FMI au Sénégal : Ce « mauvais flic » qui nous sauve


Pour contrer l’influence de la Chine et de la Russie sur le continent, les USA convient toute l’Afrique à Washington en mi-décembre 2022 pour initier des nouveaux partenariats et des investissements en faveur du continent.  En ce moment là on n’était loin de se douter que Washington  nous tendait les sucettes et carottes , et  que plus tard le FMI brandirait  la cravache – sous les ordres du trésor américain- pour assainir nos économies en Afrique et nous imposer des ajustements tants redoutés avec notamment  la  Facilité élargie de crédit (FEC) qui vient de consentir 130 milliards au trésor public du SÉNÉGAL .  
 
Le FMI est potentiellement un levier financier majeur pour Washington, qui souhaite étendre son influence sur le continent durement éprouvé et appauvri par la pandémie de COVID-19 et la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Avec le relèvement des taux d’intérêt des principales Banques Centrales ; des pays comme le Sénégal, le Ghana, l'Egypte, la zambie etc.. avec une notation moyenne ne peuvent plus accéder aux euro-obligations qui sont devenues moins attrayantes en raison de la hausse des taux d’intérêt et de l’aversion croissante pour le risque dans les pays développés. La Chine aussi  se montre également plus difficile dans le choix de ses prêts extérieurs, compte tenu de difficultés internes dont la covid.

Dans ce contexte, le FMI est devenu le prêteur de dernier recours pour nos pays, leur offrant une aide financière d’urgence et un allègement du service de la dette. En intervenant au moment le plus critique pour éviter une catastrophe, le FMI en profite pour imposer des mesures qui renforcent la transparence, la gouvernance et  la lutte contre la corruption dans les projets et programmes de politique publique qu’il finance.

Dorénavant la bonne gouvernance et la redevabilité sont devenus des points d’ancrage essentiels dans les réformes mises en avant par le FMI dans nos pays minés par la gabegie et la concussion.
 
Dans cette nouvelle démarche le SÉNÉGAL en tire le plus grand bénéfice. N’eut été le FMI le rapport de la CC  finirait sous le coude ou dans les tiroirs. Le « mauvais flic » est  devenu le garant de bonne volonté auprès de nos gouvernants pour restaurer la crédibilité des politiques publiques.

Enfin  Bretton Woods  réalise que la corruption et le blanchiment c’est 15% du PIB en Afrique , aussi des accélérateurs de pauvreté et d’inégalité. Avec ces conditionnalités  le FMI nous sauve même par rapport  à la gestion hasardeuse et politicienne de secteurs vitaux comme l’énergie, Ce secteur  qui est maintenu  à bouts de bras par des subventions devenues insoutenables pour le trésor public du pays. 400 milliards de subvention c’est plus que le chiffre d'affaires de l’électricien public. Et pourtant le cours des combustibles baisse partout.

 Il est évident  que les transferts en faveur de la  Senelec  sont des subventions d’exploitation  pour compenser les pertes et déficits dans la gestion.   Sinon, comment expliquer qu’une compagnie d’électricité en pleine restructuration soit en mesure d’acheter un immeuble pour 5 milliards alors que des investissements plus stratégiques et plus essentiels  pour sa viabilité technique et financière  l’attendent.

Dorénavant Bretton  Woods  adossé à Washington prend faits et causes pour les populations africaines, ceci  pour le plus grand bien du continent…..
 
                                                                               Moustapha DIAKHATE
                                                                               Ex Conseiller PM
                                                                               Expert et Cons. Infrast.
Vendredi 13 Janvier 2023
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :