lendemain du jour où l’Arabie saoudite a porté le combat des sunnites pour tenter de rétablir l’ordre constitutionnel au Yémen, nombreux sont les observateurs qui n’en revenaient pas ! Surtout s’agissant de deux pays, à savoir l’Arabie Saoudite et le Yémen qui, jusqu’à la dernière crise en date, étaient des frères ennemis jurés. L’adversité étant dans cette région la pratique la mieux partagée. Et surtout lorsque les enjeux sont d’ordres financier et « spirituel ». Pour comprendre la haine que se vouent traditionnellement les dirigeants du Yémen, on peut citer l’exemple du Sénégal et de la Gambie, deux pays frères ayant en partage un sentiment d'animosité réciproque même si Dakar prend toujours de la hauteur diplomatique pour anéantir toute velléité militaire de nature à saper les relations de bon voisinage entre deux pays que tout devrait unir même si le colonisateur les a séparés. Une proximité géopolitique qui fait que, malgré cette animosité, le Sénégal ne saurait jamais tolérer, par exemple, qu’un chef rebelle comme Salif Sadio renverse le régime de Yaya Jammeh pour prendre le pouvoir en Gambie. Car un régime Mdfc à la tête de ce pays encastré à l’intérieur du territoire national serait une menace pour les intérêts vitaux de notre pays. C’est aussi simple que cela. Des rebelles à Banjul pourraient menacer Karang et Kaolack au même titre que les combattants houtis du Yémen le seraient pour La Mecque ou « Taif » en Arabie Saoudite. Nous sommes persuadés que si une telle occurrence survenait, le président Macky Sall n’hésiterait pas à envoyer ses « Jambaars » pour sauver le régime de Yaya Jammeh comme le fit jadis son lointain prédécesseur, le président Abdou Diouf, qui déclencha en 1981 l’opération « Fodé Kaba » qui vit l’armée sénégalaise intervenir pour chasser les rebelles de Kukoï Samba Sanyang du pouvoir et rétablir l’autorité du président Daouda Diawara, légitimement élu, qu’ils avaient renversé. Justement, c’est à peu près le même cas qui se pose pour l’Arabie Saoudite au Yémen où des rebelles chiites, soutenus et armés par l’Iran, souhaitent obtenir une plus grande autonomie au sein de la province du Saada. Or, l'Arabie Saoudite voit d’un très mauvais œil l’avancée des milices chiites tout en redoutant l’installation d’un pouvoir pro-iranien à sa frontière sud. Un cadre sénégalais de l’ONU qui vient de rentrer de Sanaa, au Yémen, a d’ailleurs nous a confié ceci « Je fais partie des derniers cadres onusiens évacués de Yémen où les chiites contrôlent presque la totalité du pays. Et si la communauté internationale ne réagit pas, je suis convaincu que les islamistes chiites vont marcher sur Taif, pourquoi pas La Mecque dont ils ont toujours revendiqué la propriété. Car la majorité des populations et commerçants qui s’activent à La Mecque est d’origine yéménite » nous explique cet ancien officier de l’armée sénégalaise en service dans le système des Nations-Unies.
De tout temps, l’Arabie saoudite et le Yémen ont entretenu des relations heurtées. Mais aujourd’hui, une « alliance contre nature » unit les régimes de ces deux ex-frères ennemis pour lutter contre la menace de Téhéran. Face au renversement du président Mansour Abd Rabbo par les rebelles houtis, l’Arabie saoudite ne pouvait donc pas rester sans réagir, surtout face à des milices chiites puissamment armées et déterminées à faire le gendarme de cette sous-région. Pour la petite histoire, l’intervention des soldats américains lors de la guerre du Golfe a provoqué la naissance d’Al-Qaïda du fait que Ben Laden n’a jamais digéré que des chrétiens foulent le sol des Lieux Saints. Et pour éviter la naissance d’autres groupes terroristes, les Etats-Unis, en concertation avec l’Arabie Saoudite ont préféré, cette fois-ci, s’abstenir de s’engager militairement. Le président Barack Obama se contente donc d’appuyer la coalition arabe et soutenir l’opération « Tempête décisive » rebaptisée « Restaurer l’Espoir » à la fin de sa première phase. Et comme les armées japonaises, françaises et américaines ne soutiennent la coalition contre le Yémen que de manière souterraine, l’Arabie Saoudite a fait appel aux armées des pays musulmans ou sunnites dont le Sénégal, le Tchad, le Maroc, l’Egypte, la Mauritanie etc. pour soutenir l'effort de la coalition qu’elle a constituée pour intervenir au Yémen. Dirigeant un pays à majorité musulmane doté d’une armée à caractère « sunnite », bien quelle soit officiellement laïque, le président Macky Sall ne pouvait nullement rester sourd au cri de détresse du royaume saoudien. Surtout lorsqu’il s’agit de déployer les « Jambaars » le long de la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen mais aussi de protéger les Lieux saints de La Mecque.
Le Témoin quotidien
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